Le Manifeste

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Que signifie pour nous le passage d’un pape à un autre ? Quel rôle joue en 2025 le catholicisme en France ?

vendredi 9 mai 2025 par Francis Arzalier (URC)

Il y a deux millénaires environ, s’est nouée l’alliance politique entre l’Église Catholique et la Monarchie Capétienne de la France.Depuis le Roi Clovis, les prêtres ont assuré la soumission à l’ordre social, présentée comme émanant des volontés divines, et aux dominations politiques qui en découlent, monarchiques, seigneuriales, etc.un soutien idéologique sans failles, aggravé de temps à autres de répressions féroces au nom delà foi catholique, Croisade contre les Cathares d’Occitanie au 13éme siècle, contre les supposées sorcières médiévales, contre les protestants au début du 18éme siècle ( guerre contre les Camisards des Cévennes ).

Un catholicisme « opium du peuple » Pour une France « fille aînée de l’église »

Il a fallu l’ébranlement social de la Révolution de 1789-94 pour effriter cette séculaire alliance du Trône et de l’Autel, en supprimant le statut de religion d’État du Catholicisme, et cet héritage s’est concrétisé par la laïcité de l’État proclamée par la République bourgeoise en 1905. Mais cela n’a pas empêché la religion catholique de peser sur les esprits des croyants, surtout dans les régions restées longtemps massivement rurales, au profit du conservatisme social et politique. Dans la décennie 1980 encore, les historiens-sociologues publiaient des cartes comparées de la France, montrant que les zones à forte pratique religieuse catholique (densité de « pascalisants » ) étaient aussi celles où dominait l’électorat de Droite, alors que celles ouvrières, industrialisées, comme le Nord, plus déchristianisées, votaient majoritairement pour la Gauche socialiste et communiste.

Mais la France de la fin du XXème siècle et le début du suivant a subi de profondes mutations socio- économiques (délocalisations industrielles et démantèlement de la classe ouvrière), accompagnées d’un véritable basculement idéologique.
Une véritable contre-révolution idéologique d’inspiration libérale s’est répandue dans l’opinion française, couplée à une chute massive des pratiques catholiques, notamment dans les régions où ont disparu les trois quarts des agriculteurs, comme la Lozère granitique (Margeride).

La concordance cartographique signalée plus haut entre votes de Droite et catholicisme n’est plus une réalité française ; la Margeride manque de prêtres d’origine locale, alors qu’elle en exportait en 1960 de l’Afrique à l’Ile de France, et elle vote aujourd’hui pour un candidat de gauche ou du RN, que l’Église catholique y combattait avec vigueur il y a 30 ans.

Dans la société française presque déchristianisée d’aujourd’hui, bien au-delà de la classe ouvrière du XXème siècle, les dogmes et pratiques catholiques n’ont plus guère d’efficacité idéologique. Les Pouvoirs économiques, sociaux, politiques de la bourgeoisie française n’y recourent plus guère pour garantir leur domination idéologique, qui est pourtant aussi réel ou même mieux assurée qu’aux temps de la monarchie médiévale.

Ces remparts protecteurs actuels des Pouvoirs de la bourgeoisie sont multiples et relèvent souvent de la manipulation des concepts. Ils permettent de détourner les mécontentements sociaux vers des boucs émissaires, qui peuvent être, une « ethnie », culturels, ou de genre.

Dérivatifs racistes plutôt que « Catholicisme opium du peuple »

L’un des plus anciennes et des plus efficaces de ces idéologies de diversion, dans une Nation française construite depuis des siècles par les conquêtes coloniales et les migrations régionales puis internationales, est le racisme xénophobe, dont les victimes varient suivant le contexte, mais qui demeure au 21ème siècle tout aussi prégnant qu’aux temps anciens du trône et de l’autel.

Son expression la plus virulente en France dans la première moitié du siècle 20 fut l’antisémitisme, de l’affaire Dreyfus aux lois anti-juives de Vichy, parallèlement alors au mépris des peuples colonisés. La haine des migrants africains et arabes, souvent exprimée en haine de l’Islam, en est devenue la version dominante à la charnière des siècles 20 et 21.

Dans tous ces cas, l’objectif est identique !

Fournir de faux coupables aux maux des prolétaires, les détourner de la lutte des classes, vers le RN ou la Droite de Retailleau, par exemple aujourd’hui, et protéger grâce à la manipulation médiatique des esprits les Pouvoirs de la Bourgeoisie capitaliste. En ce sens, les phrases du Socialiste Jules Guesde qui introduisit le marxisme en France il y a plus de 130 ans sont parfaitement actuelles : Il suffit d’y remplacer l’antisémitisme de 1892 par le racisme distillé quotidiennement sur les chaînes télévisées de grande écoute, à l’encontre de ceux supposés « Arabes » ou leurs descendants des quartiers pauvres : la religion musulmane est volontiers assimilée à ses marges intégristes (comme si le port du voile n’était pas d’abord une façon d’affirmer une identité souvent méprisée).

« Le cléricalisme, voilà l’ennemi, clamait Gambetta, aux applaudissements de la bourgeoisie, heureuse de détourner sur l’Église le flot montant des colères ouvrières.

« Le Juif, voilà l’ennemi », formule des marchands de parole plus ou moins libre, sort du même sac à malices bourgeoises. Il s’agit de sauver l’exploitation capitaliste en amusant les travailleurs avec les youtres, comme on dit, devenus les boucs émissaires des péchés - ou des vols - de l’Israël patronal. Quel répit pour la société actuelle si, au lieu de se poursuivre entre dépossédés et possédants pour l’expropriation de ces derniers, la lutte pouvait être déplacée, limitée entre « sans prépuce et avec prépuce. » (Article de Guesde paru dans « le Socialiste », journal du POF, le 26 juin 1892).

Une analyse fort lucide, du même Guesde, qui, vingt ans plus tard, jettera fâcheusement par-dessus bord toutes ses certitudes marxistes, pour devenir ministre du gouvernement belliciste et « d’Union Sacrée » français de 1914 ! Un naufrage idéologique qui entraînait alors presque tous les leaders de l’Internationale socialiste, jusqu’à la renaissance du Congrès de Tours en 1920, inspiré de l’exemple Bolchevik russe

Laïcisation de la bourgeoisie française contemporaine ?

Les symptômes sont évidents de cette mutation française depuis le siècle dernier. Les bourgeois possédants et dirigeants de notre pays ne vont plus guère à la messe du dimanche. Les organisations catholiques étaient encore dominantes sous la IVème République, avec le parti MRP, qui a disparu au profit d’abord du Gaullisme, puis des diverses Droites. Et le syndicat CFTC est devenu depuis la CFDT qui se proclame laïque. Même si la chaîne C News sait flatter encore les groupuscules d’intégristes catholiques, par l’entremise de Philippe de Villiers, l’héritier direct des fanatiques contre-révolutionnaires Vendéens, qui y vitupère « le Pape cosmopolite ».

Mais ce discours, si enflammé soit-il, est minoritaire. Le pilonnage idéologique libéral dans la sphère médiatique n’utilise plus guère la religion comme argument de diversion, préférant la démagogie wokiste, substituant la guerre des sexes à la lutte des classes, et s’offrant même souvent le luxe d’arguments « féministes » surtout contre « l’Islam qui voile les femmes », condamné au nom du laïcisme.

La dernière tentative en France d’utiliser les tabous nés de la morale catholique fut en 2023 la « Manif pour tous » contre le projet de loi légalisant le mariage homosexuel, et se conclut par un échec pour ses initiateurs.
On y a même ces derniers mois entendus fleurir d’acerbes critiques contre les hiérarchies catholiques, accusées d’avoir couvert des abus sexuels pratiqués dans les écoles qu’elles contrôlent, comme Betharam, et de le faire encore.

L’exemple le plus évident de ce récent anticléricalisme médiatique est le flot depuis un an de dénonciations de l’Abbé Pierre.

Ce personnage contradictoire, qui avait été résistant antinazi quand la majorité du clergé français collaborait avec les occupants allemands avec Pétain, fut député du MRP organisateur des guerres coloniales, mais eut le courage de s’indigner des sans-abris morts de froid dans les rues de France durant l’hiver 54 : l’Église et la Bourgeoisie en firent alors un Saint médiatisé, incarnant les vertus supposées de la charité catholique. Soixante-dix ans plus tard, la même Bourgeoisie dirigeante en a fait grâce aux médias de grande écoute un monstre sexuel, allant même jusqu’à découvrir quelques paroles antisémites qui auraient été prononcées par lui dans sa jeunesse, durant laquelle la majorité des Français, notamment les catholiques, pratiquaient indéniablement ce rejet des Juifs.

Cette descente aux enfers médiatisée de la mémoire de l’Abbé Pierre, régulèrement accompagnée d’accusations contre une hiérarchie ecclésiale « qui savait, mais n’a rien dit », s’est doublée d’attaques constantes contre les brutalités et les abus sexuels à la prestigieuse écoles catholique de Betharam, grâce à « l’omerta coupable de l’establishment clérical ».

Dans ce corpus idéologico-médiatique contemporain de détournement des responsabilités, le catholicisme devient parfois la cible.
Voire le bouc émissaire, comme l’Islam dénoncé au nom d’un laïcisme intransigeant, même si les discours continuels contre l’Islam sont évidemment les plus envahissantes dans notre pays aujourd’hui, au point qu’ils ont abouti au crime odieux dans la mosquée de la Grand Combe en cette fin avril 2025. En ce sens, ne nous y trompons pas : les criminels qui nourrissent ces crimes ne sont pas seulement des politiciens de la Droite comme Retailleau, mais peuplent les « débats » fabriqués des chaînes de grande écoute, CNews, France Info, etc.

Remarquons au passage que ce « glissement idéologique » de l’idéologie bourgeoise, utilisant autrefois les pratiques religieuses comme « opium du peuple », aux attaques antireligieuses aujourd’hui, est caractéristique d’une société française largement déchristianisée. On ne retrouve pas le même phénomène dans la plupart des autres pays occidentaux, aux USA profondément marqués par les mythes chrétiens ou juifs par exemple. Et même la Russie nationaliste post-soviétique ne répugne pas à utiliser la religion orthodoxe en support du pouvoir politique, comme l’a montré « la trêve » décrétée par Poutine pour la Pâque.

La mort du pape François comme révélateur ?

Évidemment, la mort attendue du Pape François en cette fin avril 2025 a changé la donne, notamment médiatique, en déclenchant un véritable raz de marée informatif répondant à l’émotion d’une majorité de simples citoyens, étrangers à peu près aux dogmes et aux pratiques catholiques, comme le montre l’effondrement du nombre de baptêmes en France, mais attirés par ce personnage ambivalent, plus proches des misérables de Naples et des migrants de Lampedusa que des puissants. Ils n’ont pas manqué de remarquer ses accents « populaires » voire « populistes », lors de sa venue à Marseille et Ajaccio, et son refus parallèlement de venir cautionner la cérémonie d’autocélébration organisée par le Président Macron à Notre Dame.

Cette empathie diffuse pour un Pape François ( « référence à François d’Assise, » Il Poveretto », créateur des » Ordres mendiants » pour se différencier des chefs vivant dans le luxe et les privilèges sociaux, et non à la France, comme le croient la plupart des auditeurs), explique l’inflation médiatique en France.

Un tsunami médiatique « d’émotion papale » qui n’a pas empêché les mêmes chaînes d’info télévisées de continuer à reprendre parallèlement les thèmes antérieurs, en dénonçant « le silence de la hiérarchie catholique » face aux turpitudes découvertes dans des écoles catholiques, par exemple à Oullins en région lyonnaise le 24 avril, le jour même où un élève perturbé de 15 ans tuait une gamine de son âge à coups de couteau, dans son lycée catholique de la banlieue nantaise ….

Mais au-delà de l’émotion consensuelle, le décès du Pape François, qui se voulait proche des migrants plus que des prélats de la Curie vaticane, qu’il accusait porteuse de « dizaines de péchés d’orgueil et de lucre », et l’élection par les Cardinaux de son successeur, est un événement à ne pas sous-estimer sur les plans idéologique et géopolitique.

Le Pape François avait affirmé sans ambages à plusieurs reprises sa condamnation des crimes de guerre commis à Gaza avec l’assentiment de l’Occident. Pire encore aux yeux des dirigeants de l’Impérialisme, il a organisé des négociations feutrées d’ordre religieux et humanitaire avec l’ennemi russe, alors que la guerre faisait rage grâce à leurs fournitures d’armes en Ukraine. Et outrage suprême pour les USA et l’OTAN, François a conclu un accord discret avec l’ogre Chinois, pour en finir avec la division des catholiques de Chine en deux obédiences rivales, l’église nationale soumise à l’État national lié au PCC, et celle soumise au seul Vatican, héritée de la Guerre Froide.

En fait, ne nous méprenons pas, le Pape argentin François n’avait rien d’un leader révolutionnaire à la Che Guevara. Ce n’est pas la vocation du catholicisme, même si certains journalistes simplificateurs le prétendent parfois au détriment de la vérité historique. Car dès son expansion dans l’espace Romain antique, il ne fut pas la « doctrine de libération des esclaves », mais une mutation idéologique portée par les propriétaires d’esclaves, et une mutation socio-économique de l’esclavage au servage médiéval.

L’Église au sens large du terme, clergé et croyants, a toujours été traversée par les luttes de classe et les conflits idéologiques internes, même s’ils sont souvent travestis en débats théologiques et cultuels. Mais rien n’empêche un croyant, quels que soient ses dogmes, de participer à la lutte pour l’égalité entre les hommes et les peuples.

Certes, certains d’entre-nous ne partagent pas leur foi. Mais nos aspirations à un monde plus juste et de paix peuvent se rejoindre. Haine ou mépris d’une foi religieuse quelconque sont tout aussi néfastes que les racismes en divisant les prolétaires qui n’ont que leur travail pour vivre.

De toute façon, même les plus étroitement rationalistes parmi nous ne peuvent ignorer que l’aliénation des esprits prend aujourd’hui des visages très divers : quand des milliers de jeunes gens se répandent en aux Champs Élysées et y cassent à l’occasion quelques vitrines et véhicules, en hurlant leur joie parce que des mercenaires achetés à prix d’or par une entreprise capitaliste de sport-spectacle y ont gagné une demi-finale de Coupe, l’aliénation est-elle moindre que celle qui entourait les apparitions de la Vierge ?

François a bien été le premier Pape catholique issu du « Sud global », dans sa diversité, qui en ce Vingt et Unième siècle se détache peu à peu de la domination de l’impérialisme des USA et de l’Europe capitaliste. Mutation historique de la Papauté qui entérine le fait qu’en 2025, 80 pour-cent des pratiquants de la foi catholique ne vivent plus dans les anciennes métropoles coloniales, mais en Afrique, Amérique latine ou Asie.

Quel pape après François ?

La mort d’un Pape, chef spirituel d’un milliard, 345 millions de femmes et d’hommes baptisés en 2021 ( selon l’annuaire officiel du Vatican ), et le choix de son successeur, doit d’autant moins laisser indifférents les militants anticapitalistes et anti-impérialistes que nous voulons être, qu’ils auront des conséquences idéologiques et géopolitiques importantes.

Aux termes mêmes des écrits de Marx et ses disciples, leur croyance religieuse n’interdit nullement aux prolétaires, « créatures souffrantes », qui la partagent, de participer aux luttes de libération sociales et politiques pour le Socialisme et la Paix. Rejeter les prolétaires Croyants quelle que soit leur foi vers le camp des exploiteurs au nom d’un athéisme sectaire au lieu de comprendre leurs aspirations à l’égalité entre les hommes et les peuples, n’a rien de commun avec l’idéal communiste.

Le catholicisme est une religion millénaire pratiquée dans des dizaines de nations. Mais de plus, à la différence de l’Islam ou du Bouddhisme, elle est centralisée du fait de son histoire autour d’un Pape, monarque élu par les Cardinaux précédemment nommés par les Pontifes successifs. Il est le chef d’un État réduit en superficie, mais qui dispose de moyens financiers et d’un patrimoine non négligeable, et surtout d’une diplomatie efficace et de leviers politiques actifs.

Faut-il le rappeler ? En 1937, le Pape Pie XII a béni les troupes envoyées par Mussolini contre le gouvernement élu de Front Populaire d’Espagne, ce qui fut décisif pour donner la victoire aux Fascistes de Franco contre la République.

Un demi-siècle plus tard, le pape polonais Jean-Paul II, né Karol Woytila, a été l’un des artisans majeurs de l’effondrement progressif du régime socialiste dans son pays entre 1980 et 90, première étape de la crise générale du « Camp socialiste »de l’Est-européen.

Tous les chefs d’État qui se précipitent aux obsèques de François, y compris ceux comme Trump et d’autres, qui ne supportaient pas ses critiques plus ou moins acerbes, ont déjà entamé les grandes manœuvres en vue de peser sur le choix de son successeur.
Elles se doublent de celles entre Cardinaux, profondément divisés selon des clivages majeurs, et opaques, qui ne sont pas que religieux ou moraux, mais aussi politiques et géostratégiques.

Le conclave s’est ouvert le 7 mai, et en deux jours, a choisi un nouveau Pontife. En réunissant 133 cardinaux venus de plus de 70 pays différents, nommés à 80 pour cent par le Pape François. Celui-ci a été élu par plus de deux tiers des cardinaux, et son nom a surpris beaucoup d’observateurs prétendument experts, qui n’en faisaient pas un « Papabile ». Au soir du 9 mai, on pouvait donc se demander d’où sortait cet inconnu, et que signifiait ce choix. Dès les premières heures, sa proclamation s’entourait de nombreux indices, malheureusement contradictoires.

Qu’espérer du nouveau pape ?

Le nouveau Pape a pris le nom de Léon XIV, en référence à Leon XIII, qui gouverna l’Église durant un quart de siècle de 1878 à190. Ce « Pape de la modernité » publia en 1891 l’encyclique «  Rerum Novarum  », sorte de Charte de la « doctrine sociale de l’Église » qui initia la rupture progressive au Vingtième siècle entre Catholicisme et Droites monarchistes conservatrices et réactionnaires.

Cette référence par le nom choisi marque sa fidélité à l’œuvre entamée par son prédécesseur de construction d’une Église synodale, plus représentative des fidèles de chaque pays et de leurs évêques que de la Curie Romaine. Rien d’étonnant : Celui devenu le Pape Léon XIV n’avait-il pas été choisi par François pour veiller aux nominations d’évêques ?

Léon XIV était avant son élection évêque de Chicago, où il est né d’une famille d’immigrés d’origine française (son patronyme le rappelle) et hispaniques. Ce qui a permis au chef de l’Impérialisme mondial Trump de se féliciter d’emblée du choix d’un Étatsunien comme s’il s’agissait d’une victoire de ses thèses racistes anti-migrants. Et la plupart des journalistes des télévisions françaises ont embrayé servilement en répétant que Léon XIV était « le premier Pape Américain », comme si l’Argentin François n’était pas lui aussi originaire du continent américain, réduit absurdement par eux aux seuls USA ! D’autant que le nouveau Pape a officié de longues années au Pérou, et a tenu à rappeler ses liens avec ce pays dès son intronisation.

En fait, le quotidien italien de Droite La Républica semble plus lucide en définissant Léon XIV « le moins Américain des Américains »

Autre indice révélé par le nouveau Pontife, il a rappelé être un religieux de l’Ordre des Augustins, et sa fidélité à ce Père fondateur nord-africain du Catholicisme que fut Saint Augustin au déclin de l’Empire Romain. On peut en augurer une personnalité plus préoccupée de questions dogmatiques que le fut François, mais cela ne contredit en rien ses liens avec un Sud global, qui tend à devenir l’horizon de l’Église plus que l’Occident.

Bien sûr, tous ces indices ne débouchent que sur des hypothèses que confirmeront ou infirmeront les décisions futures de Léon XIV.
Nous ne pouvons en tout cas que nous féliciter que sa première déclaration soit un appel à la Paix mondiale, dans le tumulte guerrier généré aujourd’hui par l’Impérialisme.

   

Messages

  • 1. Que signifie pour nous le passage d’un pape à un autre ? Quel rôle joue en 2025 le catholicisme en France ?
    10 mai 2025, 07:02 - par ANC


    Quelques remarques sur ce texte riche et dense qui apporte beaucoup d’éléments
     Sur l’abbé Pierre comme pour Bétharam si la bourgeoisie, comme l’église savaient, elles sont coupables de leur silence antérieur. Pour ma part je vois dans la médiatisation aujourd’hui de ces affaires une prise de conscience de l’évolution des mentalités qui oblige le pouvoir et les médias à en tenir compte et la forte parole des victimes ne peut plus être ignorée. C’est quand même un acquis des luttes contre les violences faites aux femmes. En revanche je me suis fait la même observation sur les propos sur les juifs de même qu’aujourd’hui des propos d’hommes publics sur les noirs ne passeraient plus...En revanche pour les musulmans et les arabes ça passe bien...
     De même sur la question de Bétharam comme celle d’autres établissements scolaires la question de la lutte des parents, des enseignants et aussi des soignants a fait aussi avancer sur les questions pédagogiques et du respect des enfants (sans tomber dans certains excès auxquels on assiste aujourd’hui !). Cela mérite d’être souligné.
     Sur la laïcisation de la bourgeoisie il y a ces derniers temps une tentative chez certains pas forcément classés extrême droite de revenir à une France chrétienne (propos d’une ministre, de journalistes...). Réflexions isolées ou nostalgie de la classe dominante ? A débattre...

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