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La purge dans la purge : la jonction entre la corruption et les assassinats ciblés en Iran

mardi 26 mai 2026 par Strategika5100

Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir ; souvent le gris domine , et il faut savoir en tenir compte. La nature humaine et ses défauts n’a pas de frontière ! En attente de la preuve… (JP)

Photo : Funérailles de Ali Larijani à Téhéran, mars 2026. [Capture d’écran]

Avant son assassinat par les forces américaines et israéliennes, Ali Larijani était parvenu à la conclusion que le soulèvement de janvier 2026 était dû en grande partie à la corruption du régime, et non à l’intervention réelle mais non décisive d’acteurs étrangers.

Il avait chargé en conséquence Saeed Mohammad, ancien responsable des travaux publics du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, de trouver une solution urgente à ce problème. Ce dernier a mis en place un organisme chargé de mener des investigations mais tous les membres de cet organisme ad-hoc se retrouvèrent sur la liste des assassinats ciblés du Mossad israélien.
D’où l’inférence que les milieux les plus corrompus au sein du système politique iranien travaillaient avec les adversaires de l’Iran et leur fournissaient des renseignements précis pour le ciblage de leur ennemis communs.

Revenons en janvier 2026. Le soulèvement qui a ébranlé la République islamique jusqu’au plus profond d’elle-même n’était pas tout à fait la énième révolution colorée que le Ministère du Renseignement (MOIS) s’obstinait à présenter comme telle. Alors que les médias d’État criaient au financement de la CIA et à l’agitation sioniste, Ali Larijani — un homme qui avait passé sa vie à évoluer dans les structures de pouvoir — a regardé les images tournées dans la rue et y a vu tout autre chose.

En réalité, l’emprise de la CIA et du Mossad en Iran ne pouvaient perdurer que grâce à une connaissance des méandres parfois insoupçonnées de la corruption dans chaque pays ciblé. Ceci est une constante.

Selon une source proche de son entourage, Larijani en était venu à conclure en privé que le soulèvement de janvier était un choc endogène aggravé par les sanctions occidentales. C’était l’issue inévitable d’un système si profondément pillé par ses propres gardiens que le contrat social s’était tout simplement évaporé.
Le peuple ne scandait pas des slogans contre le Velayat-e Faqih à cause d’un concert de BTS ou d’une ONG occidentale ; il s’insurgeait contre le détournement de 5 milliards de dollars ici, le réseau de contrebande de pétrole sanctionné là, le pillage pur et simple et effronté perpétré par les « Aghazadeh » – les enfants de l’élite tels que perçus par des populations subissant la spéculation et l’inflation.

Le raisonnement de Larijani était simple : on ne peut pas combattre un ennemi étranger et à plus forte raison le « grand satan » et son petit parasite au Moyen-Orient quand les fondations sont pourries.
La corruption était la faille dans l’armure.

Pour résoudre un problème qui avait pris une telle ampleur, Larijani avait besoin d’une personne à la fois extérieure et initiée. Il ne s’est pas tourné vers un religieux ni vers un agent des services de renseignement traditionnel. Il s’est tourné vers Saeed Mohammad.

Le jeune et charismatique ancien directeur de Khatam al-Anbiya, le géant de la construction et des travaux publics du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique. Mohammad était un technocrate irréprochable qui avait mené une campagne présidentielle en 2021 sur un programme anti-corruption avant que le Conseil des Gardiens ne l’écarte de la course.
Il détenait des informations compromettantes sur tout le monde car, dans le cadre de ses fonctions de construction de barrages et d’autoroutes, il avait vu où le ciment était détourné et quel gendre de général avait obtenu le contrat sans appel d’offres.

Larijani a confié à Mohammad une mission simple et urgente : « Trouver la racine du mal et son élimination » L’objectif était d’élaborer une feuille de route pour une lutte systémique contre la corruption afin de calmer les tensions dans la rue et d’étouffer le feu de l’insurrection.

Mohammad a agi rapidement. Il a mis sur pied une équipe d’enquête discrète et ad hoc. Il s’agissait d’un groupe pluridisciplinaire composé d’experts-comptables judiciaires, de cadres intermédiaires mécontents des services de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) mais fidèles à Mohammad personnellement, ainsi que de quelques professeurs d’université férus de technologie.
Ils opéraient en marge du système officiel, contournant la structure officielle du MOIS, que Larijani lui-même soupçonnait d’être compromise.

Ce groupe s’est mis à démêler le réseau labyrinthique de sociétés écrans, de ports fantômes et de portefeuilles cryptographiques qui avaient transformé l’économie iranienne en terrain de jeu d’une kleptocratie compradore.

Des assassinats à moto. Une explosion due à une « fuite de gaz ». Un cas soudain et mortel d’« intoxication alimentaire grave » dans un refuge. Les coups étaient chirurgicaux, silencieux et dévastateurs. Tous les membres de la cellule secrète de Saeed Mohammad ont fini par mourir.

Puis, en l’espace de dix jours à la fin du mois de mars 2026, l’ensemble du groupe a été anéanti.

Il ne s’agissait pas d’une purge interne aléatoire au sein du Ministère du renseignement. Des sources ayant accès aux renseignements d’origine électromagnétique (SIGINT) ont confirmé que la liste des cibles correspondait à un document diffusé au sein de la division « Tzomet » du Mossad israélien.
Le Mossad ne se contentait plus d’éliminer des scientifiques nucléaires. Il protégeait quelqu’un et dans tous les cas les kleptocrates au sein du système.

La cupidité est le vecteur numéro 1 du Mossad.

C’est là que l’analyse géopolitique doit s’affranchir des rapports officiels et s’aventurer dans les méandres d’une logique structurelle obscure. Les éléments les plus corrompus du système iranien collaborent activement avec le Mossad israélien pour éliminer les réformateurs internes.
C’est une symétrie diabolique et rationnelle.
Pour les services de renseignement occidentaux et israéliens, l’objectif premier est de maintenir le régime iranien faible, isolé et instable. Une campagne anticorruption couronnée de succès, menée par une personnalité crédible comme Saeed Mohammad — avec la bénédiction d’un pilier de l’establishment tel que Ali Larijani — représentait une menace existentielle pour la doctrine de « l’Iran dans le chaos ».

Une République islamique fonctionnelle et moins corrompue est un adversaire géopolitique bien plus redoutable qu’une république en décomposition qui se vide de son sang de l’intérieur.

Pour le réseau mafieux au sein de l’État iranien, l’enjeu est la survie. Ce sont les contrebandiers qui exploitent le contournement légitime des sanctions occidentales, les trafiquants de pétrole, les ramifications agissant au nom du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI) qui ne se distinguent plus des organisations criminelles.
Ils considèrent les intellectuels comme Larijani et les réformistes comme Mohammad comme une menace plus grave que les bombes qui s’abattent sur Damas ou Bandar Abbas. Ils disposent de renseignements complets et détaillés sur l’opposition au sein de leurs propres rangs.
À qui d’autre pourraient-ils bien vendre ces informations ?

Ce réseau corrompu fournit au Mossad les noms et les adresses des responsables intègres et des scientifiques nucléaires (des cibles de grande valeur, classiques, qui répondent aux besoins de Tel-Aviv) ; en échange, il obtient l’élimination des menaces internes qui pèsent sur ses empires financiers.
Le Mossad empoche la tête d’un soi-disant « agent terroriste » comme l’expert-comptable judiciaire de Saeed Mohammad qui menait les audits anti-corruption, tandis que les barons de la contrebande iraniens se débarrassent de l’homme qui tente de vérifier leurs comptes.
Une situation gagnant-gagnant pour des partenaires qui partagent un ennemi commun : l’État intègre, car Israël ne peut pas évoluer sans la corruption systémique et généralisée que ce soit en Amérique, en Europe ou dans le reste du monde.

C’est le carburant qui facilite son action et renforce la mainmise des puissants réseaux transnationaux lui fournissant impunité, protection et assistance à travers le monde. Saeed Mohammad a disparu avec des rumeurs le disant caché ou aux côtés du nouveau chef des Gardiens de la Révolution. Ali Larijani, qui était sorti braver dans la rue les bombardements aérobalistiques US et israéliens, a été victime d’un assassinat ciblé par des missiles israéliens ou US.

Le plus grand défi qui se pose actuellement à la technocratie militaire au pouvoir à Téhéran est de neutraliser la jonction entre l’ennemi extérieur et les réseaux de la corruption interne.

   

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