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Afrique : Le libéralisme ne développe aucun pays

jeudi 25 juin 2026 par Diagne Fodé Roland

Jamais dans l’histoire, le libéralisme en tant que tel n’a jamais développé un pays. Cette vérité n’a pas été traitée par nos leaders de la première phase anti-coloniale indépendantiste parce que le monde était alors traversé par la contradiction socialisme-communiste et capitalisme impérialiste.
De ce fait, les impérialistes avaient mis sous le boisseau cette funeste théorie et politique économique prônant l’individualisme contre le collectivisme pour des raisons existentielles. Cette contradiction du monde bipolaire d’alors réduisait l’espace territorial et géopolitique d’application du libéralisme et accroissait l’instrumentalisation de l’État pour maximiser les profits des actionnaires capitalistes impérialistes.

Les renégats du communisme en Europe et aux USA succombèrent au stratagème impérialiste en inventant le « capitalisme monopoliste d’État » avant d’adouber la confusion entre « capitalisme et marché ». Cette contradiction contraignait ainsi le capitalisme mondial à concéder aux travailleurs des pays impérialistes la dite « société de consommation » à crédit et aux peuples colonisés les indépendances formelles qui ont donné naissance au néocolonialisme.

Miné par la loi de la contradiction fondamentale entre « la socialisation » à l’échelle nationale et mondiale de « la production » et « l’accaparement privé » de celle ci, le stade suprême du capitalisme qu’est l’impérialisme chercha par tous les moyens à en finir avec l’existence du camp socialiste s’étendant de l’URSS à l’Europe de l’est et aux actuels rescapés du camp socialiste que sont la Chine, la Corée du Nord, le Vietnam, le Laos et Cuba.

La défaite de l’URSS et du socialisme est européen ouvre une nouvelle période historique laissant libre court à la dictature mondiale du capital financier et des Monopoles sous la forme de la tyrannie du libéralisme.

Les étapes vers l’hégémonie idéologique du libéralisme

Auparavant pour répondre à la crise structurelle de 1929, le capitalisme impérialiste avait singé le socialisme soviétique en élargissant en tout ou en partie les fonctions régaliennes de l’État de la dictature de classe des capitalistes à certains secteurs économiques pour juguler la crise de surproduction et de sur-accumulation de l’impérialisme.
C’est ainsi que John Maynard Keynes troqua son libéralisme contre « les grands travaux de l’État stratège économique ».

En juin 2007, nous écrivions :

  • « Les expressions de néolibéralisme et d’ultralibéralisme comportent une illusion sur la nature des politiques économiques bourgeoises précédentes : les différentes variantes du Keynésianisme. Or, le Keynésianisme comme le libéralisme sont des politiques économiques possibles du mode de production capitaliste (ce qui ne veut pas dire que nous soyons indifférents à ces formes exactement de la même manière que démocratie bourgeoise et fascisme sont deux formes de la dictature de la bourgeoisie sans que nous soyons indifférents à ces deux formes du pouvoir politique). La démocratie libérale est la forme du capitalisme correspondant à un rapport des forces entre classes sociales à l’échelle de la planète dans lequel existe un mouvement ouvrier fort et des luttes de libération nationale puissantes soutenus par l’existence d’un camp socialiste. C’est l’économiste libéral Keynes qui, pour sauver le capitalisme empêtré dans la crise de 1929, théorisa la nécessité pour l’État capitaliste « d’amorcer la pompe » (contrairement au dogme libéral du « laisser faire », du « marché libre » et du refus de l’intervention de l’Etat autre que sur des fonctions de gendarme), c’est-à-dire d’établir une politique monétaire inflationniste et de créer des infrastructures sur la base desquelles le capital privé pourrait réinvestir pour tirer des profits.
  • C’est cela qui donna naissance à la politique des « grands travaux de l’État » ou « New Deal » notamment aux USA sous Roosevelt. La social démocratie a fait à partir de 1945 du « keynésianisme » sa doctrine économique en démarcation avec le libéralisme présenté comme la doctrine de la droite politique.
  • En 1934, Keynes écrit au New-York Times : « je vois le problème du redressement de la façon suivante : Combien de temps faudra t-il aux entreprises ordinaires pour venir à la rescousse ? A quelle échelle, par quels moyens et pendant combien de temps les dépenses anormales du gouvernement doivent-elles se poursuivre en attendant ? ». Rappelons que le capitalisme apeuré par la force du socialisme réel, surtout après la guerre et la victoire antifasciste de l’URSS et des peuples, a concédé aux travailleurs et aux peuples, qui se sont battus sous la direction des PC, des conquêtes sociales d’une grande importance qu’il cherche depuis les années 80 à reprendre par son offensive libérale ».

Libéralisme et néolibéralisme/ultra-libéralisme et ordo-libéralisme n’ont donc aucune différence de fond, mais seulement de forme pour duper les crédules qui confondent fond et forme, essence et apparence du monétarisme qui marchandise et privatise la santé, l’école, la biosphère, la vieillesse, le droit à un toit, etc.

Le venin du réformisme et du révisionnisme ayant pénétré le camp socialiste et le mouvement communiste international, le capitalisme impérialiste a pu entamer la diffusion lente du totalitarisme libéral comme unique politique économique possible pour organiser à son avantage à l’interne les économies nationales et à l’externe la division internationale du travail avant de la généraliser au monde entier suite à la défaite du camp socialiste d’Europe et la restauration du capitalisme en URSS.

Considérant que dorénavant c’est « la fin de l’histoire », la dictature de la pensée unique libérale a été ainsi imposée comme l’unique solution capitaliste impérialiste à sa crise systémique de surproduction et de sur-accumulation pour préserver le profit maximum. La tyrannie du « there is no alternativ » au libéralisme est devenue l’alpha et l’oméga des politiques économiques à l’échelle de chaque pays et du monde entier.

L’illusion que le libéralisme ou le néolibéralisme pouvait développer les pays par le ruissellement de la richesse des milliardaires actionnaires vers les travailleurs et des pays impérialistes vers les pays appauvris dépendants et néo-colonies a été assénée dans toutes les sociétés impérialistes et dans les pays dépendants ou néo-colonies comme moteur clef de la « mondialisation » fondée sur la chimère présentant le monde comme « un village planétaire ».

Ils ont même falsifié la vérité historique que les pays impérialistes, où est né le capitalisme, n’ont jamais développé leurs économies par le libéralisme. En effet, leurs États ont mobilisé l’argent du contribuable en plus de l’exploitation des ouvriers et le pillage des colonies pour enrichir des entreprises capitalistes privées devenues ensuite des monopoles impérialistes.

Ainsi pour unifier leur marché national, dans chacune des puissances capitalistes, l’État, donc l’épargne nationale accompagnée parfois de nationalisations, a pris en charge les voies de communications maritimes, fluviales, ferroviaires, routières, aériennes, les infrastructures permettant notamment la circulation des marchandises et les capitaux à l’interne.
C’est ainsi que furent créés les marchés nationaux puis internationaux de chaque pays impérialiste. La quasi-totalité des investissements lourds ont été le fait des États et non des privés. Cette stratégie économique a été complétée par les conquêtes militaires extérieures des colonies fournisseurs des matières premières pour les entreprises privées capitalistes.

Il n’y a aucune différence de fond sur ce constat objectif au-delà des formes spécifiques nationales et culturelles entre les capitalismes anglais, français, allemand, étasunien, nippon, etc.

C’est donc un mensonge des libéraux et sociaux libéraux de faire croire que le libéralisme, c’est-à-dire le tout marchandisation et privatisation de tout, est la recette miracle de tout « développement ».
En réalité, c’est là une confusion délibérée entre « développement national » et augmentation des profits tout comme toute « croissance du PIB » n’est pas synonyme de développement national.

Le diktat de la recette libérale dans les néo-colonies

L’indépendance politique formelle des colonies a été contournée par la division internationale organisant la mise sous tutelle des puissances impérialistes les néo-colonies par le biais du FMI/BM (institutions de Bretton Woods) qui, au nom de la dette, ont dicté les recettes libérales pour démanteler les protections douanières et fiscales, supprimer les subventions des denrées de premières nécessités, des écoles, de la santé, limiter les emplois publics avant de privatiser les secteurs stratégiques publics et parapublics.

Dans la zone monétaire coloniale CFA, la dévaluation a été le moyen par lequel ces secteurs stratégiques ont été bradés. En un mot, toute fonction économique de l’Etat a été ramenée à la fiscalité et aux impôts.

L’actuel soulèvement souverainiste qui souffle sur l’Afrique doit donc se débarrasser du libéralisme pour assurer la marche en avant conséquente vers la libération de chaque terre africaine. La présence de l’idéologie libérale est une conséquence de la composition sociale même des forces souverainistes qui rassemblent des secteurs de la bourgeoisie nationale, des féodaux religieux, de la petite bourgeoisie intellectuelle et les classes laborieuses ouvrières, paysannes et les travailleurs du secteur informel.

Or, le colonialisme et le néocolonialisme sont des freins au développement des forces productives et soumettent la bourgeoisie nationale à une dépendance en position subordonnée de sous traitants des Monopoles impérialistes.

Suite aux trahisons des idées de gauche et communiste et l’intégration dans le système néocolonial libéral des principaux partis et leaders, l’actuelle rébellion souverainiste de la jeunesse africaine est marquée par un « pragmatisme » confusionniste imprégné du libéralisme que certains présentent comme permettant la libération nationale.

Ce « pragmatisme » dés-idéologisé, mais en réalité inconsciemment idéologique, tend à réduire la fonction économique de « l’État stratège » à la fiscalité, la collecte des impôts et les taxes douanières d’où l’ignorance de toutes velléités de nationaliser les leviers que sont les secteurs stratégiques que constituent les Banques, la terre, l’eau, les mines, l’énergie, les télécommunications, le rail, les ports, les aéroports, la recherche scientifique et technique et la formation d’ingénieurs, etc.

La caricature selon laquelle « Le socialisme est un enfant infidèle du libéralisme » en est l’expression la plus attrape-nigaud même si elle reflète la pensée de classe des fractions souverainistes de la bourgeoisie nationale intéressées au développement du « capitalisme national mondialiste » en opposition aux compradores qui sont des sous-traitants néocoloniaux des entreprises impérialistes.

Ils veulent exercer la souveraineté nationale tout en étant enserrés dans la « mondialisation libérale ». Ils confondent à dessein libéralisme et marché. Ils vont même présenter les expériences socialistes chinoise, vietnamienne, cubaine comme étant du « capitalisme ».
Or, comme le démontre Joseph Staline en 1952 :

  • « On ne peut identifier la production marchande à la production capitaliste. Ce sont deux choses différentes. La production capitaliste est la forme supérieure de la production marchande. La production marchande ne conduit au capitalisme que si la propriété privée des moyens de production existe ; que si la force de travail apparaît sur le marché comme une marchandise que le capitaliste peut acheter et exploiter pour la production ; que si, par conséquent, il existe dans le pays un système d’exploitation des ouvriers salariés par les capitalistes. La production capitaliste commence là où les moyens de production sont détenus par des particuliers, tandis que les ouvriers, dépourvus de moyens de production, sont obligés de vendre leur force de travail comme marchandise. Sans cela, il n’y a pas de production capitaliste…
  • On ne peut pas considérer la production marchande comme une chose se suffisant à elle-même, indépendante de l’ambiance économique. La production marchande est plus vieille que la production capitaliste. Elle existait sous le régime d’esclavage et le servait, mais n’a pas abouti au capitalisme. Elle existait sous le féodalisme et le servait, sans toutefois aboutir au capitalisme, bien qu’elle ait préparé certaines conditions pour la production capitaliste. La question se pose : pourquoi la production marchande ne peut-elle pas de même, pour un temps, servir notre société socialiste sans aboutir au capitalisme, si l’on tient compte que la production marchande n’a pas chez nous une diffusion aussi illimitée et universelle que dans les conditions capitalistes ; qu’elle est placée chez nous dans un cadre rigoureux grâce à des conditions économiques décisives comme la propriété sociale des moyens de production, la liquidation du salariat et du système d’exploitation ? » (Problèmes économiques du socialisme).

On a tous assisté à la fusion entre néocolonialisme et libéralisme à travers les plans d’ajustement structurel du FMI/BM sous le prétexte de la « dette », de la croissance extravertie et des IDE. Cette fusion a enrayé toute possibilité de création d’emplois, a accru la dépendance verticale des économies nationales africaines à la « mondialisation » empêchant toute véritable « intégration » horizontale des marchés nationaux et panafricains, a généralisé l’économie de survie qu’est le secteur informel dominant et finalement a débouché sur la nouvelle traite des esclaves qu’est l’émigration meurtrière piroguière et à travers le désert pour que les survivants deviennent des « sans papiers » victimes du racisme d’état dans les pays impérialistes.

Il est toutefois important de situer ce processus néfaste de fusion entre néocolonialisme et libéralisme dans le contexte du monde unipolaire sous l’hégémonie de l’impérialisme occidental.

En novembre 2013, nous écrivions :

  • « C’est le Dr. Peter Pham, conseiller des départements d’état et de la défense US qui l’explique encore plus ouvertement : « parmi les buts ultimes de l’AFRICOM, était le but de protéger les accès en hydrocarbures et autres ressources stratégiques dont l’Afrique est riche, une tâche qui incluait de s’assurer contre la vulnérabilité de ces richesses naturelles et de s’assurer qu’aucunes tierces parties comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, ne puissent obtenir un monopole ou des traitements de faveur » ( cité par F. William Engdahl, mondialisation.ca du 27 septembre 2011 ).

En décembre 2021, nous écrivions que ce qui « caractérise l’évolution actuelle, c’est que les luttes de libération nationale, fin du 18éme et courant du 19éme siècle sur le continent américain dans le sillage des indépendances des USA et d’Haïti, puis celles du 20éme siècle impulsées et soutenues par la Révolution Bolchevique, l’URSS et le camp socialiste victorieux du Nazisme ont engendré les dits pays « émergents » comme la Chine, l’Inde, le Brésil, le Vietnam et les nouvelles expériences révolutionnaires, progressistes, antilibérales comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua, le Brésil, etc., qui s’appuient sur l’héroïque résistance économique, culturelle, politique et idéologique de Cuba.

Parmi ces pays, la Chine socialiste et la Russie bourgeoise sont de véritables puissances économiques, scientifiques, techniques, culturelles et militaires en passe de surpasser dans différents domaines les impérialistes US et UE. Ces pays émergents sont devenus aussi les nouveaux « pays ateliers » qui produisent tout ce que la planète consomme, en particulier tout ce que consomment l’UE et les USA, lesquels se « désindustrialisent » progressivement par suite des « délocalisations » dues à la recherche des bas salaires pour devenir des parasites vivant de la spéculation, de l’usure et de la rente.

Ce sont des États de plus en plus rentiers, spéculatifs, financiers engorgés de capital fictif dont les Firmes Transnationales courent partout dans le monde à la recherche d’une main d’œuvre bon marché et qui cherchent à casser toutes les conquêtes sociales et démocratiques des générations passées des classes populaires dans les pays impérialistes eux-mêmes.

Cette évolution objective de la division internationale du travail au cours de cette troisième phase de la « mondialisation ou globalisation », c’est-à-dire de l’internationalisation du capital et de la recherche du profit maximum, confère un caractère particulier au nouveau cycle des guerres d’agressions coloniales de l’impérialisme US/OTAN et UE contre les peuples.

En effet le nouveau cycle des guerres impérialistes résulte du besoin pour l’impérialisme de contrôler les sources de matières premières stratégiques indispensables au développement des pays "émergents".
Il s’agit de générer des profits colossaux en contrôlant et rendant les pays "émergents" dépendants d’eux pour leur accès aux matières premières dont ils ont besoin pour continuer à se développer.
Par leur mainmise sur les richesses stratégiques des pays producteurs, les USA et l’UE s’érigent en usuriers rentiers fixant les conditions d’accès aux matières premières aux pays "émergents". Les Firmes Transnationales US et de l’UE peuvent ainsi spéculer sur les prix, fixer les taxes, poser leurs conditions, organiser le sabotage des économies ou les affaiblir, mener la guerre commerciale et donc continuer à exploiter et dominer l’économie mondiale ».

Le monde unipolaire sous hégémonie libérale US/UE/G7/OTAN/Israël se meurt et le nouveau monde multipolaire est en gestation accélérée depuis l’échec de l’agression barbare étasuno-israélienne contre l’Iran, l’arrêt par la Russie bourgeoise de la marche guerrière de l’OTAN/UE vers l’est européen, la naissance des BRICS sur la base du « consensus de Shanghai » versus le « consensus de Washington » libéral et le nouvel éveil souverainiste des peuples opprimés de l’Amérique du sud à l’Afrique.

Ces pays émergents sont des antithèses vivantes du libéralisme et font la démonstration que le libéralisme est antinomique avec le développement.

L’Afrique vers la libération contre le libéralisme néocolonial

Les rébellions souverainistes actuelles en Afrique balbutient teintées de libéralisme et de féodalisme religieux parce que les gauches et communistes révolutionnaires ont été défaits par le "cancer de la trahison" comme le disait Cabral devant la dépouille mortelle de Nkrumah.

Certains en profitent pour réviser l’histoire communiste révolutionnaire de la première phase de libération nationale panafricaine.

Ainsi, ils mentent délibérément pour « dé-marxiser » les penseurs révolutionnaires d’alors comme Frantz Fanon qui, pourtant, disait :

  • « L’exploitation capitaliste, les cartels et les monopoles sont les ennemis des pays sous-développés. D’un autre côté, le choix d’un régime socialiste, d’un régime entièrement orienté vers le peuple dans son ensemble et fondé sur le principe que l’homme est le plus précieux de tous les biens, nous permettra d’avancer plus vite et plus harmonieusement et rendra ainsi impossible cette caricature de société où tout le pouvoir économique et politique est détenu par quelques-uns qui considèrent la nation dans son ensemble avec mépris et dédain ».

Et Amilcar Cabral qui fut « l’ambassadeur porte-parole » des mouvements de libération nationale des colonies portugaises dans les différents forums à l’échelle africaine et internationale et fut le leader incontesté notamment à la conférence de la Tricontinentale où il prit la parole le 6 janvier 1966 à Cuba pour y exposer sa théorie révolutionnaire de l’émancipation nationale et sociale africaine disait :

  • « Nous ne luttons pas simplement pour mettre un drapeau dans notre pays et pour avoir un hymne mais pour que plus jamais nos peuples ne soient exploités, pas seulement par les impérialistes, pas seulement par les Européens, pas seulement par les gens de peau blanche, parce que nous ne confondons pas l’exploitation ou les facteurs d’exploitation avec la couleur de peau des hommes ; nous ne voulons plus d’exploitation chez nous, même pas par des Noirs ».

Cabral pointe ici fort justement le fait que le « bloc populaire » inter-classiste nécessaire ne doit pas se vautrer dans la négation des classes sociales qui le composent, mais doit animer par la démocratie interne au camp souverainiste des débats idéologiques pour marcher ensemble et/ou séparément et frapper l’ennemi impérialiste et compradore néocolonial.

Alors, l’actuelle rébellion souverainiste nationale et panafricaine ne peut se laisser piéger par les scories culturalistes d’un anti-marxisme, d’un anti-communisme atavique dont le libéralisme bourgeois et féodal mondialiste va forcément se révéler comme le cheval de Troie du dévoiement de nos combats libérateurs en Afrique.

   

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