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Dire Straits*… mais pas le groupe

jeudi 25 juin 2026 par Larry C. Johnson

Washington épuise ses réserves de brut lourd qui produit le kérosène & le diesel. Selon les estimations, elles seront épuisées d’ici début juillet. De quoi passer un très joyeux 4 juillet !

* Dire straits : être dans la dèche, dans une situation financière désespérée.

Hier, mercredi 24 juin 2026, le président Donald Trump a affirmé qu’un volume record de pétrole a transité par le détroit d’Ormuz depuis le récent accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Il a annoncé que 19 millions de barils de pétrole ont transité par le détroit la veille (mardi). Il a souligné que les flux d’avant-guerre s’élevaient en moyenne à plus de 20 millions de barils par jour, mais qu’ils ont fortement chuté (à 1–4 millions de barils) pendant le conflit, et il a présenté cette récente augmentation comme un succès majeur.

Voici une révélation choquante… Trump ne dit pas toute la vérité.

Selon MarineTraffic et les données de renseignement maritime associées pour le mardi 23 juin 2026 :

  • “Environ 7 à 12 pétroliers (transporteurs de brut et de produits pétroliers) ont transité par le détroit d’Ormuz, certaines sources faisant état de 7 pétroliers parfaitement identifiés (y compris des superpétroliers) émettant des signaux AIS”.

Avant le 28 février 2026 (avant l’escalade du conflit lié à l’Iran de 2026), le nombre moyen de pétroliers traversant le détroit d’Ormuz était d’environ 40 à 50 par jour. Au mieux, en supposant que 12 pétroliers aient traversé le détroit, cela ne représente que 24 % du trafic habituel.
Mais ce volume ne couvre qu’une infime partie de la pénurie de brut lourd à laquelle le monde est désormais confronté. De plus, aucun des pétroliers ayant traversé le détroit mardi ne faisait route vers les États-Unis ou l’Europe… Tout le pétrole est destiné à l’Asie, la majeure partie de la cargaison étant destinée à la Chine.

Karl Miller, expert mondial en énergie, écrit dans son dernier Executive Energy Security Review :

  • “La crise ne se résume pas à une pénurie mondiale de pétrole. La crise tient à ce que le Golfe cesse de fournir de l’énergie consommable au monde. Le pétrole et le gaz du CCG peuvent exister sous terre et être néanmoins absents du marché. L’Europe perd une source d’approvisionnement fiable. Les États-Unis perdent la sécurité de leur approvisionnement en produits finis. L’Asie reçoit un approvisionnement limité et soumis à des exigences politiques. La réouverture du détroit d’Ormuz ne constitue pas une reprise ; le déminage, la réparation des terminaux, la remise en service des puits, la remise en état des transports de GNL, le rétablissement des navires, la souscription d’assurances et la restauration de la confiance des acheteurs, voilà ce qui permet la reprise. . . .
  • “Le marché doit cesser de se demander si le pétrole et le gaz existent encore sous terre. Là n’est pas la question. La bonne question est de savoir si le pétrole et le GNL du CCG peuvent être produits, extraits, stockés, acheminés par gazoduc, chargés, assurés, expédiés, raffinés, répartis et livrés aux acheteurs qui en ont besoin. Dans le scénario catastrophe évalué ici, la réponse est non. . . .
  • “Dans le scénario extrême auquel nous nous référons ici, les marchés d’exportation ouverts du Golfe sont défaillants. Le pétrole accessible transite par des canaux contrôlés par l’Iran, tolérés par l’Iran ou soumis à des contraintes politiques. Les principales destinations sont la Chine et l’Inde. Une redistribution ultérieure limitée s’effectue via Singapour et les plaques tournantes commerciales d’Asie du Sud-Est vers des marchés comme la Corée, la Thaïlande et les Philippines. L’Europe et les États-Unis ne reçoivent aucun approvisionnement fiable en provenance du Golfe sur la période étudiée”.

À propos de l’Iran, le Corps des gardiens de la révolution islamique a publié mercredi le communiqué suivant :

  • “Marine du CGRI : le passage en toute sécurité par le détroit d’Ormuz n’est possible que par les routes annoncées par la République islamique d’Iran
  • “Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Très Clément
  • “Il y a quelques heures, sans en informer ni se coordonner avec la République islamique d’Iran, certaines autorités ont annoncé une nouvelle route pour le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, laquelle n’est pas recevable et extrêmement dangereuse.
  • “Nous informons par la présente tous les intéressés que les seules routes autorisées pour le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz sont celles annoncées par la République islamique d’Iran, et que la navigation en dehors de ces routes présente un danger très élevé et sera interdite. Nous mettons en garde contre tout trafic en dehors des routes notifiées.
  • “La coordination avec la Marine du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) pour la traversée du détroit d’Ormuz via le canal 16 est obligatoire, et les navires contrevenants feront l’objet de sanctions”.

En résumé : les États-Unis épuisent leurs réserves de brut lourd, qui sert à produire le kérosène et le diesel, et selon les estimations, ces réserves seront épuisées d’ici la première semaine de juillet.
De quoi passer un très joyeux 4 juillet.

L’enthousiasme de Trump concernant le faible débit de pétrole en provenance du golfe Persique mardi est hors de propos, car ce pétrole est destiné à l’Asie et non aux raffineries américaines du golfe d’Amérique/du Mexique.

En l’absence de nouveaux approvisionnements en brut lourd, les États-Unis risquent de devoir faire des choix difficiles entre fournir du diesel pour faire rouler les camions, ou du kérosène pour maintenir en vol les avions civils et militaires.

Traduit par Spirit of Free Speech


Voir en ligne : https://substack.com/@larrycjohnson...

   

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