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SPIE CityNetworks : la CGT fait tomber la triche, la direction cherche un coupable !

vendredi 28 août 2026 par ANC

Nos camarades de SPIE viennent de remporter une belle victoire...à laquelle visiblement la direction ne veut pas se résigner.

Plus de deux ans de bataille, une cassation, une victoire devant le Tribunal judiciaire : la CGT avait raison. Et maintenant, la direction voudrait faire payer à la CGT le prix de sa propre défaite !
Chez SPIE, il y a les beaux discours :
Le « dialogue social », Le « respect des collaborateurs ». La « confiance ». La « qualité de vie au travail ».

Et puis il y a la réalité.

Une réalité que les salariés connaissent bien.
Une réalité faite de réorganisations, de pressions, de licenciements, de fermetures de sites annoncées ou pas annoncées, de salaires qui ne suivent pas et, désormais, d’une bataille judiciaire qui vient rappeler une chose essentielle : quand le droit n’est pas respecté, il faut parfois aller devant les tribunaux pour le faire respecter.
Et cette bataille, la CGT SPIE CityNetworks vient de la gagner.

Plus de deux ans à ne rien lâcher

Tout commence avec les élections professionnelles de mars 2024.
La CGT constate que ses représentants de liste ne sont pas convoqués aux opérations électorales comme le prévoyait le protocole d’accord préélectoral.
Elle conteste. La direction résiste.
Les autres organisations syndicales parties à la procédure (CFE-CGC et FO) défendent une lecture favorable à la limitation du nombre de représentants CGT. Le premier jugement, rendu par le Tribunal judiciaire de Bobigny en novembre 2024, donne raison à cette interprétation.

Fin de l’histoire ? Pas pour la CGT.

La CGT saisit la Cour de cassation.
Et le 28 janvier 2026, la Cour de cassation casse intégralement le jugement de Bobigny.
Pas un petit désaccord. Pas une simple divergence d’interprétation.
La Haute juridiction considère que la désignation par la CGT d’un représentant pour chacune de ses listes était conforme au protocole préélectoral. Elle renvoie donc l’affaire devant le Tribunal judiciaire de Paris.
Le 30 juillet 2026, nouveau jugement.
Et cette fois : VICTOIRE !

Le Tribunal judiciaire de Paris annule les élections des huit CSE d’établissement ainsi que l’élection du CSE central de SPIE CityNetworks.
Pourquoi ?
Parce que les modalités prévues par le protocole électoral devaient être respectées et que le fait de ne pas avoir convoqué les représentants CGT aux opérations de scellement et de dépouillement avait porté atteinte à la sincérité du scrutin.
Deux ans de combat. Un premier jugement perdu. Une cassation obtenue. Un renvoi. Un nouveau procès.
Et finalement :

La justice donne raison à la CGT.

Voilà le fait. Voilà la victoire.

la « tricherie » n’était donc pas de la responsabilité de la cgt

Pendant tout ce temps, certains nous expliquaient que la CGT exagérait, qu’elle cherchait des problèmes, que les autres organisations avaient accepté cette interprétation. Que la pratique passée devait servir de référence. Que tout cela n’entraînerait aucune conséquence.
La Cour de cassation puis le Tribunal judiciaire de Paris ont répondu.
Le protocole était clair. La CGT pouvait désigner ses représentants pour chacune de ses listes. Et ces représentants auraient dû pouvoir exercer leur rôle de contrôle.
Ce n’est pas la CGT qui le dit. C’est la justice.

Et c’est là que le discours de certains syndicats prend une drôle de couleur.
La CFE-CGC avait même publié en novembre 2024 un article se félicitant de la décision de Bobigny et remerciant « la Direction SPIE CityNetworks, la CFE-CGC BTP et FO » pour avoir défendu leur position contre la demande de la CGT. Aujourd’hui, la justice a finalement donné raison à la CGT.
Chacun appréciera !!
Car il ne suffit pas de se présenter comme « syndicat de salariés ». Encore faut-il savoir de quel côté on se trouve lorsque les droits syndicaux sont attaqués.

Et maintenant, la direction cherche un coupable

Mais le plus extraordinaire arrive après la victoire.

Que fait une direction confrontée à une décision de justice qui annule ses élections professionnelles ?
Assume-t-elle ? Reconnaît-elle qu’il y avait un problème ? Explique-t-elle simplement aux salariés ce que dit la décision ?
Non.

Elle cherche un responsable. Et elle l’a trouvé : la CGT.
Dans son message adressé aux milliers salariés le 5 Aout 2026, la direction explique que ses propositions auraient rencontré « l’intransigeance du syndicat à l’origine de la contestation ».
Elle affirme que la CGT n’aurait pas accepté une solution permettant d’éviter les conséquences de la décision et lui fait ainsi porter, dans l’esprit des salariés, la responsabilité de la disparition temporaire des CSE et de la suspension des activités sociales et culturelles.
Magnifique tour de passe-passe.
La justice annule les élections et au lieu de regarder pourquoi ces élections ont été annulées, on explique aux salariés que le problème, c’est celui qui a demandé que les règles soient respectées !
Il fallait oser. SPIE l’a fait.

mais le tribunal n’a jamais parlé d’« intransigeance »

Il y a pourtant un petit problème dans cette belle histoire racontée par la direction.
Le jugement ne dit pas que la CGT est « intransigeante ».
Il ne dit pas que la CGT est responsable de la disparition des CSE.
Et il ne dit pas non plus la CGT aurait refusé une solution permettant d’éviter les conséquences de l’annulation.
Ce sont les mots de la direction. Pas ceux du tribunal.
La CGT l’a donc rappelé dans une mise en demeure adressée au directeur général (https://www.cgtspiecity.com/blog) : présenter ainsi la décision judiciaire revient à mettre publiquement en cause l’organisation syndicale qui a obtenu l’annulation des élections et à dénaturer le contenu de la décision.
Et voilà le véritable problème.
Quand le patronat perd devant la justice, il est toujours tentant de chercher quelqu’un d’autre à qui présenter la facture.
Mais les travailleurs ne sont pas dupes.
La CGT n’a pas créé les règles électorales.
La CGT n’a pas rédigé un protocole qu’elle aurait ensuite refusé d’appliquer.
La CGT n’a pas rendu le jugement.
Elle a simplement utilisé un droit fondamental :
Celui de contester lorsqu’elle considère qu’un droit syndical n’est pas respecté.
Et elle a gagné.

Une petite leçon de lutte des classes````

Il y a quelque chose de profondément capitaliste dans cette façon de faire.
Quand les profits augmentent, tout va bien.
Quand SPIE annonce ses performances, le groupe explique que ses résultats sont le fruit de sa stratégie et surtout de « l’engagement » de ses salariés.
Quand tout fonctionne, le patronat adore parler du collectif.
Mais lorsqu’un salarié réclame ses droits ou lorsqu’un syndicat refuse de courber l’échine, le collectif disparaît soudain.
Il ne reste plus qu’une variable d’ajustement.
Un salarié à sanctionner. Un syndicat à attaquer. Un site à fermer. Une activité à déplacer. Et maintenant, un responsable à désigner.

Le capitalisme adore les travailleurs tant qu’ils produisent. Beaucoup moins lorsqu’ils relèvent la tête.

Et à Marseille, le même fil rouge

Cette victoire judiciaire n’est donc pas une parenthèse.
Elle s’inscrit dans une situation sociale beaucoup plus large chez SPIE CityNetworks.
Comme nous l’écrivions déjà dans Rouge Midi en mars dernier, SPIE aime afficher ses records de rentabilité, son « free cash-flow exceptionnel », ses milliards de chiffre d’affaires et sa « profonde gratitude » envers ses salariés.
Mais lorsque l’on descend du siège social vers les chantiers et les agences, le décor change.
À Marseille, les salariés ont aujourd’hui un aperçu très concret de ce que valent ces grands discours.

marseille : on dit que ça ne ferme pas… mais on prépare l’après

Le 26 mai, la direction affirme qu’il n’existe aucun projet de fermeture du centre de travaux de Marseille. Dans le même temps, des salariés sont reçus individuellement.
On leur parle de leur avenir et des rattachements vers Toulon ou Salon-de-Provence sont évoqués. Le matériel commence à être inventorié puis évacué et des activités sont transférées.
Et le 10 juin, lors d’une réunion CSE, la fermeture du centre est évoquée. Pour la direction, tout va bien. Il n’y aurait pas de fermeture.
Mais on organise quand même le départ des activités et on prépare les salariés à travailler ailleurs.
Chez SPIE, même les fermetures semblent devoir se faire sans être officiellement annoncées.

Et puis vient le 31 juillet

Le 31 juillet, lors d’entretiens individuels présentés comme devant permettre « d’échanger sur la situation professionnelle » des salariés, un autre discours apparaît.
Selon le témoignage transmis à l’Inspection du travail, il est directement annoncé que le centre de Marseille fermerait en décembre 2026 et qu’un rattachement ailleurs devrait être envisagé.
Alors, fermeture ou pas fermeture ?
Les salariés aimeraient simplement avoir une réponse. Pas un discours de communication. Pas une pirouette. Pas une formule de manager. La vérité.
Car pendant que la direction joue avec les mots, ce sont les salariés qui vivent avec l’incertitude.
UN CENTRE QUI SE VIDE, DES SALARIÉS QUI CRAQUENT
Le matériel disparaît. Les activités partent. Les salariés démissionnent. L’encadrement est difficilement visible voir invisible.
Les responsabilités sont renvoyées d’un niveau à l’autre.
Et pendant ce temps, les salariés doivent continuer à travailler comme si tout allait normalement.
Le signalement adressé à l’Inspection du travail décrit une situation de dégradation des conditions de travail, de manque d’information, de perte de visibilité sur l’avenir, de transfert des activités et de démantèlement progressif des moyens matériels.
Voilà la réalité derrière le joli mot de « réorganisation ».
Une réorganisation, pour les patrons, c’est souvent un tableau Excel.
Pour les travailleurs, c’est leur emploi, leur salaire, leur trajet, leur famille et leur avenir.

À SPIE, LE « DIALOGUE SOCIAL » A BON DOS
La CGT SPIE CityNetworks alerte depuis des mois sur la dégradation du climat social.
Salaires, Réorganisations, Fermetures de sites, Pressions, Management, Conditions de travail, Risques psychosociaux.
Le syndicat dénonçait déjà en mai 2026 des remontées faisant état de pressions, de harcèlement, d’intimidation et de comportements managériaux incompatibles avec les valeurs affichées par l’entreprise.
En juin, il alertait encore sur les réorganisations, déménagements et fermetures de sites. Le fil des publications du syndicat montre une succession d’alertes sur les salaires, l’emploi et les conditions de travail.
Et maintenant Marseille.
Toujours le même mécanisme.
On réorganise. On déplace. On retire les moyens. On demande aux salariés de s’adapter.
Et lorsqu’ils posent des questions : on leur explique qu’il n’y a pas de problème.

Le capital veut des salariés dociles. la cgt veut des travailleurs qui se défendent. La victoire obtenue devant la justice est importante. Très importante.

Parce qu’elle montre qu’une organisation syndicale peut tenir face à une direction, même lorsqu’elle se retrouve isolée.
Elle peut perdre une première bataille. Reprendre le combat. Et finalement gagner.
C’est cela aussi, le syndicalisme de classe.
Ne pas négocier ses principes contre quelques places.
Ne pas accepter qu’un droit soit transformé en faveur.
Ne pas se taire parce que la direction est mécontente.
Ne pas abandonner parce que les autres organisations ont choisi une autre voie.
Et surtout : ne jamais laisser le patron décider seul de ce qui est bon pour les travailleurs.
La direction de SPIE voudrait maintenant présenter la CGT comme responsable des conséquences de la décision de justice.
Nous lui proposons une autre lecture.
La CGT n’a pas détruit la démocratie sociale. Elle s’est battue pour la défendre.
La CGT n’a pas annulé les élections. Elle a contesté des élections dont la régularité a finalement été sanctionnée par la justice.
La CGT n’a pas supprimé les CSE. Elle a obtenu que le droit soit respecté.

Et à Marseille, la CGT ne demande pas aux salariés de croire sur parole.
Elle demande des faits, des informations, des droits, des garanties. Et surtout, que les travailleurs puissent décider collectivement de leur avenir.

La lutte n’est pas terminée

SPIE peut multiplier les communiqués et chercher des responsables, parler de « dialogue social », afficher des valeurs magnifiques sur ses plaquettes.
Mais les travailleurs regardent ce qui se passe réellement.
À Marseille, ils voient leur centre se vider, les activités partir, le matériel disparaitre et leurs collègues partir.

Ils ont aussi vu la justice donner raison à la CGT après plus de deux années de combat.
Alors une question demeure.
Qui faut-il croire ?
Les communiqués de la direction ? Ou les faits ?
Chez SPIE, une chose vient en tout cas d’être démontrée :
Quand les travailleurs s’organisent, quand ils ne lâchent rien et quand ils utilisent tous les moyens à leur disposition, même une grande entreprise capitaliste peut être contrainte de rendre des comptes.
La victoire judiciaire de la CGT est une victoire pour la liberté syndicale.
La bataille de Marseille est une bataille pour l’emploi.
Et derrière ces deux combats, c’est toujours la même lutte :
Celle du travail contre le capital.
Celle de ceux qui produisent les richesses contre ceux qui veulent décider seuls de leur répartition.
Celle de l’organisation collective contre la résignation.
Alors oui, chez SPIE, la direction cherche un responsable. Qu’elle commence peut-être par regarder dans le miroir.

La CGT, elle, regarde vers les travailleurs.
Et la lutte continue.

L’ANC pour sa part, continuera à soutenir cette lutte, pas uniquement en regardant les comptes-rendus ou les articles de presse, mais en étant à leur côté, dans les manifs, les initiatives et les piquets de grève comme nous l’avons toujours fait, en ayant en tête le slogan, nous travaillons, nous produisons, nous décidons !


Voir en ligne : https://rougemidi.org/spip.php?arti...

   

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