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L’envers de nos assiettes : l’exploitation systémique des travailleurs étrangers dans les champs d’Europe
mardi 23 juin 2026 par France terre d’asile
Les légumes et fruits à bas prix des supermarchés européens ont un coût caché : celui d’une main-d’œuvre étrangère, précaire et surexploitée. Dans les champs européens, des milliers de travailleurs migrants assurent la production agricole dans de conditions de travail et de vie souvent indignes. Ce système, généralisé à l’échelle européenne, repose sur des politiques migratoires qui produisent l’irrégularité et la précarité administrative des travailleurs migrants.
Dans les serres espagnoles, les travailleurs sans papiers espèrent que la campagne de régularisation de 500 000 personnes lancée récemment par le gouvernement améliorera leur quotidien. « Sans papiers, vous travaillez pour cinq euros de l’heure. Avec des papiers, vous pouvez gagner sept ou huit euros », explique Abdelmoujoud Erra, travailleur agricole employé de manière informelle depuis 7 ans dans la région d’Almería. Selon l’agence de presse Reuters, 70 % de la main-d’œuvre agricole en Espagne serait en situation irrégulière.
Loin d’être une exception, dans toute l’Union européenne, des travailleurs étrangers, notamment en situation irrégulière, sont exploités par le travail, que ce soit dans le secteur agricole, dans le travail domestique et du soin ou encore dans le secteur de la livraison.
Le documentaire The Pickers (2024) montre les conditions de travail et de vie et l’exploitation systémique des travailleurs migrants dans le secteur agricole européen, en croisant les témoignages de travailleurs migrants, de syndicalistes et d’employeurs.
En 2021, les travailleurs saisonniers venant de pays hors de l’UE représentaient près de 17 % de l’ensemble des travailleurs saisonniers étrangers dans le secteur agricole, soit environ 420 000 personnes. Toutefois, ces chiffres sont largement sous-estimés, car les travailleurs sans papiers ou employés de manière informelle échappent aux statistiques officielles. Le travail non-déclaré toucherait plus de 60 % de la main-d’œuvre agricole dans l’UE.
Ce recours croissant aux travailleurs étrangers s’inscrit dans une logique de réduction des coûts de production pour les employeurs via une main d’œuvre moins coûteuse et plus flexible. De l’autre côté, les travailleurs migrants en font les frais, étant soumis à de faibles rémunérations, des horaires excessifs et des conditions de travail éprouvantes, sans possibilité de s’installer durablement ou de changer d’emploi.
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