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À propos de Badinter, le panthéonisé
vendredi 10 octobre 2025 par Bertrand Heilbronn
Un grand homme sur l’abolition de la peine de mort, un tout petit sur l’application du droit dès qu’il s’agissait d’Israël.
Pour être tout à fait précis (mais de mémoire quand même), la Palestine a signé le statut de Rome pour être admise à la CPI en 2015, et elle a officiellement signé sa plainte contre l’État d’Israël en mai 2018. L’enquête préliminaire a été bouclée en 2019.
En 2020, dans la dernière ligne droite avant l’ouverture de l’enquête, la procureure Fatou Bensouda a demandé à la chambre préliminaire de la CPI de se prononcer sur la compétence territoriale de la CPI concernant la Palestine, et ceux-ci avaient fait un appel à contributions.
C’est donc tout à fait officiellement que Badinter a co-signé une contribution d’avocats disqualifiant toute enquête de la CPI sur des faits commis sur le territoire palestinien. Pour mémoire, la France avait au contraire produit officiellement une contribution en faveur de l’ouverture de cette enquête.
La décision de la chambre préliminaire a été rendue le 5 février 2021, et la procureure a ouvert l’enquête le 3 mars.
Si l’avis de Badinter avait été suivi, la CPI n’aurait pas ouvert d’enquête sur les crimes commis contre les Palestiniens sur le Territoire palestinien occupé.
Il n’a heureusement pas été suivi, mais on peut quand même se dire que s’il s’était prononcé en faveur de l’application du droit, et contre l’impunité des responsables israéliens pour les crimes commis sur le territoire palestinien, il serait apparu comme un défenseur du droit en toutes circonstances, et avec son statut de grande personnalité et de français juif, il aurait pu avoir une influence considérable.
Un grand homme sur l’abolition de la peine de mort, un tout petit sur l’application du droit dès qu’il s’agissait d’Israël.

