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Thales a fourni des radars de surveillance à la junte birmane en plein massacre des Rohingya
lundi 18 mai 2026 par Disclose
Alors que la Birmanie est aux mains d’une armée sanguinaire, le groupe Thales l’a aidée, en secret, à s’équiper avec du matériel de surveillance de pointe : six radars côtiers ont été livrés à la junte entre 2017 et 2020, révèlent Disclose et l’ONG Info Birmanie, factures internes et documents birmans à l’appui.
Ces radars, baptisés Coast Watcher 100, sont capables de « détecter et suivre jusqu’à 1 000 cibles », selon l’industriel français. En les vendant aux forces armées birmanes, qui font l’objet d’un embargo européen sur les armes, Thales prend le risque qu’elles s’en servent pour réprimer la population.
Une communauté est particulièrement en danger : la minorité musulmane des Rohingya, qui vit dans l’état côtier de Rakhine. Les habitant·es qui fuient les persécutions du régime sont régulièrement arrêté·es par la marine militaire ; « les enfants sont séparés de leurs mères pour être envoyés dans des centres de détention pour mineurs », détaille un rapport d’une ONG britannique qui défend les droits des Rohingya.
Sollicité, Thales dit respecter l’embargo européen imposé à la Birmanie depuis 2013 et renvoie vers les services de l’État français, qui ont autorisé l’exportation des radars. Au motif, selon l’industriel, qu’ils sont « conçus pour de la protection des côtes » et pas pour un usage militaire. Rappel utile : l’État est le principal actionnaire du groupe.
Trois juristes interrogé·es par Disclose estiment que Thales pourrait être poursuivi devant un tribunal pour violation des sanctions européennes. Pour une raison simple, selon Matilda Ferey, avocate en droit pénal international : « Nul ne peut être certain que la junte birmane n’utilise pas ces radars aux fins de répression de la légitime résistance interne ».
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