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Le piège de Doha se referme sur tous les protagonistes
mercredi 10 septembre 2025 par Strategika5100
Selon les médias mondiaux, Israël a bombardé, le 09 septembre 2025, la délégation des négociateurs du Hamas palestinien réunis à Doha au Qatar pour discuter d’un plan de cessez-le-feu proposé par Donald Trump, marquant ainsi la première attaque d’Israël contre un allié majeur des États-Unis, un pays membre du Conseil de Coopération du Golfe et la première attaque contre un pays abritant à la fois la plus grande base militaire US de la planète et l’un des éléments clé du CentCom ou Commandement militaire US pour la région centrale du monde.
D’après des informations convergentes, l’attaque aérienne a été menée par une quinzaine d’avions de combat qui ont traversé les espèces aériens de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite et du Bahreïn. Ces appareils ont été ravitaillés en carburant en vol par les forces US et britanniques dont des avions tankers ayant décollé de la base militaire d’Al-Udaid au Qatar…
Un avion de ravitaillement britannique a décollé de la base aérienne d’Al-Udaid au Qatar, a ravitaillé des avions de combat israéliens qui attaquaient le Qatar, puis a atterri sur la même base. C’est du jamais vu mais il y a toujours un début à tout.
Selon le Qatar, qui dispose du nec plus ultra de la défense aérienne et une panoplie d’avions de combat occidentaux de luxe (Eurofighter Typhoon, Dassault Rafale, F-15, etc.), la défense aérienne qui a permis l’interception de la quasi-totalité des missiles iraniens destinés à la base US d’Al-Udaid au Qatar lors des joutes entre l’Iran et le tandem Israël/États-Unis, n’a pas pu entrer en action car l’attaquant aurait utilisé un système de neutralisation avancé. Il semble que les Américains qui contrôlent la défense aérienne du Qatar et des autres pays du CCG aient désactivé les défenses aériennes avant et pendant l’attaque.
L’ironie du sort est que le Qatar a investi un peu plus de 1 400 milliards de dollars dans l’économie américaine et offert à Donald Trump un jet de luxe de 400 millions de dollars pour se faire bombarder trois mois plus tard par le chien d’attaque régional promu comme tel par les États-Unis.
Il est clair qu’une telle attaque, laquelle porte préjudice d’un point de vue technique aux États-Unis, a eu l’accord de Donald Trump. Il ne faut pas se laisser berner par les discours de vendeur de poudre de téléréalité de Trump : à la fin, il s’agit toujours d’un attrape-nigaud et d’un piège.
Avec l’Iran, il a négocié juste assez longtemps pour les amadouer, de manière à ce qu’ils accrochent dans la fable des négociations le temps de préparer une attaque.
Avec le Hamas, c’est le style gangster de série B : il a attirés les négociateurs palestiniens à Doha sous couvert de diplomatie pour les liquider. Les parrains d’Atlantic City au bon vieux temps de la mafia n’auraient pas fait mieux.
Il a tenté de faire la même chose avec Kim Jong-Un mais ce dernier s’est révélé un fin matois et sacrément rusé. En même temps que Trump faisait semblant de franchir avec lui la ligne de démarcation entre les deux Corée, un commando de Navy Seals US en mission secrète à haut risque, poignardait de façon méthodique les thorax de pauvres pêcheurs nord-coréens ayant mis en échec à leur insu à la mission. Trump a également échoué face à Vladimir Poutine car ce dernier connaît assez bien les tricheries et les mensonges de ses adversaires. Il joue le jeu et arrive à les surprendre à leur propre jeu.
En fait, c’est à cause de la mort clinique du système politique US et à une élite américaine totalement incapable et neutralisée par une guerre hybride menée contre les populations US que la trahison personnelle de Trump en tant que promoteur immobilier aux méthodes douteuses est devenue la politique nationale des États-Unis, la présentant délibérément comme un acteur dangereux, perfide et non fiable.
Les Conventions de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires de 1961 et 1963 sont indubitablement les textes de droit international les plus aboutis jamais écrits. Presque tout le monde sur la planète l’avait signée, ratifiée et mise en pratique. En moins de cinq ans, Israël et les États-Unis ont réussi à les réduire à néant, tout comme l’ensemble des puissances occidentales qui n’ont rien dit lorsqu’Israël a bombardé l’ambassade d’Iran à Damas ou lorsque Soleimani et Haniyeh ont été assassinés alors qu’ils étaient en mission officielle et diplomatique.
L’attaque au Qatar est un clou de plus dans son cercueil.
Les pays du Conseil de Coopération du Golfe sont tous sous occupation US et ne disposent d’aucune défense. Les dirigeants de ces pays sont obligés de signer de très importants contrats d’acquisition d’armement auprès du complexe militaro-industriel US et celui d’autres pays occidentaux non pas pour leurs besoins de défense mais pour aider ces complexes à s’enrichir ou à éviter les périodes de vaches maigres tout en achetant une sorte de paix implicite garantissant la pérennité de leur pouvoir local. Ils peuvent à la limite influencer certains pays comme la France ou la Grande-Bretagne en sauvant leurs multinationales de la banqueroute mais pas au-delà d’une certaine limite.
Il semble également qu’Israël est en mode folie ++ après la désintégration de son image forgée de toutes pièces par les médias de la propagande universelle durant des décennies. Avec l’aide de son hôte américain, le parasite attaque dans tous les sens et semble comme un chien enragé après l’échec d’un mythe fortement rémunérateur (l’Allemagne paye toujours et semble non seulement aimer se faire escroquer mais participe activement et avec un enthousiasme rarissime au génocide de Gaza).
Le Qatar a t-il été informé du traquenard ?
Est-il complice ?
Cela importe peu du moment qu’il ne contrôle rien contrairement à l’image construite des médias de propagande occidentaux le présentant ainsi que ses rivaux des Émirats Arabes Unis comme des acteurs influents. Les pays du Golfe sont nus. Et ils ne sont pas les seuls. Nous vivons une période extraordinaire de dérives dans tous les sens. C’est le chaos. Le piège de Doha vient d’enfermer tous les protagonistes. Cela va mal se terminer.
L’espace aérien qatari est essentiellement contrôlé et surveillé par les Américains.
C’est ce qui arrive lorsque l’on accepte qu’un pays étranger “garantisse” la défense de sa nation.
Voir en ligne : https://strategika510.com/2025/09/1...


