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Le crime organisé en pleine expansion

mercredi 5 décembre 2018 par Alain Rodier

La grande criminalité s’épanouit d’autant mieux en système capitaliste, dont c’est l’essence même, que les deux font appel à des système mafieux interconnectés !(NDLR)
De nombreux spécialistes tentent d’alerter les responsables politiques sur l’expansion inexorable du crime organisé sur la planète. Si sur le plan stratégique, l’époque n’est plus aux guerres de grande envergure, les conflits de basse intensité – dits hybrides -, engageant des centaines de groupes plus ou moins indépendants, se multiplient. Beaucoup d’entre eux s’allient au crime organisé, parfois pour obtenir les capitaux nécessaires à la poursuite de la lutte, mais souvent tout simplement pour enrichir les chefs de guerre. Par ailleurs, il n’est désormais plus rare voir des mouvements purement criminels habiller leurs actions d’un vernis politique ou/et religieux.

Là où il n’y a pas de conflit déclaré, particulièrement en Amérique du Nord, en Europe et en Chine, c’est la criminalité financière qui pose problème. Ainsi, le juge belge Michel Claise déclarait début septembre 2018 : « On considère que l’argent de la corruption représente entre 6 et 7% du PIB brut mondial ; idem pour le blanchiment d’argent ». Il estime en particulier que les mafias se sont substituées aux banques depuis la crise financière de 2008, car le monde de la finance a été « pénétré dans son propre système par les organisations criminelles ».

Selon lui, certains pays sont complètement infiltrés, à l’image de l’Italie où les mafias ont su s’adapter aux tendances actuelles : la mondialisation et l’écologie. Elles se livrent à des trafics de haute technologie, mais aussi à des arnaques à l’environnement, sans toutefois négliger les délits plus traditionnels – voire ancestraux – comme la vente (très chère) de vins faussement millésimés.

Globalement, le trafic de drogues est toujours celui qui rapporte le plus, en partie grâce à la diversification des produits proposés grâce à la multiplication des produits de synthèse et de pharmacologie. De plus, la demande augmente en permanence, même au sein des pays pauvres qui servent souvent de zones de transit. Il faut reconnaître que les criminels se sont adaptés au marché en proposant à la vente, dans ces zones de passage, de la drogue souvent de moins bonne qualité mais à prix cassés.

Les principaux pays producteurs restent la Colombie, le Pérou – où tous les mouvements insurrectionnels (FARC, ELN, Sentier lumineux, etc.) sont devenus purement criminels -, l’Afghanistan – où la culture du pavot est protégée à la fois par les taliban et les seigneurs de guerre – et l’Extrême-Orient, qui est placé sous la coupe des triades chinoises qui utilisent les organisations criminelles locales pour la production.

Dans ce contexte « favorable », l’Amérique latine, gangrenée par les gangs et autres cartels, augmente et diversifie encore sa production. Le Mexique est devenu une véritable zone de guerre où 40% du territoire est sous contrôle criminel. Il existe désormais des « narco-villes » gouvernées par des alliances politico-criminelles.

Au Brésil, 20% de la ville de Rio de Janeiro est aux mains de trois gangs : Comando Vermelho, Amigos dos Amigoset Terceiro Comando Puro. Et São Paulo est placée sous la houlette du Primeiro Comando da Capital. Rien que dans ces deux pays, plus de 100 000 personnes ont été assassinées en 2017 et ce chiffre devrait être dépassé en 2018.

Par ailleurs, les gangs (à l’origine salvadoriens) MS-13, M-18 ont métastasé sur l’ensemble du continent américain mais aussi au Cap, à Lagos et à Karachi où ils ont noué des relations lucratives avec les criminalités locales. Enfin, la misère (due aux conflits, aux crises économiques, à la sécheresse, etc.) provoque des mouvements de populations qui facilitent les trafics d’être humains considérés par les organisations criminelles comme de vulgaires « produits ».

Depuis près de deux décennies, les services de renseignement et de police luttent contre ce qui est visible dans les journaux télévisés : le terrorisme, les affrontements – pourtant relativement feutrés – entre grandes puissances et les affaires d’espionnage. Le crime organisé, qui sait se faire discret pour échapper à l’attention du public via les médias, ne constitue donc pas un objectif prioritaire pour les responsables politiques qui, par conséquent, ne donnent pas les instructions ni les moyens nécessaires à leurs organes de sécurité pour faire face à ce phénomène qui menace pourtant l’intégrité même des États.

Israël est un bon exemple de cette situation. Le gouvernement est confronté quotidiennement à de multiples menaces terroristes et stratégiques. Ses services sont constamment mobilisés pour y faire face. Les criminels en tous genres profitent de leur inattention pour développer leurs réseaux et pour se livrer des guerres internes souvent sanglantes. Toutefois, les autorités israéliennes commencent à s’en inquiéter depuis que les personnels pénitentiaires, certains juges et policiers, font l’objet de menaces directes de la part de bandes mafieuses. Le cas de l’Amérique du Nord est aussi très préoccupant car elle constitue désormais un hub pour toutes les organisations criminelles internationales (OCT) et connaît un développement exponentiel des gangs de rues.

*
Gangs (voir photo), cartels et mafias vont continuer à prospérer à l’abri des regards, en jouant en particulier sur la corruption qui est un de leurs moyens d’action privilégiés. Les organisations criminelles vont poursuivre leur infiltration de la société civile dont elles tirent profit. Il y a quelques années, il semblait évident que les OCT et leurs dirigeants ne voulaient pas prendre le pouvoir politique, préférant vivre comme des sangsues aux crochets de la société. Il semble que cela ne soit plus aujourd’hui totalement le cas dans certaines régions du monde, notamment en Europe centrale, en Amérique latine et dans tout pays gagné par la fièvre régionaliste.


L’agence européenne judiciaire Eurojust voit le nombre de ses dossiers "terrorisme" tripler.

Le nombre de dossiers traités par Eurojust ne cesse d’augmenter. Les Etats membres ont demandé l’assistance d’Eurojust dans 2214 enquêtes, ce qui représente une augmentation de 23 % par rapport à 2014.
Pour rappel, Eurojust, situé à La Haye, est un organe de l’Union Européenne créé en 2002. Sa mission est de stimuler et d’améliorer la coordination des enquêtes et des poursuites ainsi que la coopération entre les autorités judiciaires des États membres en ce qui concerne la grande criminalité transfrontalière, particulièrement lorsqu’elle est organisée.


Nous vous proposons cet article afin d’élargir notre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici.

   

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