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De l’usage pervers de l’histoire
samedi 17 mai 2025 par Francis Arzalier (URC)
Le 13 mai 1958, le soulèvement des Ultra-colonialistes d’Alger et de l’armée de métier contre le gouvernement élu, enclencha une mutation de l’histoire française dont nous subissons encore les conséquences, soixante-sept ans après. Grâce au coup d’État qui s’ensuivit, la Constitution parlementaire de la IVème République s’effondra en quelques semaines au profit de Charles De Gaulle, qui installa avec la complicité de la Droite et de la Gauche Socialiste, la Vème République, que son inventeur Michel Debré définissait justement une « Monarchie Républicaine ».
Elle est toujours présente en France, elle a même réussi à modeler notre vie politique en quelques décennies, d’élections présidentielles en référendums, de sondages manipulés et de médias toujours plus asservis.
Au point de transformer peu à peu notre peuple en troupeau conditionné, qui se croire en démocratie, parce qu’on lui permet de voter de temps à autre pour les diverses versions de la Bourgeoisie dirigeante.
Finalement, pour couronner cette décrépitude citoyenne, ce monarchisme ambiant a décrédibilisé les partis politiques, remplaçant ces organismes politiques qui vivaient autrefois selon des modes de fonctionnement plus ou moins démocratiquement par des agglomérats politiciens, dont l’objectif n’est plus que la conquête du pouvoir monarchique-présidentiel. Et cela jusque dans l’opposition de « Gauche » :
Mélenchon définit lui-même le fonctionnement interne de La France Insoumis de » mode de fonctionnement gazeux » !
Les « Chaînes d’infos continues » ne se préoccupent guère de l’histoire de France, sauf à la falsifier comme ce fut le cas lors des cérémonies mémorielles de la victoire sur le Nazisme des 8 et 9 mai notamment à Moscou. De C News à France Info et LCI, déferla un véritable tsunami de discours antirusses, occultant totalement le rôle contre le Nazisme de ces pays soviétiques aux Vingt millions de morts.
Comment s’en étonner quand on écoute l’audition du Premier Ministre Bayrou accusé de complaisance quand il était ministre de l’Éducation à l’égard des brutalités et délits sexuels perpétrés à l’école Betharam.
Une enquête des législateurs parfaitement légitime. Mais quand elle est retransmise par la Chaîne Parlementaire le 14 mai, on ne peut que remarquer et déplorer la mauvaise foi du rapporteur LFI Vannier, en posture de Procureur, déformant systématiquement les propos présents et passés du premier Ministre auditionné, : un symptôme évident de la dégradation des débats politiques, qui se réduisent trop souvent à des accusations morales et sexuelles, et à la volonté de détruire l’adversaire plus qu’à la recherche des faits qui font objet d’une enquête rationnelle.
Réduire la controverse avec Bayrou à des accusations de pédophilie est caricatural. Mais pas plus que l’avalanche de faits et de rumeurs rassemblés dans « la meute « . Ce pamphlet de presque 500 pages contre le potentiel candidat LFI aux présidentielles, sans le moindre débat sur ce qu’il propose ou défend en matière politique, sociale, nationale ou internationale, en fait un monstre dangereux du seul fait de ses travers personnels et de sa volonté de pouvoir.
De l’acculturation contemporaine en France en 2025
Ces manipulations médiatiques de la mémoire française se doublent d’une obsédante fascination pour le modèle culturel et social Étatsunien.
Le déferlement des modes musicales, artistiques, vestimentaires et langagières venues de l’outre-Arlantique n’est pas une nouveauté en France : Elles ont débuté avec le siècle Vingt, dès que les USA se sont hissés à la tête de l’Impérialisme mondial, transformant progressivement en vassaux plus ou moins réticents les anciennes métropoles coloniales Européennes, Grande Bretagne, France, etc.
Mais en 2025 un paradoxe s’y ajoute avec l’accession de Trump à la Maison Blanche. Alors que ce nouvel aspirant Étatsunien à la domination mondiale ne cache pas son mépris des nations européennes, et sa volonté de les soumettre ou les ruiner économiquement, la servilité à l’égard des pires aspects de la culture Étatsunienne dégouline des écrans de télévision français de grande écoute, privés et d’État.
Mee-too, cette dérive irrationnelle du féminisme US, est devenu pour ces porte-voix des bourgeoisies françaises « la révolution mondiale du XXIème siècle ». Ces cohortes « d’informatrices » et experts autoproclamés des télévisions de France, ignares autant que malhonnêtes, occultent le fait que les revendications d’égalité entre hommes et femmes ont été inventées en France quelques siècles avant d’apparaître aux États Unis. Leur discours, qui fait du moindre événement de la province Étatsunienne le cœur de l’actualité française, dans un franglais-volapuk fort éloigné de la langue de Shakespeare et inspirée des affairistes de Wall-Street ou des milliardaires californiens qui contrôlent les GAFAM : la « langue de l’Empire » comme l’ont justement définie des esprits libres comme Noam Chomski. Il est vrai que cette servilité linguistique et culturelle peut se prévaloir de l’exemple présidentiel, Macron nous infligeant régulièrement ses prestations en « anglais » …
Cela servilité se traduit notamment sur nos « chaînes d’info main-Stream » par la fabrication d’héroïnes exprimant ces mentalités post-modernes venues des USA, qui ont surtout dans leur diversité une seule fonction, effacer définitivement des esprits l’explication des faits par la lutte de classe, cette billevesée d’un autre temps selon nos idéologues libéraux. Deux exemples marquants parmi d’autres en ce printemps 2025 :
Muriel Pénicaud, promue en « icône du féminisme en France » (citation) pour la seule raison d’avoir subi des viols durant des années sans jamais s’en être aperçue !
Son dernier procès permet encore une fois de gloser sur les turpitudes sexuelles supposées de Gérard Depardieu (« il lui a touché une hanche »).
Et en ce 13 mai, Kim Kardashian, une richissime « influenceuse « Étatsunienne, est promue en victime exemplaire de l’insécurité en France, parce qu’elle s’est fait voler ses bijoux dans un hôtel de luxe parisien. Ce qui est certes désagréable, mais discutable.
Comme si la majorité des victimes de la violence délictuelle n’étaient pas les plus démunis des Français et Françaises ! !
Ces constantes références à une culture étrangère pour des objectifs idéologiques à un nom précis, les sociologues la nomment l’acculturation, une caractéristique des relations de soumission dans un cadre colonial, mise en évidence par les militants critiques comme le Guadeloupéen Frantz Fanon dans sa lutte avec le peuple algérien insurgé en 1954. Avant lui, dès les années 30, des intellectuels anticolonialistes Africains et Caribéens avaient sans employer le mot, dénoncé le mécanisme de sujétion idéologique, en revendiquant leur « négritude ».
Ce que Césaire et Senghor, ou Fanon, ne pouvaient prévoir il y a quelques décennies, c’est la pérennité de l’acculturation bien au-delà des Empires coloniaux disparus après 1960. La France de 2025 n’est plus une métropole coloniale importante, et son emprise néocoloniale en Afrique s’est en partie effondré ces dernières années. Mais elle demeure un État du camp impérialiste, qui agit comme tel en Europe, et au Moyen-Orient, même si elle n’hésite pas à se différencier des USA et de leur appendice israélien.
Ce qui ne l’empêche pas de vivre une acculturation croissante vis à vis de la première puissance impérialiste mondiale, les États Unis d’Amérique, voulue et pratiquée par l’ensemble de la Bourgeoisie française, et notamment par les principaux médias de grande écoute, contrôlés par qu’elle utilisé pour modeler les mentalités françaises.
Les réalités de l’impérialisme à combattre
En ce sens, les algarades médiatiques opposant régulièrement les représentants des Impérialismes concurrents, Macron et Trump, qui ont en commun de voir leur emprise mondiale toujours plus menacée, ne doivent pas cacher les réalités profondes :
1/ la nocivité belliciste toujours plus grande de TOUS les impérialismes, majeurs comme celui des États Unis, ou seconds comme ceux de la France, l’Allemagne, de l’UE, Israël ou la Turquie : les risques de guerres, régionales et mondiale, ne seront jugulés que par les mouvements populaires pour la Paix.
2/ la réalité croissante de l’acculturation au profit de la culture impériale, qui menace idéologiquement notre peuple autant et même plus que d’autres, doit d’autant plus être combattue que notre univers mental est submergé par l’appareil médiatique contrôlé par la Bourgeoisie dirigeante française, mais aussi par la vague mondiale des réseaux dits « sociaux », ou d’intelligence artificielle, massivement contrôlés par les maîtres (GAFAM) de l’Impérialisme États-unien.

