Le Manifeste

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À l’exception de ceux signés « URC », tous les articles proposés sur ce site sont destinés à élargir notre champ de réflexion. Cela ne signifie donc pas forcément que nous approuvions la vision développée par les auteurs. L’utilisation des commentaires en fin d’article, permet à chacune et chacun de s’exprimer et de nourrir le débat démocratique.

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À propos de l’article : Les pieds dans le plat : écologie et/ou Escrologie !

vendredi 8 août 2025 par Francis Arzalier

Lettre à Jacques Delepine à propos de son article : Les pieds dans le plat : écologie et/ou Escrologie ! Article parue le 19 juillet dernier sur notre site.
Le parfait exemple de ce que devrait-être nos discutions à partir des informations fournies par notre site. Un peu de simplicité et de fraternité camarades. (JP)

Cher collègue et camarade

Je vous écris à la suggestion de mon ami Pierre Lenormand, qui est aussi le votre.
J’ai lu avec délectation votre texte paru il y a quelque temps sur le site Manifeste, qui relève de l’URC, mais ne se limite pas aux communiqués revus et corrigés de l’organisation. Héritage de l’ex ANC, elle publie aussi des analyses rédigées par des militants anticapitalistes et anti-impérialistes qui n’en sont pas, mais dont les réflexions plurielles peuvent aider nos adhérents à se forger une opinion qui aide à mener les luttes nécessaires.

Ce pluralisme des approches me paraît d’ailleurs nécessaire aussi au sein d’une organisation communiste : c’est dans cette optique que je rédige régulièrement sur le site, sachant que j’exprime MON analyse personnelle de Communiste, sans autre prétention que d’aider aux analyses des militants. Un parti-pris qui me tient à cœur, et qui est même la condition de mes contributions.

J’ai cru comprendre par Pierre que vous vous étonniez de n’avoir vu aucune réaction à votre contribution à notre site. Les vacances d’été y sont pour beaucoup, mais je constate souvent la même chose pour les miennes, les réseaux sociaux et les portables connectés qui s’en tiennent à des textes courts et souvent péremptoires ont déshabitué de la lecture de textes longs et argumentés, qui sont pourtant nécessaires au débat idéologique sérieux…

J’ai moi-même lu il y’a quelques semaines votre texte intitulé
« Écologie et Escrologie « ( je simplifie ), et je l’ai beaucoup apprécié,

1/ parce qu’il apporte une véritable mine d’infos scientifiques, notamment géologiques

2/ parce qu’il recoupe et élargit ce que je pense depuis longtemps des partis "Écogistes ou Verts", dont l’existence même me parait relever de la confusion idéologique, voire de là manipulation. Car si l’Écologie est une approche scientifique des relations à protéger entre flore, faune et humanité, je réfute totalement le droit pour un parti de se proclamer exclusif propriétaire du concept.
Une manipulation d’autant plus néfaste qu’elle repose sur l’idée irrationnelle que l’homme est en tout cas néfaste à l’équilibre de là nature qui l’entoure, et la méconnaissance délibérée du contexte historique et des conflits de classe.

Je dois ajouter que durant ma carrière d’enseignant en IUFM,et la pratique qui en découlait de classe, de l’Élémentaire à l’Université, j’ai vu comment ce virus « écologiste » a massivement progréssé dans l’opinion française des dernières décennies du XXème siècle, facilitant la destruction en cours des industries françaises par le biais de délocalisations qui n’étaient pas seulement vers le sud sous-développé, mais aussi vers les USA.
Une destruction du patrimoine national pour accroître les profits des investisseurs capitalistes, mais aussi pour détruire la Classe ouvrière et le mouvement révolutionnaire qui lui était lié. Une critique sans appel des mouvements écologistes, même s’ils ont réussi à attirer à eux des gens sincèrement critiques à l’égard du capitalisme, quand d’autres « Verts » affichent un discours authentiquement « ultra-libéral » et même belliciste ( cf les diatribe anti-Russes de Sandrine Rousseau ).

Votre critique du refus délibéré de mettre en valeur les richesses du sous-sol me conviennent d’autant plus qu’elles ravivent mes souvenirs personnels.

J’ai vécu mon enfance et ma jeunesse dans la société paysanne de Margeride ( Nord de la Lozère ) durant les décennies d’après la Libération, qu’on dit souvent les « Trente Glorieuses ». Une société de petits propriétaires producteurs, vivant pratiquement en autarcie : produits laitiers, pommes de terre et légumes, volailles et œufs, pain de seigle et charcuterie de porc et tissus de laine, permettaient à chaque famille de ne pratiquement rien acheter et de vivre pauvrement, grâce à la solidarité au sein de la communauté villageoise.
Une société très structurée, avec ses qualités collectives et ses défauts, notamment une forte emprise conservatrice de l’Église catholique. Mais sa pauvreté, doublée d’une forte natalité, la condamnait depuis longtemps à produire une émigration constante vers les régions industrialisées, les Cévennes languedociennes et leurs mines, les usines de Clermont ou Saint Étienne, ou les bistrots parisiens.

Dans cette France libérée du nazisme, les autorités s’efforçaient de répertorier les richesses nationales : je me souviens de ces drôles « d’étrangers » qui se promenaient avec un curieux appareil cliquetant à certains endroits dit Compteur Geiger. L’un d’eux m’avait expliqué qu’il mesurait la radio- activité du minerai d’uranium fréquent notamment dans ces carrières artisanales que nous nommions de « Cizass « , une sorte d’argile jaune utilisée alors pour bitumer les routes communales.

Ce relevé aboutit peu après à l’ouverture d’une mine d’uranium, au Célier-Villeret, dans les collines dominant la vallée du Chapeauroux ( ce toponyme Auroux est un rappel d’exploitation aurifère dans un passé lointain ! ). Cette entreprise fut durant deux décennies un apport considérable pour les villageois de la région, créant des dizaines d’emplois, et des aménagements routiers, pour ramener en camions le minerai jusqu’à la voie férrée, en direction de Marcoule.

Jusqu’au jour où la mine ferma, comme celles similaires de l’Ouest du Massif Central : épuisement des filons, comme on nous l’affirma ? Ou plutôt choix du minerai d’uranium produit à bas prix au Niger dans un contexte néo-colonial, voir importé d’Amérique du Nord ?

Je serais en tout cas curieux de connaître les possibilités minières réelles de la région, notamment de ces « métaux rares » si nécessaires aux addictions contemporaines…..

Fraternellement, le 7 août 2025

   

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