Le Manifeste

Le journal et les débats

Seul le journal et les articles signés « URC », reflètent l’avis de l’URC. Sinon les articles proposés sur ce site sont destinés à élargir notre champ de réflexion. Cela ne signifie donc pas forcément que nous approuvions la vision développée par les auteurs. L’utilisation des commentaires en fin d’article, permet à chacune et chacun de s’exprimer et de nourrir le débat démocratique.

Accueil |  Qui sommes-nous ? |  Rubriques |  Thèmes |  Cercle Manouchian : Université populaire |  Films |  Adhésion

Accueil > International > Incendies en Espagne : les sanctions européennes empêchent de les combattre

L’U.E du père Ubu !

Incendies en Espagne : les sanctions européennes empêchent de les combattre

dimanche 2 août 2026 par Geostrat Watch

Les sanctions sont une arme. Mais quand l’arme se retourne contre ceux qu’elle est censée protéger, ce n’est plus une arme. C’est une erreur. Et les erreurs, en politique, se paient en vies humaines.

L’Espagne brûle.
Juillet 2026 est le pire mois depuis 2001. Soixante-dix-sept mille hectares partis en fumée, trente-deux incendies majeurs, douze morts. La province d’Ávila a perdu cinquante mille hectares à elle seule.

Et sur la base de Guadalajara, dix hélicoptères dorment dans leurs hangars. Cloués au sol. Depuis... 2024.

Les meilleurs hélicoptères anti-incendie du pays

Les Kamov Ka-32A11BC sont des machines exceptionnelles. Plus de cinq mille litres d’eau par mission. Conçus pour le terrain montagneux et les conditions de haute température. Ils opéraient en Andalousie, en Aragon, en Estrémadure, à Guadalajara. Jusqu’à ce que Bruxelles en décide autrement.

Les sanctions européennes contre la Russie interdisent l’accès aux pièces de rechange et à la maintenance certifiée par le constructeur. Les techniciens russes ne peuvent plus intervenir.
La flotte est paralysée.

Dix hélicoptères immobilisés. Des milliers de litres d’eau qui ne seront jamais largués.

« Achetez Airbus »

Madrid n’a même pas demandé d’exemption. Pourquoi ? Parce que Bruxelles a déjà répondu : l’Espagne « a eu suffisamment de temps pour trouver des alternatives européennes. »
Comprendre : achetez Airbus.
Les hélicoptères de remplacement existent. Mais ils sont plus coûteux à l’exploitation. Et leurs performances en conditions extrêmes — montagne, chaleur — ne sont pas comparables.

Le résultat : moins de moyens, plus de flammes.

La souveraineté bafouée
L’Espagne est un État souverain. Elle a le droit d’acquérir les moyens qu’elle juge utiles à la protection de sa population et de son territoire. Bruxelles ne lui laisse pas ce choix.
Le ton de la Commission — « vous avez eu assez de temps pour acheter européen » — est celui d’un tuteur qui gronde un enfant.
Pas d’un partenaire qui traite avec un État membre.

Et l’hypocrisie est totale. L’armement européen que Bruxelles vante comme alternative est lui-même truffé de composants américains, de technologies importées, de chaînes d’approvisionnement mondialisées. Les sanctions contre la Russie sont brandies comme un étendard moral — mais quand il s’agit d’acheter du gaz russe via des intermédiaires indiens, ou de laisser les entreprises européennes continuer à commercer avec Moscou via des filiales, la rigueur s’évapore.

L’Espagne, elle, n’a pas eu droit à cette souplesse. Ses hélicoptères sont cloués au sol. Ses forêts brûlent. Et Bruxelles lui explique qu’elle n’avait qu’à mieux choisir ses fournisseurs.
Ce n’est pas de la solidarité européenne. C’est une tutelle qui prive un peuple de ses moyens de survie — et qui prétend lui donner des leçons pendant que ses maisons brûlent.

Le prix humain

Pendant que les Ka-32 rouillent dans leurs hangars, 77 000 hectares brûlent. Douze personnes sont mortes. Des milliers d’autres ont été évacuées. L’agriculture espagnole perd ses récoltes. Le tourisme s’effondre. Et Bruxelles maintient ses sanctions.
La question n’est plus géopolitique. Elle est humaine.

Une bureaucratie qui préfère voir un pays brûler plutôt que d’admettre que ses sanctions ont des conséquences imprévues — ce n’est plus de la politique. C’est une défaillance qui se paie en vies humaines. Et c’est aussi la négation du droit d’un État membre à choisir les outils de sa propre survie.

Les cendres de Bruxelles

L’UE a choisi ses sanctions. L’Espagne compte ses morts. Les Ka-32 ne décolleront pas cet été. Les forêts continueront de brûler.
Et quelque part à Bruxelles, quelqu’un pensera que punir la Russie valait bien 77 000 hectares de cendres.

Les sanctions sont une arme.
Mais quand l’arme se retourne contre ceux qu’elle est censée protéger, ce n’est plus une arme.
C’est une erreur.
Et les erreurs, en politique, se paient en vies humaines.


Voir en ligne : https://geostrat-watch.org/incendie...

   

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.