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Yemen : L’autre guerre dont on ne parle pas

lundi 18 avril 2022 par Annelle Sheline

Même deux poids deux mesures et même propagande ! Après sept ans d’enlisement, au prix d’un coût humain colossal (Près de 400 000 morts), d’une famine endémique, nos médias, si susceptibles lorsque cela concerne des ukrainiens européens, semblent être aveugles pour cette autre guerre au Moyen-Orient. La seule ressemblance entre les deux et les chiffres ne mentent pas : les attaques saoudiennes contre le Yémen se sont multipliées après le nouveau soutien des États-Unis. Comme en Ukraine, l’administration Biden semble moins susceptible que jamais de contribuer à mettre fin à la guerre. L’impérialisme nord-américain est vraiment l’ennemi capital du genre humain et la France doit absolument reprendre sa souveraineté en main (et stopper ses ventes d’armes à l’Arabie-Saoudite) et sortir de l’OTAN, qui n’est qu’une mafia militariste au service du complexe militaro-industriel US ! (JP-ANC)

Les chiffres ne mentent pas : les attaques saoudiennes contre le Yémen se sont multipliées après le nouveau soutien des États-Unis.

Cela fait déjà sept ans, mais l’administration Biden semble moins susceptible que jamais de tenir sa promesse de contribuer à mettre fin à la guerre.

Ce vendredi marque le septième anniversaire de l’intervention militaire dirigée par l’Arabie saoudite contre le Yémen, et grâce à l’escalade de l’Arabie saoudite avec l’aide des États-Unis, la violence semble empirer chaque jour.

Lors du sixième anniversaire, la récente investiture de Biden a fait naître l’espoir que les États-Unis pourraient réussir à encourager les parties belligérantes à un cessez-le-feu. Pourtant, au cours de l’année écoulée, il est apparu clairement que l’administration Biden soutenait les objectifs saoudiens et émiratis au Yémen presque aussi activement que l’administration Trump, bien qu’elle ait dissimulé sa préférence pour la coalition dirigée par les Saoudiens sous un vernis de diplomatie.

Un nouveau rapport de l’Institut Quincy met en lumière l’aide américaine continue à l’intervention militaire dirigée par l’Arabie saoudite, malgré la déclaration de Biden selon laquelle il mettrait « fin à tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen, y compris les ventes d’armes impliquées ».

L’administration a mis en pause deux contrats d’armement, mais a ensuite procédé à plus d’un milliard de dollars de nouvelles ventes au royaume. Elle a qualifié ces armes de défensives, alors que, comme l’affirme le rapport, les capacités défensives se transforment directement en avantages offensifs. En aidant l’Arabie saoudite et les EAU en matière de défense, les États-Unis permettent à ces pays d’attaquer le Yémen avec une plus grande impunité.

En outre, l’Arabie saoudite et les EAU possèdent déjà des centaines de milliards de dollars d’armes offensives, achetées pour la plupart aux États-Unis, qu’ils continuent d’utiliser contre le Yémen.

Les responsables de l’administration Biden condamnent fréquemment les attaques transfrontalières des Houthis, mais ne condamnent pas les frappes aériennes saoudiennes.
Le 10 février 2021, le porte-parole du département d’État, Ned Price, a décrit les Houthis comme « manifestant continuellement le désir de prolonger la guerre en attaquant l’Arabie saoudite, y compris en mettant en danger les civils ».
En août 2021, le secrétaire d’État Antony Blinken a déclaré que depuis le début de l’année, l’Arabie saoudite « a subi plus de 240 attaques de la part des Houthis. »
Le 24 janvier 2022, Tim Lenderking, l’envoyé spécial, a souligné « la condamnation par le gouvernement américain des récentes attaques des Houthis contre les EAU et l’Arabie saoudite qui ont tué des civils. »

Il y a un problème de proportion dans cette déclaration. Le discours de l’administration accuse systématiquement les Houthis et souligne que leurs attaques transfrontalières sont particulièrement dangereuses. Pourtant, les attaques transfrontalières menées au Yémen par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite sont beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus destructrices.

Les attaques transfrontalières des Houthis ne dépassent jamais et approchent même rarement le nombre de raids aériens de la coalition menés sur le Yémen chaque mois. Il est important de noter qu’avec l’aide des systèmes de défense fabriqués aux États-Unis, l’Arabie saoudite parvient à dévier 90 % des attaques transfrontalières des Houthis.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a mené plus de 24 800 raids aériens depuis 2015, soit une moyenne de près de 10 par jour. Les raids aériens de la coalition ont tué près de 9 000 civils et en ont blessé plus de 10 000.

En revanche, le porte-parole de la coalition saoudienne a indiqué en décembre 2021 que les Houthis ont lancé plus de 400 missiles et plus de 800 drones sur l’Arabie saoudite depuis le début de la guerre en mars 2015, tuant 59 civils. Cumulées, les attaques de missiles et de drones des Houthis représentent en moyenne environ une attaque tous les deux jours.

Au cours du week-end, les Houthis ont lancé une série d’attaques coordonnées contre des installations énergétiques saoudiennes : il n’y a pas eu de victimes. En revanche, un raid aérien saoudien contre un centre de détention au Yémen en janvier a fait 91 morts et des centaines de blessés.

L’armée de l’Air saoudienne dépend fortement des contractuels militaires américains pour la maintenance, les pièces détachées et les réparations de ses avions : sans l’aide des États-Unis, les Saoudiens ne pourraient pas bombarder le Yémen.

Compte tenu de la déclaration faite par Biden après l’investiture, selon laquelle les États-Unis mettaient fin à leur soutien de l’action militaire offensive, il est surprenant que les niveaux de raids aériens de la coalition soient restés relativement constants de 2020 à 2021. Si les États-Unis avaient véritablement retiré leur soutien aux offensives saoudiennes, le taux de raids aériens de la coalition aurait dû diminuer entre l’ère Trump et l’ère Biden, mais ce n’est pas le cas.

Au contraire, les attaques de la coalition ont commencé à augmenter de façon spectaculaire à la fin de 2021. Contrairement aux affirmations de l’administration Biden, ce n’était pas en réponse à l’escalade transfrontalière des Houthis, car les attaques des Houthis sont restées relativement stables. Les Houthis ont peut-être intensifié leur action au Yémen, mais ils n’ont pas augmenté leurs attaques sur le territoire saoudien.

La guerre est souvent présentée comme un conflit par procuration entre l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement déchu du président Abd Rabo Mansur Hadi, et l’Iran, qui soutient les rebelles houthis.

Pourtant, dans la pratique, l’intervention dirigée par l’Arabie saoudite constitue une campagne de punition collective contre la population yéménite, dont 80% vit dans les zones contrôlées par les Houthis.

Les Saoudiens justifient leurs bombardements aériens et leur blocus du carburant par la nécessité de contrer les Houthis et leurs alliés iraniens, mais la force des Houthis n’a fait que croître au cours des sept dernières années, tandis que la vie des Yéménites ordinaires a été brisée.
Les actions saoudiennes n’ont fait que contribuer à renforcer des Houthis : plus la guerre se poursuit, plus les Houthis sont susceptibles de consolider leur contrôle, une conséquence que de nombreux Yéménites redoutent.

Il n’y a pas de « bons » dans cette guerre : toutes les parties en conflit ont été accusées de manière crédible de crimes de guerre par les experts de l’ONU. Contrairement au discours de l’administration Biden selon lequel elle s’engage à soutenir la résolution du conflit, les États-Unis signent néanmoins leur soutien continu aux Saoudiens et aux Émiratis dans leur guerre contre le Yémen.

En réitérant constamment le soutien des États-Unis, l’administration Biden risque d’intensifier l’implication des États-Unis dans la guerre.

La concurrence avec la Russie et la Chine a incité Biden à donner la priorité à des liens militaires étroits avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. C’est ce calcul qui l’a poussé à revenir sur sa promesse de mettre fin à la guerre. Cela risque non seulement d’entraîner Washington plus loin dans le conflit, mais aussi de prolonger la guerre, aggravant ainsi la destruction du Yémen. L’agression militaire saoudienne et émiratie que les États-Unis soutiennent n’est guère différente des actions russes en Ukraine.

L’administration Biden devrait plutôt adopter une stratégie qui prend les intérêts nationaux américains comme point de départ.

Cela signifierait ne pas s’en remettre aux partenaires du Golfe sur des questions qui sapent les intérêts des États-Unis et pourraient les plonger dans une nouvelle confrontation militaire au Moyen-Orient.

S’en remettre aux partenaires du Golfe comme moyen de contrer la Chine et la Russie est également une stratégie discutable, car les Saoudiens et les Émiratis ont déjà démontré qu’ils jouent sur la concurrence des États-Unis avec d’autres grandes puissances, comme en témoigne leur réticence à condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Source : Responsible Statecraft, Annelle Sheline, 21-03-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises


Voir en ligne : https://www.les-crises.fr/yemen-les...

   

Messages

  • 1. Yemen : L’autre guerre dont on ne parle pas
    18 avril, 10:59 - par RICHARD PALAO


    D accord avec toi Jean l ennemi numéro un des peuples, c est l impérialisme américain qui quand il le peut est à l origine des révolutions de couleur comme celle de Maiden et qui si nécessaire utilise sa force militaire ou soutien les régimes les plus autoritaires pour imposer sa loi... Il faut combattre tous les impérialisme qui sont tous responsables de guerre partout dans le monde, voire co- responsable comme en Ukraine

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