Le Manifeste

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Quand sonne le glas du libéralisme

vendredi 29 août 2025 par Nate Bear

Quand l’idée spécieuse de reconnaître la Palestine a émergé, Israël a intensifié l’holocauste en représailles, sans aucune réaction des lâches libéraux corrompus de Londres, Ottawa, Canberra et Paris.

La fin de la légitimité du libéralisme suite à Gaza est pratiquement "actée" au niveau mondial, et "ils" savent qu’ils sont "finis" en terme de légitimité, et donc à terme, en tant que système, et pas seulement à Tel Aviv, mais aussi à Bruxelles et Washington ou Wall street, etc. Ce sont des reptiles blessés qui sont tendus. En fait, le capitalisme n’a plus vraiment d’autre issue que la fascisation et la guerre. Ce qui, là aussi, nous montre bien que nous devons être audacieux, à l’échelle du pays mais donc aussi à l’échelle de l’URC puisque, sans être arrogant, qui pourrait le faire sans l’URC et les militants et organisations qui sont en fait déjà associées à nos initiatives ?(BD)

La date butoir fixée par la France, le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada pour qu’Israël cesse son génocide et s’engage en faveur d’une solution à deux États approche à grands pas. Cette échéance s’accompagne d’une crise finale de légitimité pour le libéralisme occidental.

Tout d’abord, songeons à l’absurdité extrême de l’ultimatum : nous reconnaîtrons votre droit à un État indépendant uniquement si vos bourreaux continuent de vous persécuter. Ils subordonnent la création d’une entité qui, légalement, selon l’accord de partition de 1948, aurait dû exister depuis soixante-dix-sept ans, à de nouveaux massacres.

La misérable tendance centriste à tout trianguler n’a jamais été aussi pathétique, tragique et exaspérante. Croire qu’on peut trouver une solution libérale idoine à tous les problèmes, même à un véritable holocauste, à grands coups de carottes et de bâtons, relève simplement de la perversité.

Gaza pourrait marquer la fin du libéralisme, et j’espère que ce sera le cas. On ne peut pas apporter son soutien à une solution finale explicitement revendiquée, puis, deux ans plus tard, affirmer que la reconnaissance de la souffrance des victimes dépend de la mise en œuvre de cette solution, tout en continuant à se réclamer des droits de l’homme, de l’égalité et de la justice.

Gaza a montré que toute cette rhétorique n’est qu’une imposture. Les événements de ces deux dernières années ont porté un coup fatal à l’idéologie libérale.

La vérité, c’est que le (néo)libéralisme dissimule des postures suprémacistes derrière une rhétorique et des symboles prosociaux, alors qu’il n’est aujourd’hui qu’une idéologie intrinsèquement, agressivement, raciste et violemment antisociale. Je ne m’attarderai pas ici sur l’histoire, les définitions et l’évolution des concepts. On peut affirmer que les penseurs libéraux classiques, tels que Thomas Paine ou John Locke, seraient horrifiés par le génocide, la guerre permanente et l’État de surveillance.

Mais ce qui est incontestable, c’est que le libéralisme du XXè siècle, en particulier dans sa seconde moitié, a été dominé par ces libéraux violents, qu’ils soient de centre droit ou de centre gauche. Ces groupes et leurs acolytes s’accordent globalement sur une économie de libre marché, sur le droit de vote (ce qu’ils qualifient de “démocratie”), sur certaines notions de justice sociale et d’égalité des droits, ainsi que sur leur vision géopolitique du monde. Ils ont la même vision du bien et du mal et croient en une extension indéfinie du pouvoir militaire et policier pour vaincre leurs ennemis. Ces deux factions, d’Europe occidentale comme d’Amérique du Nord, estiment que pour parvenir à leurs fins, il est souvent justifié de tuer en masse.

Ce fait est indéniable pour quiconque s’intéresse à l’histoire récente.

Au cours des quatre-vingts dernières années, les libéraux de centre droit et gauche, les Démocrates et les Républicains, les travaillistes et les conservateurs ont largué des bombes nucléaires sur des villes japonaises, ont cautionné le meurtre d’un million de civils en Indonésie et ont envahi, violé et pillé, du Vietnam à la Corée en passant par la Libye et l’Irak.

Et même si Gaza ne s’inscrit que dans l’histoire récente, elle ne peut pas être considérée comme un énième épisode de meurtres de masse perpétrés par l’impérialisme occidental. Car jamais auparavant un tel niveau de barbarie n’avait été atteint.

Gaza brise un moule d’une violence extrême.

Jamais dans l’ère moderne, nous n’avons vu deux millions de personnes coupées du monde extérieur, piégées, privées de tout moyen de s’enfuir, affamées, systématiquement assassinées, sans abri et réduites à vivre dans des tentes. Jamais dans l’ère moderne nous n’avons vu tout un peuple se faire déposséder de tout : universités, boulangeries, écoles, cafés, bureaux, parcs, restaurants. La totalité des logements. Jamais nous n’avons vu un État détruire autant d’infrastructures au point de mettre fin aux capacités de fonctionnement d’une société entière. Plus d’eau courante, de service d’assainissement, de réseau électrique. Presque tout à Gaza a été réduit en poussière et en décombres.

Jamais nous n’avons vu un peuple affamé, piégé dans une petite bande de terre éventrée, voir ses bourreaux l’appâter avec quelques bouchées de nourriture, pour ensuite l’abattre pour le plaisir. Avec des armes fournies par nos gouvernements, avec notre argent. Jamais nous n’avons vu autant de médecins, d’infirmières et de journalistes déchiquetés par des frappes aériennes alors que tout ce qu’ils tenaient entre leurs mains, n’étaient que les outils indispensables à leur travail : stéthoscopes et appareils photo. Avec des avions financés par nos gouvernements avec notre argent. Jamais nous n’avons vu de victimes du syndrome de Down mordues par des chiens d’attaque, ni d’adolescents en fauteuil roulant abattus par des drones.

Jamais, même selon les normes barbares de l’impérialisme occidental, on n’avait vu pareille abomination.

Il faut remonter à l’Antiquité grecque ou aux croisades pour pouvoir se rapprocher de tels agissements.

Que la Résistance continue de tuer des envahisseurs dans un tel contexte est une prouesse du génie humain méritant d’être célébrée.

Jamais nous n’avons vu autant de violence, de crimes de guerre et d’atrocités indescriptibles filmés avec autant de détails graphiques.

Et de plus, chaque étape de ce génocide a été publiquement annoncée par Israël. Les dirigeants politiques israéliens ont prétendu qu’il n’y avait pas de civils à Gaza, que tous étaient coupables, qu’ils les affameraient, les brûleraient et détruiraient tout. Ils ont même dit que leur objectif était de les chasser de Gaza et de procéder à un nettoyage ethnique. Ils l’ont clamé avec cynisme, semaine après semaine. Et ils l’ont fait. Et ils l’ont fait avec le soutien des libéraux.
Trump a supervisé huit mois de génocide. Biden et Harris en ont supervisé quinze. Le Parti conservateur en a supervisé neuf. Le Parti travailliste de Starmer a soutenu Israël pendant treize mois de massacre. Les libéraux d’Australie et du Canada ne peuvent même pas invoquer de circonstances atténuantes, car cela a commencé sous leur mandat. Ils ont soutenu ce génocide depuis le début.

Puis, il y a quelques semaines, lorsque l’idée malhonnête de reconnaître la Palestine a été évoquée, le ministre des Finances d’Israël a déclaré vouloir intensifier l’holocauste à titre de représailles et veiller à ce qu’on puisse plus rien reconnaître de Gaza, et ce, sans aucune réaction de la part des lâches politiciens libéraux corrompus de Londres, de l’Ontario, de Canberra et de Paris.

Le libéralisme n’a plus d’avenir. La crise de Gaza marque la fin de sa légitimité et de son prétendu ordre international. Spirituellement, c’est fini. Il va encore falloir un certain temps pour que les libéraux pro-génocide affrontent la portée de leurs actes, que leurs formations politiques périclitent et perdent toute pertinence. Les institutions internationales dirigées par les libéraux ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Mais plus personne ne se laissera dicter son agenda par les libéraux.

Personne n’acceptera de recevoir de leçons de démocratie, de droits de l’homme et de respect des libertés. Les institutions multipartites mondiales dirigées par des libéraux occidentaux pro-génocide vont peu à peu perdre toute légitimité dans l’ère post-holocauste de Gaza. Le Sud mondial prend conscience des enjeux et s’organise désormais grâce à l’expansion des BRICS et en concluant de nouveaux accords.

Et sur le plan national, comme aux États-Unis en novembre dernier, les soutiens libéraux occidentaux se raréfiant, ils ne seront plus assez nombreux pour réanimer le cadavre de la gestion technocratique libérale.

Le centre n’a jamais su se maintenir. À Gaza gît ce qui reste du projet libéral, seule victime méritée de ce génocide.

Il ne nous reste donc que deux avenirs possibles : l’un radicalement prosocial et communautaire, axé sur la justice et l’équité pour tous ; l’autre, un cloaque autoritaire de racisme, de guerre et d’eugénisme, administré par les outils de l’État de surveillance externalisé.

Nous savons que ces choix sont possibles, car nous les avons déjà vus à l’œuvre. Gaza a en fait été l’un des premiers signes, avec la victoire de Trump, que ces deux avenirs étaient possibles. Les libéraux ont contesté les véritables causes de la défaite de Harris, mais les sondages des semaines suivantes ont été clairs : son soutien au génocide était un sujet de préoccupation majeur pour un nombre suffisant de personnes qui, autrement, auraient voté pour elle, si bien que Trump a pu l’emporter.

En l’absence d’alternatives prosociales et anti-impérialistes viables, il faut s’attendre à ce que ce scénario, qui se traduit par la défaite des libéraux pro-génocide face aux proto-fascistes, se répète dans tout l’Occident.

Face à cette dynamique effrayante, la réponse ne consiste évidemment pas à renouer avec les libéraux bellicistes et génocidaires qui nous ont fourvoyés là où nous en sommes.

La réponse appropriée consiste à contribuer à la création de ces alternatives courageuses.

Les enjeux et perspectives n’ont jamais été aussi limpides.


Voir en ligne : https://ssofidelis.substack.com/p/q...

   

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