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J’ai parcouru le Xinjiang pendant six semaines : voilà ce que j’ai vu
dimanche 30 août 2026 par Arnaud Bertrand
Voyage au Xinjiang : une famille en camping-car traverse une région de montagnes, de lacs, de déserts et de villes-oasis, au milieu de scènes de vie locale.
Il existe dans le monde des endroits dont tout le monde connaît le nom et sur lesquels chacun a une opinion, mais où presque personne n’est allé. Parfois, c’est pour des raisons positives (pensez au Bhoutan), parfois non.
Le Xinjiang appartient malheureusement à cette seconde catégorie : allez dans n’importe quel pays occidental et demandez au premier passant ce qu’il associe au Xinjiang ; sa réponse sera presque étrangement uniforme : camps de concentration, travail forcé et génocide.
J’ai assez voyagé dans ma vie pour avoir appris une chose : les opinions extrêmes — qu’elles soient positives ou négatives — sur des lieux lointains résistent rarement au contact avec la réalité du terrain. Et c’est d’autant plus vrai pour les endroits que peu de gens ont visités.
C’est logique : ce sont précisément les lieux où les affirmations les plus extravagantes rencontrent le moins de résistance, puisqu’il n’existe tout simplement pas de masse accumulée d’expériences ordinaires de première main pour leur opposer un démenti.
Je sais aussi, bien sûr, que l’Occident a une forte tendance à fabriquer des récits sur ses adversaires géopolitiques, comme la Chine.
Donc, lorsqu’on combine les deux — un endroit que presque aucun étranger ne visite et qui, de surcroît, se trouve en Chine — je m’attendais pleinement à un large fossé entre le récit dominant et ce que j’allais réellement découvrir. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est que ce fossé soit aussi immense.
| Ce récit constitue : * une confirmation magistrale du bien-fondé des ouvrages suivants : – Maxime Vivas , Ouïghours, pour en finir avec les fake news (La Route de la Soie, 2020), – Albert Ettinger, La Chine : un ennemi fabriqué par la propagande ? , Chapitre 1 (La Route de la Soie, 2024), – Elisabeth Martens, Des Ouïghours sur la route de la soie (Delga, 2025), * un démenti cinglant de toutes les accusations fausses portées contre la Chine à propos des Ouïghours – largement répercutées dans les journaux (Libé, L’Obs, etc., etc.), – utilisées pour se faire gonfler par des politiciens comme, par exemple, le Belge Samuel Cogolati ou le Français Raphaël Glucksmann, – et même "authentifiées" par des ONG, soi-disant indépendantes (Amnesty International, Human Rights Watch)... Bonne lecture ! André Lacroix |
Avant de me rendre au Xinjiang, je m’étais fixé quelques exigences afin d’essayer de comprendre l’endroit aussi bien que possible :
Je voulais y passer beaucoup de temps — la région est si vaste qu’on ne peut même pas commencer à la comprendre si l’on n’y reste que quelques jours.
Je voulais en voir une grande partie, car je comprenais que la situation pouvait varier considérablement entre, par exemple, des villes prospères comme Urumqi et les campagnes profondes.
Je voulais voyager de manière entièrement libre, à mes propres conditions — pas, par exemple, dans le cadre d’un circuit guidé par le gouvernement chinois (comme le font une très grande proportion des rares étrangers qui visitent cet endroit, bien qu’ils n’y soient pas obligés).
Je voulais aller dans des lieux totalement hors des sentiers battus, où les touristes ne vont jamais.
Je voulais rencontrer et parler avec autant d’habitants que possible, issus des milieux les plus divers.
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