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Éviter un désastre à Cuba
samedi 30 mai 2026 par Au nom du groupe de pilotage, les professionnels vétérans du renseignement pour le sens commun (VIPS)
Le “changement de régime” orchestré par Trump se soldera par un échec. Ceux qui font rouler des Chevrolet de 1957 avec des cintres sèmeront le chaos face à un régime imposé par une puissance étrangère.
Photo : Le directeur de la CIA John Ratcliffe, le président Donald Trump, le secrétaire d’État Marco Rubio et Stephen Miller, chef de cabinet adjoint chargé de la politique, surveillant les opérations militaires américaines au Venezuela, depuis le Mar-a-Lago Club à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2026. (Maison Blanche / © Molly Riley)
MÉMORANDUM D’ALERTE À L’ATTENTION DE : Le président
DE : Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS)
OBJET : Éviter un échec catastrophique à Cuba
Cher président Trump,
Nous sommes profondément préoccupés par l’approche actuelle des États-Unis envers Cuba, qui accroît le risque d’une terrible catastrophe humanitaire – dont les États-Unis seront responsables. Nous pensons également que toute option militaire nous entraînera dans une guerre perdue d’avance.
Cuba n’est pas le Venezuela. Les relations entre les États-Unis et Cuba n’ont jamais été bonnes, même avant l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro en 1959. Washington n’a jamais saisi le profond sentiment de fierté nationale et l’aspiration à la souveraineté des Cubains, ni leur culture fondée sur le respect des institutions. Que cela nous plaise ou non, le gouvernement continue de bénéficier d’une légitimité résiduelle, et même les Cubains désireux d’un changement significatif se rallieront au drapeau en cas d’attaque extérieure.
Le peuple cubain souffre certes, mais les rapports alléguant un large soutien populaire aux sanctions américaines, voire à une intervention militaire, sont fortement influencés par des individus à la solde du gouvernement américain.
Face au faux choix entre vivre sous le gouvernement actuel avec les sanctions de “pression maximale” des États-Unis et vivre sous un nouveau système, certains Cubains opteraient en effet pour le changement.
Même ceux qui souhaitent un changement majeur à Cuba ne font pas confiance aux États-Unis. L’embargo de 65 ans et le blocus pétrolier en cours alimentent une méfiance profondément enracinée, bien que larvée, à notre égard.
Le libellé des décrets présidentiels datés du 29 janvier et du 1er mai, alléguant que “les politiques, pratiques et actions du gouvernement cubain constituent une menace inhabituelle et extraordinaire” pour la sécurité nationale des États-Unis, suggère une confusion entre la réalité et des allégations à motivation politique.
Ces récits sont pour la plupart faux.
Cuba cherche effectivement des moyens de contourner les sanctions américaines – comme le ferait n’importe quel pays pour survivre – et plusieurs pays l’aident, bien que de manière de moins en moins soutenue. On peut difficilement qualifier ces efforts de “menace” pour les États-Unis.
Si, dans l’idéal, le conglomérat militaire cubain GAESA gagnerait à fonctionner de manière plus transparente, il serait particulièrement cynique de notre part de ne pas admettre le besoin de confidentialité qui est le sien face aux opérations agressives des services du renseignement américains et aux sanctions.
Depuis au moins 1992, le gouvernement américain ne dispose d’aucune preuve que Cuba ait fourni un quelconque soutien opérationnel, logistique ou en matière de formation à une organisation désignée comme terroriste par les États-Unis. Étendre la définition du terme “terroriste” pour y inclure quelques fugitifs recherchés par la justice américaine semble malhonnête.
Un examen minutieux des renseignements entourant la destruction tragique et inutile des deux avions cubano-américains alors qu’ils quittaient l’espace aérien cubain le 24 février 1996 montre clairement que l’acte d’accusation contre l’ancien président Raúl Castro la semaine dernière est sans fondement.
Le gouvernement américain ne dispose pas non plus de preuves indiquant que la Chine et la Russie exploitent à Cuba des “bases d’espionnage” à des fins de renseignement d’origine électromagnétique dirigées contre les États-Unis.
Comme la communauté du renseignement le sait pertinemment, la Russie a abandonné ses principales installations après l’effondrement de l’URSS, et rien n’a jamais permis de conclure à l’existence d’une installation chinoise pointée vers les États-Unis.
Alors que le débat sur les prétendues “attaques soniques” ou “attaques par micro-ondes” contre le personnel américain continue de faire rage dans certains milieux, aucune preuve n’a été découverte au cours des neuf dernières années pour étayer l’accusation d’une implication cubaine dans de telles attaques sur l’île ainsi qu’en Chine, en Europe et aux États-Unis.
Les opérations secrètes menées dans le cadre des programmes américains de “promotion de la démocratie” ou de changement de régime fournissent des informations qui confortent les opinions des cercles américains qui les contrôlent, et l’image qui en résulte est trompeuse.
Nous vous recommandons d’examiner attentivement ces activités secrètes.
Si vous décidez de les approuver, engagez-vous par une décision présidentielle et une notification officielle au Congrès.
Les archives montrent que les planificateurs d’actions secrètes ont induit le président Kennedy en erreur quant aux perspectives de l’opération de la Baie des Cochons, et que les analystes de la CIA ont été tenus dans l’ignorance.
Les déclarations de l’administration, la collecte agressive de renseignements aériens et les mouvements de navires autour de Cuba suggèrent des préparatifs en vue d’une action militaire. L’armée cubaine est affaiblie et manque même de fournitures de base, et la doctrine cubaine de la “guerre du peuple entier” peut nous paraître naïve.
Cuba réagira avec le peu de matériel conventionnel dont elle dispose et qu’elle pourra se procurer, peut-être même des drones, pour défendre ses dirigeants et ses installations sensibles.
Mais le “renversement du régime” orchestré par les États-Unis, ainsi que l’occupation ou l’imposition d’un gouvernement de notre choix, se solderont par un échec cuisant. Ceux-là mêmes qui entretiennent leurs Chevrolet de 1957 avec des cintres s’acharneront contre un régime imposé par une puissance étrangère.
Les déclarations de l’administration montrent une volonté judicieuse de ne pas envoyer de troupes américaines sur le terrain, mais il faut également savoir que des hordes de nationalistes cubains saperont silencieusement tout système que nous imposerions.
Les implications de n’importe lequel de ces scénarios sur les pressions migratoires seraient catastrophiques.
Des articles de presse indiquent que les États-Unis sont engagés dans une sorte de “négociation” avec un petit-fils de l’ancien président Raúl Castro, qui n’occupe aucun poste officiel à Cuba.
Quoi qu’il en soit, notre expérience des conflits dans le monde nous amène à rappeler que des pourparlers menés le pistolet sur la tempe ne constituent pas une véritable négociation.
La coercition américaine à l’encontre de Cuba n’a pas fonctionné pendant plus de six décennies. Une négociation sans blocus, sans armes pointées sur les dirigeants et sans accusations politiques peut s’avérer bien plus efficace.
AU NOM DU GROUPE DE PILOTAGE, LES PROFESSIONNELS VÉTÉRANS DU RENSEIGNEMENT POUR LE SENS COMMUN (VIPS)
Fulton Armstrong, ancien responsable du renseignement national pour l’Amérique latine (à la retraite)
Marshall Carter-Tripp, diplomate (à la retraite) ; directeur de division, Bureau du renseignement et de la recherche du Département d’État
Philip Giraldi, ancien agent d’opérations de la CIA (à la retraite)
Matthew Hoh, ancien capitaine du Corps des Marines des États-Unis (USMC) en Irak et agent du service diplomatique en Afghanistan (membre associé de VIPS)
Jim Jatras, ancien membre du Département d’État américain et ancien conseiller en politique étrangère auprès de la direction du Sénat (membre associé de VIPS)
Larry Johnson, ancien officier du renseignement de la CIA et responsable de la lutte contre le terrorisme au Département d’État (à la retraite)
John Kiriakou, ancien agent de la lutte antiterroriste à la CIA et ancien enquêteur principal au Comité des relations étrangères du Sénat
Karen Kwiatkowski, ancienne lieutenant-colonel de l’US Air Force (à la retraite) ; au Bureau du secrétaire à la Défense, témoin de la fabrication de mensonges sur l’Irak, 2001-2003
Ray McGovern, ancien officier d’infanterie et de renseignement de l’armée américaine et analyste de la CIA ; chargé des briefings présidentiels à la CIA (à la retraite)
Elizabeth Murray, ancienne responsable adjointe du renseignement national pour le Proche-Orient au Conseil national du renseignement ; analyste politique à la CIA (à la retraite)
Scott Ritter, ancien major du Corps des Marines des États-Unis, ancien chef des inspecteurs en désarmement de l’ONU en Irak
Coleen Rowley, agent spécial du FBI et ancienne conseillère juridique de la division de Minneapolis (à la retraite)
Lawrence Wilkerson, colonel (armée de terre américaine, à la retraite), professeur invité émérite au College of William and Mary (membre associé du VIPS)
Sarah G. Wilton, commandant, USNR (à la retraite)/D.I.A. (à la retraite)
Robert Wing, ancien diplomate (membre associé du VIPS)
Ann Wright, colonel, U.S. Army (à la retraite) ; diplomate (a démissionné en signe d’opposition à la guerre en Irak)
Traduit par Spirit of Free Speech
Voir en ligne : https://consortiumnews.com/2026/05/...

