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L’Ukraine et son histoire
vendredi 5 juin 2026 par Francis Arzalier
L’histoire est une fille facile qui se laisse forcer volontiers par les Pouvoirs du moment, en laissant écrire les faits du passé en fonction des volonté politiques, faisant des activités mémorielles un support de la propagande au détriment des réalités.
Ainsi le récit de la Résistance française au Nazisme a longtemps oscillé entre la légende Gaulliste, niant l’adhésion d’une majorité de français au Pétainiste de1942, et une imagerie dorée des martyrs résistants cultivée par le PCF a son profit, des versions encore vivantes en 2026, à côté d’une extrême-droite qui refuse ses héritages du passé en se convertissant au Sionisme en guise de non-racisme.
Un bel exemple de ces usages révélateurs de la mémoire nous vient ces jours derniers de l’Ukraine, engagée dans sa croisade antirusse. Le quotidien Le Monde, pour une fois bien inspiré, raconte dans un article du 4 juin ce que nos télévisions de grande écoute ont soigneusement ignoré.
Les responsables de l’État ukrainien pro-occidental, à commencer par Zelinski, ont toujours su utiliser la mémoire reconstruite de leur passé, pour contrer le récit opposé du Kremlin. Mais jusqu’ici avec prudence, pour ne pas donner d’arguments aux accusations de « Nazis Ukrainiens » que portent contre eux les soutiens de Poutine.
Fiers de cet héritage, ils reconnaissaient volontiers très les successeurs de la paysannerie ukrainienne, opposée à la collectivisation des terres agricoles par les ouvriers et citadins bolcheviks russes de 1921 à 23. Mais ils rechignaient à s’avouer les successeurs des nationalistes Ukrainiens de Bandera des années 30, anti soviétiques et férocement antisémites, d’autant que Zelinski n’hésitait pas à mettre en exergue ses ancêtres juifs.
Et cette fiction a fonctionné depuis 10 ans de guerre antirusse, il fallait bien justifier la demande d’adhésion à l’UE et l’OTAN.
Depuis ces mois derniers, les donnes géopolitiques ont bougé, les beuglements de Trump et de l’Otan s’ajoutant au poids grandissant de chefs militaires Ukrainiens ouvertement d’extrême-droite : en mai 2026, le gratin politique de l’Ukraine nationaliste antirusse, y compris le Président Zelinski, ont parrainé à Kiiv un cérémonial mémoriel en l’honneur du retour officiel du corps de Andry Melnik, un chef nationaliste ukrainien, moins connu que Bandera, mais plus virulent.
Il fut en effet chef de l’OUN, l’armée « nationale « ukrainienne, qui combattit de 1942 a 44 contre l’armée soviétique aux côtés des Nazis et de la Wehrmacht, et fut grade massacreuse de ghettos, de partisans et de civils polonais en Volhinie (Nord-ouest de l’Ukraine). Ce « héros » de la lutte anti-Rouges il y a 80 ans eut la bonne idée de se fâcher quelques mois avant leur défaite avec les chefs nazis, qui supportaient mal l’idée d’une Ukraine Indépendante : cela lui permit de finir ses jours en toute quiétude dans l’Allemagne de l’Ouest anti soviétique en 1964.
Une preuve de plus que les cérémonies mémorielles expriment rarement la vérité historique, mais toujours la nature véritable des captures de la mémoire.

