Le Manifeste

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De la guerre par procuration dans l’impérialisme contemporain

mardi 29 avril 2025 par Francis Arzalier (URC)

Tout électeurs sait ce qu’est une procuration, un mandat par lequel il peut confier à un concitoyen en qui il a confiance le soin d’aller voter pour lui s’il en est empêché. Ce système de délégation de pouvoir est très pratiqué dans les « milieux d’affaires », et assure au Capitalisme un fonctionnement élargi bien au-delà des détenteurs du Capital.

Mais ce qu’on oublie parfois de souligner, c’est qu’il assure aussi le fonctionnement actuel de la géopolitique mondiale, les relations convergentes ou conflictuelles entre Puissances économiques et étatiques, en un mot, la bonne marche de ces mécanismes impérialistes qui fondent depuis deux siècles au moins les règles de fonctionnement d’un monde d’inégalités entre les peuples, d’exploitation des uns et d’accumulation pour les autres.

Les exemples fourmillent au fil des siècles écoulés, prouvant à quel point l’Impérialisme et ses modalités de prédation fonctionnent très souvent grâce à un réseau serré « d’alliances » vassales, relevant de la procuration rétribuée, au profit des Maîtres du système impérialiste mondial.

Ils sont bien trop nombreux pour les aborder tous en un article, il faut s’en tenir à quelques données d’évidence, relatives à cet Impérialisme majeur que sont l’État capitaliste des États Unis d’Amérique depuis l’aube du Vingtième siècle.

Profitant des ressources d’un vaste continent, et plus encore d’une main d’œuvre abondante et peu rétribuée de migrants chassés d’Europe par la misère et les persécutions, le Capitalisme Étatsunien avait fait des progrès industriels et financiers fulgurants dès les dernières décennies du Dix-neuvième siècle. Au point de se proclamer le maître impérialiste de toute l’Amérique au détriment des anciens colonisateurs européens, par la voix de leur Président Théodore Roosevelt dès 1901.

Mais ce fut le premier conflit mondial de 1914 à 1918 opposant entre eux les États impérialistes européens qui lui a permis d’accéder au rôle de leader mondial de l’Impérialisme. Non que ce grand pays y ait joué un rôle militaire essentiel, puisqu’il n’a choisi son camp, France et Royaume Uni qu’en1917, quand les puissances centrales (Empires d’Allemagne et d’Autriche ) se révélaient les futurs perdants du conflit. Durant les années précédentes, les USA avaient financé les deux belligérants, en retirant de gros profits financiers pendant que France, Allemagne, Angleterre, perdaient des millions d’hommes dans les combats qui ravageaient leurs territoires.

Dès 1918, les conditions de paix (Traité de Versailles) faisaient des USA la première puissance mondiale, financière et politique, au détriment des anciennes métropoles coloniales endettées et détruites, non seulement l’Allemagne, mais aussi la France et le Royaume Uni vassalisés par l’Impérialisme États-unien.

Une victoire avec la peau des autres, essentiellement.

D’autant qu’elle sera confirmée, mondialisée par le Second conflit mondial, dont les USA ne furent participants militairement qu’à partir de 1941. Et pour donner suite à l’agression japonaise. Quant à la défaite de l’Allemagne nazie et ses alliés, elle fut d’abord la résultante des vingt millions de morts soviétiques, plus que des Gis du débarquement que la légende idéologique occidentale a transformés en vainqueurs de 1944-45, alors qu’ils ne furent en fait envoyés en Europe occidentale que pour stopper l’avancée de l’Armée Rouge et du Communisme.
Encore une grande victoire essentiellement acquise par procuration.

Cette constante de l’histoire de l’Impérialisme États-unien s’est poursuivie durant la deuxième moitié du siècle 20 : les USA se sont efforcés de repousser le Communisme et les revendications nationales, en entraînant dans « leurs guerres » (Corée, Indochine, Afghanistan) leurs alliés-vassaux occidentaux fournissant la chair à canon. Car, tout au long de ces décennies de « Guerre froide », les soldats US n’ont jamais brillé par leur efficience militaire, cumulant même les défaites humiliantes quand ils finissaient par se retrouver seuls, face au peuple vietnamien d’abord, puis à celui d’Afghanistan. Les lourdes pertes de l’armée Étatsunienne sur les théâtres extérieurs (de Saigon à Bagdad, et à Mogadiscio) renforça d’ailleurs la volonté des dirigeants US d’organiser des guerres avec la peau des autres, et le soutien financier de ses alliés-vassaux.

L’exemple contemporain le plus évident de cette stratégie belliciste par délégation est l’invasion de l’Irak, à laquelle refusa pour une fois de se joindre la France de Villepin, avant ses aplatissements successifs au service de l’Impérialisme mondialisé, en Lybie, en Syrie ,puis en Ukraine.

Et, s’il en fallait une illustration supplémentaire, quel meilleur exemple des volontés étatsuniennes par procuration que les guerres d’annexion successives d’un État d’Israël Sioniste, fabriqué en puissance économique et militaire par Washington, pour être le gendarme de l’Impérialisme au Moyen-Orient, en lui octroyant pour cela le droit d’exproprier et de « génocider » les Palestiniens, en attendant une guerre annoncée pour soumettre l’Iran ?

L’implosion d’un système ?

2025, marque en effet un tournant dans ce monde où règne l’Impérialisme. Pas seulement parce que le nouveau (?) titulaire de la Maison Blanche veut se démarquer à tout va de ses prédécesseurs qui auraient, selon lui, rompu avec le dogme impérialiste « AMÉRICAIN GREAT AGAIN ». En fait, il y a plus de continuités entre Reagan, Bush, Biden et leur successeur actuel que de différence. La brutalité du langage n’est que le nouvel habit de l’Impérialisme à prétentions mondiales.

Mais ce qui est vraiment nouveau en ce début du siècle XXI, est la mise en cause de cette hégémonie mondiale de l’Empire qui se dit Américain, et n’est en fait que Yankee ou Gringo, par la quasi-totalité des autres peuples de la Terre et leurs gouvernements. La croissance inexorable de la Chine socialiste, l’expulsion des armées des puissances impérialistes d’Afrique, et l’élargissement des BRICS rejetant la domination du dollar en sont la preuve. Et cette émergence d’un Grand Sud rétif, si elle inclut bien des contradictions, est d’autant plus évidente qu’elle contamine parfois des vassaux historiques des USA, comme l’Arabie Saoudite, où la Turquie, qui restent des États prédateurs à l’échelle régionale.

Ou l’aggravation des risques de guerre mondiale ?

Les foucades de Trump en sont la conséquence autant que le reflet de ses promesses électorales. C’est le cas à propos de la paix promise en Ukraine, notamment à ses électeurs qui trouvent que l’Oncle Sam dépense trop à l’étranger, et qu’il souhaite récupérer l’argent dépensé quitte à faire un deal avec la Russie. Et si pour cela, il faut dévoiler sans fioritures le mépris dans lequel on tient les vassaux Ukrainiens et européens, Trump le fait aux yeux du monde entier. Cela ne fait qu’exprimer crûment la réalité, Zelenski et autres Macron ne sont que délégataires, bellicistes par procuration.

Au lieu d’en tirer les conséquences logiques en se retirant au plus vite de ce bourbier sanglant d’Ukraine, ces dirigeants de l’UE en profitent pour tenter de justifier aux yeux de leurs opinions la croissance d’une économie de guerre contre l’ennemi russe, donc d’une économie de pénurie sociale pour les travailleurs, et de profits sur les industries de la mort pour les Capitalistes.

Et notamment en France, où la mégalomanie belliciste du Président Macron, avec l’assentiment des différents porte-paroles de la Bourgeoisie, jette de temps à autre de l’huile sur le feu guerrier qui couve à l’horizon mondial.

Seule issue : faire de notre mieux grandir la haine de la guerre et des bellicistes, quels qu’ils soient, pour faire grandir la prise de conscience anti-impérialiste, trop faible jusqu’ici en France.

Signez notre pétition : Foutez-nous la paix : les 1500 signatures dépassées
   

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