Le Manifeste

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Souverainetés nationales et divergence des populismes

dimanche 11 mai 2025 par Emmanuel Todd

L’Allemagne a le choix entre la paix et la guerre, entre un bon et un mauvais choix. En tant qu’historien, je n’ai pas le souvenir d’une l’Allemagne faisant parfois le bon choix.

[…]L’expérience de ce premier livre et de l’effondrement du communisme m’a rendu prudent. Bien entendu ma prédiction était correcte, j’étais très sûr de moi : la hausse de la mortalité infantile est un indicateur très très sûr. Mais ensuite, quand 15 ans après environ le système soviétique s’est effondré, je dois admettre avec humilité que je n’ai pas bien compris ce qui se passait. Jamais je n’aurais imaginé les effets dans l’ensemble de la sphère soviétique de cette dislocation. L’adaptation facile des anciennes démocraties populaires ne m’a pas tellement surpris. Dans mon livre, La Chute Finale, je notais les énormes décalages de dynamisme qui existaient entre la Hongrie, la Pologne, la Tchécoslovaquie, par exemple, et l’Union soviétique proprement dite.

Mais l’effondrement de la Russie dans les années 1990 est quelque chose que je n’aurais jamais anticipé. La raison fondamentale de cette incapacité à comprendre ou à anticiper la dislocation de la Russie elle-même, c’est que je n’avais pas compris que le communisme n’était pas simplement une organisation économique pour la Russie mais aussi une sorte de religion. C’était la croyance qui permettait au système d’exister et bien entendu sa dissolution a représenté quelque chose d’au moins aussi grave que la dislocation du système économique.

Tout ça a un rapport avec le présent. Je vais parler de deux choses dans mon exposé. Je vais parler de la défaite de l’Occident, une chose assez technique, pas très difficile et qui ne m’a pas surpris, que j’ai anticipé et qui a déjà lieu d’une certaine manière en Ukraine. Mais nous sommes maintenant dans la phase suivante qui est celle de la dislocation de l’Occident et je dois dire que, comme pour la dislocation du communisme, du système soviétique, je suis tout à fait incapable de comprendre complètement ce qui se passe.

L’attitude fondamentale que nous devons avoir maintenant est une attitude, je dirais, d’humilité. Tout ce qui se passe, en particulier depuis l’élection de Donald Trump, me surprend.

La violence avec laquelle Donald Trump s’est retourné contre ses alliés ou sujets ukrainiens et européens est pour moi une surprise. La volonté des Européens de continuer la guerre ou de reprendre la guerre, (alors que l’Europe est certainement la région du monde qui aurait le plus intérêt à la paix) est aussi pour moi aussi une immense surprise. Il faut partir de ces surprises pour réfléchir sur ce qui se passe.

Je vais d’abord expliquer à quel point la défaite de l’Occident n’a jamais été pour moi un problème, et j’essayerai ensuite de dire mes doutes et d’émettre quelques hypothèses. Mais je vous prie d’excuser mon absence de certitudes au stade actuel. Se présenter comme certain de ce qui va se passer serait, tout simplement, un signe de folie mégalomane.

On a parlé de moi comme chercheur (dans la présentation), et je voudrais dire quel genre de personne je suis intellectuellement : je ne suis pas un idéologue. J’ai des idées politiques, je suis un libéral de gauche, ça n’a aucune importance, ça n’est pas le sujet. Je suis ici en tant qu’historien, en tant que prospectiviste, en tant que personne qui cherche à comprendre ce qui se passe. Je pense être capable, ou j’essaie d’être capable, de déceler des tendances historiques même si ces tendances me déplaisent. J’essaie d’être « extérieur » à l’histoire, ça n’est jamais complètement possible, mais c’est ce que j’essaie de faire.

Je vais d’abord rapidement rappeler les thèses de mon livre qui m’ont donné le plaisir, je dois l’avouer, d’une prédiction réalisée avec une vitesse folle. Pour voir se réaliser ma prédiction sur l’effondrement du système soviétique, j’ai quand même dû attendre 15 ans. Dans le cas de la défaite militaire et économique des États-Unis, de l’Europe et de l’Ukraine face à la Russie, je n’ai eu à attendre qu’un an.

Je me souviens très bien, j’ai écrit mon livre pendant l’été 2023, à une époque où, sur toutes les chaînes de télévision françaises et sans doute occidentales, les journalistes s’extasiaient de l’intelligence de la contre-offensive ukrainienne organisée par le Pentagone américain. A l’époque, ça ne me gênait pas du tout d’écrire, avec une tranquillité d’esprit absolue, que la défaite de l’Occident était certaine. Pourquoi avais-je ce niveau de certitude ? Parce que je travaillais avec un modèle historique complet de la situation.

Lire la suite ICI
La stabilité russe


Voir en ligne : https://ssofidelis.substack.com/p/s...

   

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