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Que cache le fait que la France impérialiste abroge le code noir ?
vendredi 29 mai 2026 par Diagne Fodé Roland
Ce 20 mai 2026 cent soixante-dix-huit ans (178 ans) de présence du Code Noir dans le droit français quivient seulement d’être abrogé.
Les colonialistes se targuaient d’avoir aboli l’esclavage en 1848 donc 44 ans après que la Révolution haïtienne ait mis fin à ce crime le plus abominable contre l’humanité comme vient de le voter l’Assemblée Générale de l’ONU à l’initiative du Ghana.
Que dit exactement le Code noir ?
Promulgué en mars 1685 sous Louis XIV, rédigé par Colbert alors secrétaire d’État à la Marine, le Code noir est l’acte fondateur du droit esclavagiste et colonial français. Composé de soixante articles, ce texte édifie un cadre juridique qui proclame que les esclaves comme des "biens meubles" comparables aux animaux, possédés par un maître esclavagiste, soumis à des châtiments barbares, ne peuvent posséder quoi que ce soit, y compris leurs progénitures.
L’article 44 :
« Déclarons les esclaves être meubles ». Les maîtres pouvaient les marquer au fer rouge de la fleur de lys, les acheter et les vendre, les séparer de leurs enfants.“
L’esclavage a été aboli une première fois par la Convention nationale le 4 février 1794, rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802, puis aboli à nouveau par le décret du 27 avril 1848. Et pourtant, le Code noir, gardé silencieusement dans le droit français, n’avait jamais été abrogé.
Le projet d’abrogation co-signé par 130 députés sans le parti de droite UDR ni le parti fasciste FN/RN a été introduit le 16 septembre 2025 à l’Assemblée nationale pour être enfin voté en commission ce 20 mai 2026 qui lance le parcours législatif qui se poursuivra dans l’hémicycle le jeudi 28 mai avant de franchir l’étape du Sénat.
La proposition de loi abroge formellement les édits royaux, donc le Code noir et prévoit que le gouvernement remette au Parlement un rapport dressant la liste des dispositions issues du droit colonial depuis 1685 jusqu’en 1946 qui analyse leurs conséquences contemporaines en termes de développement économique, social, culturel et environnemental des territoires concernés, ainsi qu’en termes de discriminations et de racisme France.
Un amendement en commission précise que ce rapport devra aussi évaluer la place accordée à l’histoire de l’esclavage et de la traite dans les programmes scolaires.
Manifestement, cette abrogation annoncée du Code noir résulte du scandale du chlordécone aux Antilles, du réveil du mouvement indépendantiste en Kanaky, de la négrophobie qui explose dans les médias, de la déshumanisation raciste d’élus noirs sur des plateaux télévisés, donc du racisme d’État interne, auquel il faut ajouter que les expulsions des bases militaires françaises, des volontés populaires en Afrique que pour la souveraineté monétaire « la France doit dégager » et la montée du souverainisme en Afrique contre l’enclos françafricain.
Les tares congénitales de la françafrique se nichent dans le Code noir et sont l’héritage.
C’est donc les résistances anti-racistes, notamment des victimes du racisme d’État en France, des peuples colonisés de la Kanaky aux Antilles et du mouvement souverainiste anti-néocolonial en Afrique qui expliquent les actuelles tentatives de replâtrage de la façade fissurée de la françafrique.
Ils sont contraints à semer l’illusion de restructurer leur domination parce que le rapport des forces changent en faveur des victimes de l’impérialisme renforcé par le déclin des prédateurs impérialistes étasuniens, européens, israéliens.
La preuve en est que pas une contradiction près, l’État français s’est ainsi abstenu en mars 2026 à l’ONU lors du vote d’une résolution qualifiant la traite transatlantique de crime majeur contre l’humanité.
Alors ne soyons pas dupes, continuons la lutte pour l’égalité de droit et de dignité entre les humains et les peuples.

