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La perquisition
lundi 18 août 2025 par Alain Marshal
Depuis quelques décennies, dans tous les pays capitalistes occidentaux devenus impérialistes, et particulièrement en France, les lois de censure, les mesures d’exceptions, les vagues de répressions, les interdictions d’associations, etc. se succèdent les unes après les autres. Elles visent des militants anti-impérialistes, des associations musulmanes, des prédicateurs des syndicalistes, des organisations de gauche populaire, des militants juifs antisionistes, bref tous ceux que le système dominant en crise existentielle profonde estime dangereux pour la cohésion sociale qu’il a lui-même fait exploser à coup de mesures antisociales.
Alors même que la grande majorité des personnes et des organisations visées n’ont jamais enfreint la constitution et que l’appareil de justice est de plus en plus sommé de se soumettre au pouvoir exécutif issu de manipulations électorales de plus en plus douteuses. Notre peuple devrait se rappeler les avertissements du pasteur antinazi Niemöller qui constatait à l’époque de la montée du nazisme que chaque groupe cible, juifs, communistes, syndicalistes, minorités nationales, minorités sexuelles, minorités religieuses, gauche modérée, a souvent dû affronter la répression seul et successivement, sans entraîner en sa faveur la résistance unifiée du corps social.
Et nous constatons que, aujourd’hui, à l’heure où la baisse tendancielle des taux de profits impose aux capitalistes de militariser, de multiplier les guerres, d’armer l’État génocidaire et de systématiser les répressions, à nouveau ce même schéma commence à se répéter par vagues successives, visant tel ou tel individu ou tel ou tel groupe en ne provoquant que trop rarement le reflex de solidarité et d’unité requis si l’on veut empêcher la spirale infernale de se déployer jusqu’à sa logique ultime, la dictature terroriste puis la guerre de tous contre tous, sur le théâtre intérieur comme extérieur.
La stratégie de la fragmentation du corps social et d’éveil de la peur et de la méfiance répandues à partir du sommet à coup d’injonctions médiatiques fonctionne à plein régime. Raison pour laquelle nous publions cette courte nouvelle qui sonne comme un avertissement car elle reprend ce qui se passe sous nos cieux le plus souvent sans réactions et dans un silence assourdissant.
La Rédaction
La perquisition
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Nouvelle réaliste à chute, inspirée de faits réels. Écriture assistée par intelligence artificielle
La salle de briefing était plongée dans une atmosphère pesante, ponctuée par le bourdonnement monotone du rétroprojecteur. Treize hommes se tenaient là, attentifs, le regard braqué sur le plan du quartier pavillonnaire bordé de jardins qui s’affichait devant eux. Au centre, le capitaine Arnaud Conguilhem, commandant de l’unité, pointait du doigt la cible de la mission, indiquant l’entrée et les issues de la petite maison qu’ils s’apprêtaient à investir à l’aube.
La cible : Salih Al-Manar, 38 ans, ressortissant franco-algérien, maître de conférences et auteur de plusieurs livres sur la question palestinienne. Son casier judiciaire était vierge, mais il avait fait l’objet de signalements pour des propos soutenant le droit à la résistance armée sur la base du droit international. Il tombait sous le coup de la loi pour « apologie du terrorisme », un chef d’accusation récurrent depuis l’opération du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre totale menée par Israël contre la population de Gaza. Circonstance aggravante, Al-Manar avait été accusé de radicalisation par ses propres collègues et camarades. Conjugué à sa double nationalité en cette période de crise artificielle entre Paris et Alger, cet élément avait fait pencher la balance parmi des centaines d’autres dossiers, justifiant l’ordre d’interpellation à domicile, de perquisition et de mise en examen.
Arnaud balaya la salle du regard, jaugeant chacun de ses hommes.
— L’objectif est simple. C’est un quartier résidentiel, dit-il, le pointeur laser balayant l’écran sur lequel un plan de l’appartement venait d’être projeté. On accède à l’étage par cet escalier. Voici la chambre des enfants, voilà celle du couple. Voilà le bureau, où une fenêtre mansardée peut permettre une fuite par les toits. Aliguane, Miellon, vous prenez le couloir. Chassagnon, Louchard, les fenêtres. Girafias et Debacler isolent le suspect dans sa chambre, Cargle veille à ce que la femme et les enfants restent dans l’autre. Tout doit être bouclé en moins de trois minutes.
Il s’arrêta un instant avant de reprendre :
— Galard, Brutos et Deboire, vous me faites une fouille rapide de la maison. Tous les appareils numériques du suspect doivent être saisis : téléphone, ordinateur, disques durs, clés USB. Toute documentation suspecte, en particulier les livres et manuscrits, et toute iconographie seront saisies.
Il jeta un coup d’œil vers Nazim Kelbessra.
— Nazim, en cas de livres ou notes en arabe, c’est toi qui feras le tri sur place. Rien ne doit nous échapper.
Assis à l’arrière, Nazim, le seul membre racisé de l’équipe, hocha la tête avec ferveur. Depuis des années, il s’était battu pour prouver qu’il n’était pas « l’un d’eux ». Aux insinuations racistes, aux regards méfiants, aux plaisanteries acerbes qui lui rappelaient qu’il resterait, pour beaucoup, « l’Arabe » ou le « Maghrébin », il avait répondu par une discipline sans faille, une volonté de fer, une ardeur implacable.
Nazim était le seul homme de l’unité que le capitaine tutoyait et appelait par son prénom. Mais à ses yeux, les vexations subies n’étaient pas la faute de ses frères d’armes. Il les comprenait, les justifiait même. Pour lui, les véritables responsables étaient ailleurs : ceux qu’il avait appris à considérer comme des « ennemis » ; ceux qui alimentaient les peurs et la méfiance que suscitaient les gens « comme lui ». Ce Salih Al-Manar en était un exemple parfait, une figure de l’idéologie qui l’avait, lui, forcé à devoir prouver chaque jour sa loyauté.
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