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Cuba : Interview d’un pilote de « Frères à la rescousse »
dimanche 24 mai 2026 par Fabiola López/Bolivar Infos
Interview du pilote de « Frères à la rescousse » Juan Pablo Roque réalisée par la journaliste cubaine Fabiola López le 27 février 1996, publié à l’ origine dans Granma le 27 février 1996.
Pendant ces dernières heures, la chancellerie de la République de Cuba a informé sur la violation de l’espace aérien par deux avions pirates qui ont été abattus par des avions de l’Armée de l’Air cubaine. la journaliste de al télévision cubaine, Fabiola López, a interviewé le pilote Juan Pablo Roque, membre de l’organisation contre-révolutionnaire « Frères à la rescousse », l’organisation à laquelle appartenaient les pilotes qui ont été abattus le 24 février dernier.
| Photo : Décès de Juan Pablo Roque à La Havane le 25 novembre 2025 : l’espion du réseau « Avispa » qui a trompé Miami. Juan Pablo Roque, espion du réseau « Avispa » et agent infiltré à Miami, est décédé à La Havane. Il est mort à l’âge de 70 ans des suites de complications médicales après une opération cardiaque. |
Fabiola López : Pour commencer notre conversation, je voudrais que vous m’expliquiez quand a été créée l’organisation « Frères à la rescousse » et qui l’a créée.
Juan Pablo Roque : « Frères à la rescousse » est née en 1991 dans les bureaux de la Fondation Nationale Cubano-américaine plus précisément chez Martín Pérez, avec un soutien financier substantiel de la Fondation ; il avance dans son idée avec d’anciens agents de la CIA, José Basulto, Billy Shuss, Arnaldo Iglesias ; ils avancent, comme je te le disais, dans cette idée de créer une organisation soi-disant entre guillemets à caractère humanitaire ,qui sauverait la vie des hommes qui se jetteraient dans la mer pour atteindre les côtes de la Floride.
Fabiola López : On relie toujours l’organisation contre-révolutionnaire « Frères à la rescousse » a des figures comme celle de José Basulto, qui est ce monsieur ?
Juan Pablo Roque : José Basulto, est le président de l’organisation « Frères à la rescousse. » Un homme qui a participé activement avec la CIA aux équipes d’infiltration des Etats-Unis en territoire cubain au début des années 60. Un homme qui est lié à une série d’actes terroristes organisés depuis le territoire national et d’autres parties de l’Amérique centrale.
Fabiola López : Certaines personnes, aux Etats-Unis, se posent des questions sur le caractère humanitaire de l’organisation « Frères à la rescousse » parce qu’elles affirment qu’on payait d’avance cette organisation pour qu’elle sauve les membres des familles qui quittaient illégalement Cuba. Qu’y-a-t-il de vrai dans tout cela ?
Juan Pablo Roque : Oui, c’est vrai. L’organisation « Frères à la rescousse » a ceci parmi ses fonctions et je connais des cas particuliers dans lesquels elle a reçu 2 000 à 4 000 $ pour localiser dans le détroit de Floride des membres des familles qui avaient quitté l’île et donner l’information aux garde-côtes nord-américains.
Fabiola López : Juan Pablo, à de nombreuses occasions, José Basulto a déclaré à la presse nord-américains que les moyens qu’ils utilisent pour renverser la Révolution cubaine sont tout à fait pacifiques. qu’y a-t-il de vrai dans ceci ?
Juan Pablo Roque : Des moyens pacifiques ? C’est l’idée centrale et c’est le message que José Basulto a voulu envoyer au monde concernant l’organisation « Frères à la rescousse. » Mais. l’âme de cette organisation est une organisation contre-révolutionnaire. Je peux vous expliquer beaucoup des activités contre-révolutionnaires que l’organisation a menées.
Par exemple, en 1993, José Basulto m’a demandé des informations sur les tronçons de routes spécifiques de la ville de Cienfuegos sur lesquels on pourrait atterrir et déposer des charges explosives pour les placer sur des tours à haute tension qui exploseraient et ainsi, affecter le système énergétique national. Je peux te dire, autour de novembre 1994 et d’avril de 1995, Basulto m’informe de l’existence d’armes anti-personnel à plombs qui seraient introduites dans le pays pour commettre des attentats individuels, en particulier contre la vie du commandant en chef, et que leur distribution et leur stockage se feraient avec la participation éventuelle d’éléments des FAR et du MININT.
Il existe aussi un plan dans lequel Basulto veut lier encore plus la force des organisations contre-révolutionnaires de Miami avec des éléments qui pourraient aider à des plans terroristes nationaux internes à Cuba.
Fabiola López : En plus de cela, avez-vous connaissance d’autres missions de caractère terroriste ?
Juan Pablo Roque : Je peux te dire que Basulto a géré personnellement l’achat d’un avion L-29 de fabrication tchèque modèle Delfín pour entraîner les pilotes au décollage et à l’atterrissage sur diverses pistes et divers tronçons de routes. L’objectif final de cet avion jet était d’essayer de faire des attentats directement contre des bases et des installations militaires cubaines et ainsi encourager le plan terroriste dans un but de soulèvement national. Et aussi le contrôle radio des fréquences des FAR et du MININT afin d’interférer et de créer de faux signaux dans le Système Défensif National.
Fabiola López : Et d’où venaient les fonds pour toutes ces activités terroristes ?
Juan Pablo Roque : Les fonds pour ces activités venaient essentiellement de la Fondation Nationale Cubano-américaine et de chefs d’entreprises cubano-américains qui, comme Bacardí, apportaient des sommes substantielles.
Fabiola López : On sait que « Frères à la rescousse » a violé l’espace aérien cubain malgré les avertissements du Gouvernement cubain. Pourquoi alors, Basulto a-t-il continué à réaliser ces actions en connaissant les risques pour la vie des pilotes ?
Juan Pablo Roque : Je peux te dire que la raison essentielle était de provoquer des incidents qui portent atteinte aux relations entre Cuba et les Etats-Unis. C’est ce que veut l’extrême-droite des Etats-Unis.
Fabiola López : Le Gouvernement des Etats-Unis a-t-il connaissance des activités de « Frères à la rescousse » à Cuba ?
Juan Pablo Roque : Oui, ils les connaît. J’informais personnellement l’agent du FBI Oscar Montoto, sous le pseudonyme de Slingman, de toutes les opérations que réalisait « Frères à la rescousse » en violant l’espace aérien cubain. Sa balise de localisation est la 7345578. L’agent spécial Oscar Montoto est en charge de toutes les violations de neutralité qui ont lieu dans les groupes contre-révolutionnaires dans le comté de Dade.
Fabiola López : Quand, le 13 juillet 1995, José Basulto a violé l’espace aérien cubain et que le Gouvernement cubain a présenté les preuves aux Etats-Unis, le Gouvernement nord-américain a annoncé qu’il enquêterait sur ces faits et prendrait des mesures. avez-vous connaissance de certaines de ces mesures prises par le Gouvernement des Etats-Unis ?
Juan Pablo Roque : Ces mesures ont été prises très froidement. Pratiquement, on ne leur a prêté aucune attention. Il y a eu une information sur l’éventuelle signification que pourraient avoir ces violations continuelles et on a envisagé de suspendre la licence des membres de « Frères à la rescousse » qui les réalisaient mais cela n’a eu aucun effet car dans un avion biplace, si un pilote est sanctionné, l’autre ne doit pas l’être : en d’autres termes, les pilotes continueront à voler sans interruption.
Fabiola López : Le Gouvernement des Etats-Unis n’a pas reconnu que « Frères à la rescousse » a violé l’espace aérien cubain. que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
Juan Pablo Roque : « Frères à la rescousse » a violé l’espace aérien cubain plusieurs fois. Des pilotes comme José Basulto, Guillermo Lares, Billy Shuss se sont approchés du territoire cubain plus d’une fois, violant ainsi toutes les règles établies.
Fabiola López : Et vous, vous y avez aussi participé ?
Juan Pablo Roque : Personnellement, j’ai fait des actions qui ont violé l’espace aérien, les dernières ont été le 9 janvier 1996. La veille, on m’avait appelé pour que je participe à un vol vers La Havane au cours duquel on allait lancer des milliers de tracts à une altitude supérieure à 9 500 pieds et à une distance de moins de 10 milles de la côte, c ‘est à dire tout près. Cette mission devait être réalisée par les avions Noviembre 2506 et Noviembre 108 Lima Sierra. Avec moi, il y avait la capitaine de vaisseau Billy Shuss, une fois l’altitude atteinte, les hublots des avions se sont ouverts.
L’altitude ayant été baissée à 9 500 pieds, ils se sont ouverts à un angle de près de 45 degrés et le largage des tracts a commencé sur le territoire national. Cette violation s’est répétée le 13 janvier 1996, date à laquelle des milliers d’autres tracts ont été lancés, dans le but de remonter le moral des organisations contre-révolutionnaires. (On introduit un enregistrement d’une journaliste de la chaîne 23 de Miami qui a fait le vol dans l’avion numéro 2506 avec José Basulto et Roque. Face au Malecón, les 4 avions de « Frères à la rescousse » volant en formation parfaite sont encore plus visibles. Peu après, la réponse de Cuba : un MIG-23. Le MIG a volé autour de nous pendant environ 5 minutes.)
Fabiola López : « Frères à la rescousse » viole-t-elle d’autres règles de l’aéronautique civile nord-américaine et internationale ?
Juan Pablo Roque : Elle viole constamment les règles de l’aéronautique civile. Je pourrais t’expliquer certaines de ces violations. « Frères à la rescousse » lance des bombes fumigènes de différentes sortes : diurnes, nocturnes, à travers les hublots des avions, il y a même des moments de choc avec l’hélice arrière des avions. Il y a des violations des éléments structuraux de l’avion comme les hublots, les portes, des vols à très basse altitude, moins de 50 pieds, au cours desquels on lance de la nourriture, etc…
De fausses données de position transmises pendant le vol, destinées à induire en erreur les contrôleurs aériens à un moment donné. Et aussi les modifications des plans de vol concernant des vols à destination de points précis et les détournements vers le territoire national cubain, ce qui est le cas le plus fréquent : par exemple, un vol est prévu vers les Bahamas selon un itinéraire déterminé, mais le trajet est complètement modifié, trompant ainsi le contrôle aérien de Boyeros.
Fabiola López : Et pourquoi êtes-vous à Cuba ?
Juan Pablo Roque : Je suis à Cuba aujourd’hui parce que je veux dénoncer devant l’opinion publique mondiale le véritable caractère de l’organisation de pilotes « Frères à la rescousse. »
Fabiola López : Merci beaucoup, Juan Pablo, pour avoir accepté cette interview pour la télévision cubaine.
Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/05/22/cuba-quiero-denunciar-el-verdadero-caracter-de-la-organizacion-hermanos-al-rescate-expiloto/
URL de cet article :
https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/05/cuba-interview-d-un-pilote-de-freres-a-la-rescousse.html
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
Voir en ligne : https://bolivarinfos.over-blog.com/...

