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La police belge arrête des soldats israéliens accusés de crimes de guerre à Gaza
mardi 22 juillet 2025 par L’Humanité/The Cradle
Les arrestations ont eu lieu durant le festival de musique Tomorrowland, à la suite d’une plainte déposée par la Fondation Hind Rajab.
Deux soldats israéliens ont été interpellés dimanche 20 juillet à l’occasion du festival de musique électronique Tomorrowland, à Boom, en Belgique. Ils ont été reconnus après avoir arboré un drapeau de la brigade Givati, une unité d’infanterie de l’armée israélienne. Ils ont été entendus dans le cadre d’une enquête pour crimes de guerre commis dans l’enclave palestinienne, avant d’être relâchés. C’est une première pour un pays européen.
Il s’agit d’une première en Europe : deux soldats de l’armée israélienne, présents en Belgique pour assister à l’édition 2025 du festival de musique électronique Tomorrowland, à Boom, ont été arrêtés dimanche 20 juillet et interrogés par la police fédérale belge s’agissant de leur possible implication dans des crimes de guerre commis dans la bande de Gaza, avant d’être relâchés. Ils ont été reconnus dans la foule après avoir arboré un drapeau de la brigade Givati, une unité d’infanterie de l’armée israélienne.
Cette enquête intervient suite au dépôt de deux plaintes, vendredi et samedi dernier, de la part de Fondation Hind Rajab (HRF) et du Global Legal Action Network (GLAN, réseau international de juristes spécialisés dans les violations des droits humains), s’agissant « de graves violations du droit international humanitaire qui auraient été commises dans la bande de Gaza par deux membres de l’armée israélienne », a déclaré le parquet général belge lundi 21 juillet.
Compétence universelle
D’après GLAN, qui a visionné des contenus postés par les intéressés sur leurs réseaux sociaux respectifs, sont en cause des attaques volontaires contre des zones civiles, des habitations et des hôpitaux, le recours à la torture et aux boucliers humains, et des détentions arbitraires massives et déplacements forcés de civils.
C’est la première fois qu’un pays européen reconnaît une compétence universelle s’agissant de crimes de guerre commis par des soldats israéliens. Les suspects ne sont pas Belges et les faits se sont déroulés à l’étranger. Le bureau du procureur s’est fondé sur le nouvel article 14/10 du titre préliminaire du Code de procédure pénale belge, entré en vigueur en avril 2024, en vertu duquel est attribuée aux juridictions belges la compétence pour connaître des crimes commis hors de Belgique sur la base des Conventions de Genève de 1949 et de la Convention contre la torture de 1984. Pour l’heure, l’enquête suit son cours.
25 États appellent à faire « cesser immédiatement » le massacre à Gaza
« Nous continuerons à soutenir la procédure en cours et appelons les autorités belges à poursuivre l’enquête de manière complète et indépendante. La justice ne doit pas s’arrêter là – et nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout », ont réagi la HRF et le GLAN dans un communiqué conjoint. Ils ajoutent qu’à « une époque où beaucoup trop de gouvernements restent silencieux, cette action envoie un message clair : les preuves crédibles de crimes internationaux doivent faire l’objet d’une réponse juridique, et non d’une indifférence politique ». Il est vrai que les nombreuses condamnations européennes depuis plusieurs mois face au génocide à l’œuvre dans la bande de Gaza sont autant de coups d’épée dans l’eau, tant elles ont été exemptes de sanctions à l’encontre d’Israël.
Ce lundi, vingt-cinq États, dont la Belgique, la France, le Canada ou encore l’Espagne, ont adopté une déclaration conjointe appelant à faire « cesser immédiatement » le massacre dans l’enclave palestinienne. « La souffrance des civils à Gaza a atteint de nouveaux sommets, ajoutent ses signataires. Le modèle de distribution de l’aide mis en place par le gouvernement israélien est dangereux, alimente l’instabilité et prive les Gazaouis de leur dignité humaine ». Il était grand temps que ces faits soient clairement reconnus, et ce par de nombreux pays. À quand des actes ?
Antoine Portoles
L’Humanité
La police fédérale belge a arrêté et interrogé deux soldats israéliens accusés de crimes de guerre à Gaza, a annoncé la Fondation Hind Rajab (HRF) le 21 juillet, marquant ainsi la première arrestation de suspects israéliens liés à des crimes commis à Gaza, et le premier interrogatoire officiels.
Cette mesure fait suite à une plainte urgente déposée par la HRF et le Global Legal Action Network (GLAN) au début de la semaine.
La HRF mène une campagne juridique mondiale contre les soldats israéliens impliqués dans des crimes de guerre, obligeant de plus en plus ces troupes à éviter les voyages internationaux sous peine d’être arrêtées.
Les soldats ont été identifiés et arrêtés alors qu’ils assistaient au festival de musique Tomorrowland dans la ville belge de Boom.
- “Après avoir été placés en garde à vue, ils ont été officiellement interrogés puis relâchés. Le parquet fédéral belge a confirmé qu’une enquête pénale est en cours”, a déclaré la HRF.
- “Cela montre que la Belgique a reconnu sa compétence en vertu du droit international et traite ces allégations avec le sérieux qu’elles méritent”, a ajouté la HRF.
En janvier, les vacances d’un réserviste de l’armée israélienne au Brésil ont pris fin brutalement après qu’il a été accusé d’avoir commis des crimes de guerre dans la bande de Gaza.
Yuval Vagdani avait brusquement fui le pays après que la HRF a convaincu un juge fédéral brésilien d’ouvrir une enquête pour crimes de guerre pour sa participation présumée à la démolition de maisons civiles à Gaza.
La HRF porte le nom d’une fillette palestinienne de six ans, Hind Rajab, assassinée avec plusieurs membres de sa famille par un tankiste israélien qui a ouvert le feu sur leur voiture à Gaza en janvier 2024.
Hind et ses proches ont été tués alors qu’ils fuyaient leur quartier de la ville de Gaza après que l’armée israélienne eut ordonné l’évacuation de la zone. Leurs corps ont finalement été retrouvés 12 jours plus tard.
Une enquête menée par le groupe de recherche multidisciplinaire Forensic Architecture a recensé un total de 335 impacts de balles dans la Kia Sedan dans laquelle ils ont été tués.
L’enquête, menée en coopération avec Earshot et des journalistes de l’émission Fault Lines d’Al Jazeera, a également révélé que deux médecins de la Société du Croissant-Rouge palestinien (PRCS) qui tentaient de secourir Hind ont également été tués par des tirs de chars israéliens.
Alors que la mort de la plupart des Palestiniens tués par Israël dans sa guerre génocidaire à Gaza passe inaperçue, celle de Hind a attiré l’attention internationale lorsque le PCRS a publié l’enregistrement audio de l’appel à l’aide lancé par la cousine de Hind, Layan Hamadeh, âgée de 15 ans.
Après que les adultes dans la voiture aient été abattus, Layan a désespérément utilisé un téléphone portable pour joindre le dispatcher du PRCS.
Layan a déclaré :
- “Ils nous tirent dessus. Le char est à côté de moi. [Nous nous cachons] dans la voiture. Nous sommes à côté du char”.
Layan a crié jusqu’à ce que sa voix s’arrête brusquement vingt secondes après le début de l’appel.
Durant l’appel, on entend au total 64 coups de feu en seulement six secondes.
*Source : The Cradle
Traduit par Spirit of Free Speech

