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Travail et migration
vendredi 20 juin 2025 par Pedro Viana
Qu’on se le dise ! (JP-URC)
Quant aux migrations, ce que beaucoup de gens oublient, c’est que si une bonne législation du travail est rigoureusement appliquée, la pression que l’immigration pourrait exercer sur le marché du travail se trouve neutralisé.
Autrefois, les syndicats n’ont pas lutté contre l’immigration, mais se sont battus pour que les travailleurs étrangers fussent traités comme les nationaux, et ils l’ont obtenu.
DF a raison quand il pointe la question de la précarité. Mais ce n’est l’immigration qui a produit la précarité. Celle-ci est le résultat du détricotage progressif de la législation du travail, à laquelle les syndicats et le travailleurs n’ont pas su ni pu s’opposer, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les migrations.
Si en Allemagne et au Royaume-Uni le patronat est si favorable à "l’ouverture de frontières", c’est parce que, préalablement, ils ont imposé les "contrat un euro" pour la première et le contrat "zéro heure" pour le second.
En France, la législation du travail tenant un peu mieux, il faut au patronat des travailleurs en situation irrégulière pour que la main-d’œuvre coûte moins cher (la "délocalisation sur place" que dénonçait Emmanuel Terray).
Ce que j’explique aux étudiants, c’est que le patronat souhaite des frontières ouvertes avec l’abolition de la législation du travail, alors que les internationalistes souhaitent l’ouverture des frontières et l’application stricte de la législation du travail.

