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Bolivie. Pourquoi Rodrigo Paz doit-il démissionner de la présidence ?

vendredi 22 mai 2026 par Resumen Latinoamericano

Elu en octobre 2025 pour résoudre la crise économique, Rodrigo Paz s’est mis à dos les organisations sociales. Il affronte un mouvement de protestation de plus en plus radical, qui exige désormais sa démission.
Depuis le 1er mai, le peuple a formulé une série de revendications à l’adresse du gouvernement, exigeant qu’il respecte son mandat constitutionnel consistant à faire respecter la Constitution politique de l’État (CPE) et à défendre, sans ambiguïté, les intérêts nationaux et la volonté populaire qui l’ont porté au pouvoir, jusqu’à exiger que le président Rodrigo Paz démissionne de la présidence, non pas par caprice ou sur la base d’un slogan isolé issu de la mobilisation populaire dans les rues et sur les routes, mais en raison du bilan de six mois d’échec d’un gouvernement fondé sur le mensonge permanent, la violation de la CPE et la tentative d’étouffer la volonté populaire.

1. Le mensonge comme argument et pratique politique

Au cours de ces six mois, le gouvernement de Rodrigo Paz a fait du mensonge un outil quotidien de gestion. Les promesses de stabilité économique, de transparence institutionnelle et de respect de la Constitution se sont révélées être des discours creux. La pratique politique repose sur des annonces sans fondement technique, sur des chiffres maquillés et sur des récits visant à dissimuler l’improvisation. Le mensonge n’est pas une erreur isolée : c’est la méthode de gouvernement, un mécanisme de gestion visant à gagner du temps alors que la crise s’aggrave et que la confiance des citoyens s’érode.

Au cours de ces six mois, le gouvernement de Rodrigo Paz a fait du mensonge une marque de fabrique, une forme de gouvernement, et en a fait un outil de gestion quotidien. Les promesses de stabilité économique, de transparence institutionnelle et de respect de la Constitution se sont révélées être des discours creux. La pratique politique repose sur des annonces sans fondement technique, des chiffres trafiqués et des discours visant à dissimuler l’improvisation.
Le gouvernement s’obstine à recycler le néolibéralisme, tout en reléguant la COB et les travailleurs à l’oubli et à la marginalisation.

La mémoire récente nous renvoie au décret-loi 5503, qui a échoué, cette tentative grossière de réinstaurer le néolibéralisme, et aux premiers signes de réorganisation du mouvement populaire. Malgré cet échec, le gouvernement de Paz ne renonce pas à ses efforts : il revient aujourd’hui avec des mesures fragmentées et dissimulées, cherchant à imposer la recette dictée par les organismes internationaux au profit du secteur le plus riche et le plus réactionnaire de l’économie.

Ce faisant, il relègue au second plan et méprise les revendications de la COB et des travailleurs, au point de transformer leur rôle historique en objet de moquerie et de dévalorisation systématique au sein de la société bolivienne.

La corruption persistante dans le secteur des hydrocarbures, qui se traduit par l’achat d’essence « de mauvaise qualité » et de diesel détériorant le parc automobile ; la réduction de quatre impôts qui a directement favorisé les grandes fortunes ; et l’intention de favoriser le secteur agro-industriel par le biais d’une loi foncière au détriment de l’économie communautaire, constituent les axes qui révèlent et accélèrent la gestion fragile de l’État.

Fort de ce mensonge, Rodrigo Paz a conçu un discours digne des sophistes, dans lequel il s’adresse aux classes populaires comme si ses actions étaient à leur profit, alors que la réalité démontre que sa proximité avec les secteurs agro-industriels et le monde bancaire est ce qui prévaut lorsqu’il s’agit de tirer profit de ses mesures anticonstitutionnelles.

2. Un programme gouvernemental étranger et l’intention de violer la Constitution politique de l’État (CPE)

Les actions mises en œuvre par Rodrigo Paz ne correspondent pas à son propre programme électoral, mais reproduisent les mesures d’un autre candidat et de secteurs qui cherchent à imposer un projet néolibéral. Cette appropriation révèle deux choses : l’absence de programme gouvernemental se perçoit à la faiblesse de son discours improvisé qui l’oblige à continuer de mentir, de diffamer ou d’élucubrer des théories « magnifiques » sans contenu ni sens politique, d’où son application et sa tiédeur à le soutenir par le biais d’un pouvoir exécutif dépourvu de clarté politique et technique dans son exécution, accompagné d’une Assemblée législative qui ignore son mandat et qui est donc inopérante et parasitaire.

Manque de légitimité politique, car il gouverne avec un programme qu’il n’a pas fait voter.
Intention de modifier la Constitution politique de l’État, affaiblissant ses garanties et ouvrant la voie à la privatisation des ressources stratégiques et à la concentration du pouvoir. La CPE, conquise en tant que pacte social, devient la cible d’une offensive qui vise à la vider de son contenu et à la soumettre à des intérêts extérieurs.

La réalité nous montre l’émergence de nouveaux leaders populaires depuis le 1er mai. La COB et ses 16 résolutions de l’assemblée générale ont constitué une base de référence pour les différentes expressions populaires qui ont permis d’organiser leurs revendications jusqu’à ce que la démission de Rodrigo Paz de la présidence s’impose comme un mot d’ordre de lutte.

Lors d’une manifestation réclamant la démission du président bolivien, Rodrigo Paz, à La Paz, le 18 mai 2026. CLAUDIA MORALES/REUTERS

3. La réorganisation du peuple face aux droits bafoués

Malgré la répression et l’appareil institutionnel qui bloque la légalité – le Tribunal constitutionnel plurinational et le Tribunal suprême électoral agissant comme les bras du pouvoir exécutif –, le peuple maintient vivante sa capacité de réorganisation. Les droits bafoués par le gouvernement d’Arce et désormais aggravés par Paz n’ont pas été oubliés : ils sont dans la mémoire collective et alimentent la combativité des syndicats, des organisations sociales et des secteurs populaires.

La résistance s’articule autour de la défense de la CPE et de la dénonciation de l’illégalité qui empêche la participation de l’instrument politique du peuple. Cette énergie latente annonce que la démission de Paz n’est pas seulement une revendication politique, mais une nécessité pour rétablir la souveraineté populaire afin de relancer le processus de changement et la révolution culturelle que vit la Bolivie.

L’élément fédérateur de toutes ces revendications est clairement la Constitution politique de l’État, qui est devenue le drapeau de la lutte des protestations et des revendications populaires, ainsi que la plus grande crainte des minorités privilégiées.

Traduction JP avec DeepL


Voir en ligne : https://www.resumenlatinoamericano....

   

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