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Marche néonazie du C9M : le dossier que la préfecture n’a pas fait
samedi 9 mai 2026 par Ricardo Parreira
Chaque année, les néonazis du Comité du 9 mai défilent à Paris. Chaque année, la préfecture de police produit un dossier trop creux pour convaincre le juge des référés d’interdire la parade. Dans sa grande bonté, Au Poste a décidé d’effectuer son travail, et de documenter ce que le tribunal administratif de Paris n’a ni su ni pu juger avec la rigueur que la situation commande.
Pour rappel, la marche du Comité du 9 mai est un rassemblement annuel d’extrême droite radicale organisé à Paris depuis 1994. Longtemps confidentielle, cette mobilisation a connu un regain de visibilité depuis la fin des années 2010 : participation en hausse, dimension internationale assumée, plusieurs centaines de participants issus des mouvances néofascistes et néonazies de toute l’Europe. Une niche, devenue rendez-vous. Un rituel, devenu vitrine, prétexte à l’hommage à Sébastien Deyzieu, mort en 1994 lors d’une manifestation interdite alors qu’il tentait d’échapper à la police.
Chaque année, c’est le même cri de ralliement : « Sébastien, présent ! ». Inspirée des rituels bellicistes des fascistes Mussoliniens, cette pratique consiste à scander le nom d’un camarade tombé au combat. L’hommage prend la forme d’une marche organisée et codifiée. Apogée néonazie vue à la télé, sur les chaînes en continu.
Face au juge des référés, l’incompétence policière
À plusieurs reprises, la préfecture de police de Paris a tenté (mollement, on va le voir) d’interdire la manifestation du Comité du 9 mai. Ses arrêtés ont tous échoué au pied du tribunal administratif de Paris. L’année dernière, on assistait même à un festival des services de police peinant à énumérer et à caractériser précisément les faits reprochés. Que ce soit par oubli, par manque de rigueur ou par complaisance.
Ainsi, la veille de la manifestation déclarée par la militante d’extrême droite Maylis de Cibon, le 9 mai 2025, le tribunal administratif de Paris infligea, comme chaque année, un camouflet à la Préfecture de police : son arrêté « porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester ».
Contre-enquête
Dans un élan citoyen, et en vue de la manifestation annoncée du prochain 9 mai 2026, Au Poste a repris la dernière décision en date du Tribunal administratif (2025), basée sur le travail bâclé des services de police. Et présente un certain nombre d’éléments et de contre-arguments en vue des prochaines démarches qui ne vont pas manquer d’agiter tout ce beau monde.
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