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Sur le sommet Trump-Poutine en Alaska

samedi 16 août 2025 par Redazione Contropiano

Une traduction d’un article de nos camarades Italiens par Andréa Mencarelli.

Il est difficile de donner une image réaliste du sommet d’Alaska lorsque les protagonistes restent muets sur le fond de la discussion et que ceux qui devraient en rendre compte – les médias occidentaux en général, européens en particulier – s’emploient visiblement à envelopper « l’événement » d’une pâte d’allusions, de ragots, de mystifications.

Si l’on s’en tenait aux chroniques du style « pensée unique » – il n’y a pas de différence entre les télévisions et les médias d’extrême droite et tous ceux qui se disent libéraux ou « démocratiques » – on devrait parler d’échec ou de quasi échec.

La ligne belliciste suivie par l’« Europe unie » a facilement conquis les esprits serviles des opérateurs de la désinformation dominante, au point de ne laisser aucune place à l’expérience historique la plus désenchantée.

Et l’histoire devrait nous apprendre que chaque décision de paix – ou de guerre - est venue au bout d’un chemin qui n’est ni court ni simple, où l’on tente d’établir un nouvel équilibre acceptable en insistant sur de nombreux détails mais en partant d’un cadre partagé. Cela peut prendre des années, voire plusieurs mois, mais jamais des jours ou même quelques heures.

Comme on devrait le savoir, ne serait-ce que parce que les sommets russes le répètent depuis des années sans en changer une virgule, « le cadre » d’une paix durable avec la zone euro-atlantique doit être basé sur l’arrêt de l’expansion de l’OTAN à l’Est (la seule véritable expansion de ces 35 dernières années), sur la démilitarisation et la « dénazification » de l’Ukraine, sur la réécriture d’une série de traités qui ont expiré, qui sont sur le point d’expirer ou qui ont été annulés par les États-Unis.

Il s’agit par exemple du traité sur les missiles à tête nucléaire de portée intercontinentale (qui expire dans quelques mois), du traité sur les missiles de moyenne portée (dont les États-Unis se sont retirés il y a six ans et que même Moscou n’a dénoncé que ces derniers mois), et de toute une série d’autres nœuds critiques entre les deux superpuissances nucléaires.
Pas un « nouveau Yalta », mais quelque chose de tout aussi sérieux et convaincant pour tout le monde.

Sur cette échelle de problèmes, il est clair que l’Ukraine – et toute solution diplomatique possible à la guerre en cours – n’est qu’un des nœuds à défaire, bien qu’il soit clairement le plus évident et le plus « chaud ».

Comparée à cette dimension stratégique, l’insistance des Européens sur des slogans concernant le « droit de Kiev à ne pas céder de territoire » (tout en le refusant aux Palestiniens victimes d’un génocide et d’un nettoyage ethnique, tant à Gaza qu’en Cisjordanie) est presque puérile. Non pas parce qu’ils sont faux en principe – le droit à l’autodétermination est la base de toute réglementation internationale sérieuse – mais en raison du « double standard » évident qui informe l’action et la propagande euro-atlantiques.
Les droits existent « pour les nôtres » (alliés ou vassaux), mais pas pour les autres…

Même la polémique ridicule contre le « retour à la logique des sphères d’influence » – le principe de la « real politik » selon lequel une superpuissance ne peut pas placer ses armements stratégiques aux frontières de l’autre, en utilisant des pays « amis » ou succubes – est tissée de la même hypocrisie.
Si Cuba ou le Mexique se préparaient à accueillir des missiles russes ou chinois, aucun « penseur euro-atlantique » ne trouverait à redire à une réponse américaine sévère.
Comme en 1962, après tout...

Si l’on met momentanément de côté les inepties des bellicistes de deuxième niveau, il faut se rendre compte que la rencontre entre Trump et Poutine avait été suffisamment bien préparée par les « sherpas » pour que la discussion se termine au bout de deux heures et demie seulement, au lieu des six ou sept heures annoncées.

Des deux côtés, lors de la conférence de presse finale ou des déclarations ultérieures, on a veillé à ne rien laisser filtrer sur le fond, mais à répandre l’optimisme quant à l’évolution de la situation. À tel point qu’une deuxième étape à Moscou est attendue dans quelques mois, voire quelques semaines.

M. Trump a déclaré qu’il avait tenu un sommet constructif avec M. Poutine, mais que « nous ne sommes pas parvenus » à un cessez-le-feu ou à un accord de paix pour l’Ukraine. Il y a eu un accord sur la plupart des questions pertinentes, mais ils n’ont pas réussi à s’entendre sur « la plus importante ».
Et comme le veut le réalisme, « il n’y a pas d’accord tant qu’il n’y a pas d’accord ».

Les quelques phrases prononcées par un Poutine décidément à l’aise sont également éclairantes : une base d’accord global a été élaborée, invitant ainsi « Kiev et les capitales européennes » à la « percevoir de manière constructive » et à ne pas « saborder les progrès qui viennent de commencer ».

La référence explicite est faite aux manœuvres des « volontaires » qui insistent sur un cessez-le-feu immédiat tout en déclarant, comme de vrais idiots, qu’ils veulent l’exploiter pour envoyer des armes et des troupes européennes en Ukraine. Il s’agit pratiquement de se préparer à une escalade qui conduirait à une confrontation directe entre l’OTAN et la Russie, avec toutes les conséquences – nucléaires – qui en découleraient...

Il semble toutefois évident que Kiev et l’UE n’ont pas beaucoup de cartes à jouer. Ils peuvent certes dresser quelques obstacles sur la voie qu’ils viennent d’esquisser, mais sur le plan stratégique, ils n’ont pas d’objectif viable.

Leur idée de base – souvent avouée ouvertement par les plus crétins – est de « forcer » les Etats-Unis à intervenir militairement dans le conflit, en provoquant Moscou par des attaques directes ou des manœuvres audacieuses (en mer Baltique, surtout).

Une « stratégie » pour laquelle il est difficile de trouver des adjectifs appropriés…


Voir en ligne : https://contropiano.org/news/intern...

   

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