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Gaza : ma survie sous les bombes, la souffrance, la famine, la solidarité internationale, la langue française et la lutte non-violente
dimanche 31 août 2025 par Ziad Medoukh
La tragédie vécue par le peuple palestinien se poursuit sans que les « grands » de ce monde ne daignent faire quoique ce soit d’autres que, avec retard, prononcer quelques mots pour les plus puissants, et prendre des mesures insuffisantes pour les plus honnêtes mais les plus faibles. La mobilisation des peuples de toute la planète reste, par contre, impressionnante et montre déjà qu’il y aura un avant et un après Gaza dans l’histoire de l’humanité comme il y a eu un avant et un après Auschwitz. Cela sans même mentionner les horreurs commises simultanément par Tel Aviv en Cisjordanie, au Liban, en Syrie ou au Yémen. Ce dernier devant payer le prix d’avoir simplement mis toutes ses forces dans la bataille avec pour seule exigence que cesse le génocide de Gaza. Le témoignage que nous présentons ici nous parvient directement de là-bas et nous pensons qu’il est de notre devoir de le relayer. Il témoigne de la réalité et de l’esprit de résistance du peuple palestinien dans son ensemble, par-dessus les divergences naturelles entre partisans de la lutte armée comme unique solution pour imposer un recul à l’occupant et partisans de la résistance non violente qui estiment qu’elle suffit à elle seule. Ce n’est évidemment pas à nous de dire à un peuple opprimé comment il doit trouver la voie de sa libération, notre seul devoir est de transmettre les témoignages et de manifester notre solidarité envers toutes les formes que son combat prend, comme ce fut toujours le cas dans toutes les luttes de libération nationale.
La Rédaction
Gaza, 29 août 2025
Nous sommes fin août 2025. Bientôt deux ans de souffrance, d’agressions horribles. J’ai bientôt 60 ans et j’ai toujours vécu à Gaza. J’ai vécu toutes les offensives, les agressions, mais je n’ai jamais vu une situation pareille où se côtoient insécurité, bombardements intensifs, peur et, surtout, la famine.
J’ai l’habitude des bombes, j’ai vu des gens mourir, j’ai vu l’horreur des déplacements, j’ai vécu la peur, la disparition de la famille, des amis, des proches. La famine donne un sentiment d’impuissance, tu ne peux rien faire. Avec les bombardements, tu peux te déplacer, s’il y a des blessés, essayer de leur trouver des soins, mais avec la famine, tu es là, tu ne peux rien faire, tu vois la tristesse dans les yeux de tes enfants, dans les yeux de tes voisins, tu es impuissant.
Entre 2009 et 2021, lors de différentes agressions terribles contre la bande de Gaza, nous avons connu la pénurie, le manque de stock et la fermeture des passages, mais cela n’a rien à voir avec la famine dramatique que l’on vit aujourd’hui à Gaza.
Nous avons traversé deux périodes de famine critiques pendant cette longue offensive horrible : en février 2024, où ma famille et moi avons mangé de l’herbe, je n’ai pas honte de le dire et les trois dernières semaines de juillet 2025, semaines de pénurie totale pendant lesquelles on ne trouvait absolument rien, c’était terrible. En juillet et août, au moins 332 Palestiniens de Gaza sont morts de faim et de la malnutrition, dont 125 enfants de moins de 14 ans.
Les largages aériens d’aide humanitaire mis en place par plusieurs pays fin juillet dernier sont insuffisants, car chaque avion ne largue que cinquante colis au maximum. Ils sont inefficaces. Soit ils tombent dans la mer et les cargaisons sont abîmées, soit ils tombent sur les toits ou bien sur des personnes, Depuis le début des parachutages, il y a eu quatre morts et 37 blessés. La seule solution est d’ouvrir les passages terrestres.
Les autorités d’occupation ont permis à quelques commerçants de Gaza mi-août d’importer certains aliments. Il y a eu une amélioration et la présence de nouveaux produits malgré le fait que les prix restent élevés.
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