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Que signifie le vol du Louvre ?
mardi 21 octobre 2025 par Francis Arzalier
Nos télévisions ne parlent plus que de cela, avec effarement et étonnement feint : d’adroits cambrioleurs sont entrés grâce à un simple monte-charge de la rue parisienne au sein même du plus célèbre musée de France (et peut être du monde ?), et en sont repartis en scooters avec une bonne partie des bijoux des monarques français qui y étaient conservés en Patrimoine national. On les poursuit, bien sûr, mais les Joyaux de France n’y survivront peut-être pas, distribués, peut être découpés, au profit de collectionneurs milliardaires peu scrupuleux et de Capitalistes exotiques.
On peut débattre à l’infini du symbolisme de l’événement, de ce qu’il dit du déclin national, de ses Musées comme d’autres services publics. Chacun des chroniqueurs habilités n’y manque pas, y compris ceux, rigolards sans scrupule, qui voient avec plaisir de modernes Arsène Lupin ridiculiser un peu plus Macron (Monsieur 14 pour cent dans les sondages !) et son troupeau de ministres déjantés, dont l’aboyeuse arriviste Rachida Dati, le jour même où l’ex-Président Sarkozy va être incarcéré à la Santé !
On peut effectivement plaisanter des avatars d’une Nation qui ressemble de plus en plus au Royaume du Père Ubu !
On peut aussi, c’est notre cas, regretter cet effondrement d’un pays qui fut grand, mais qui fut aussi, épisodiquement, un modèle d’espoir pour le Monde, grâce au paysans révolutionnaires de 1789-93, aux ouvriers socialistes de1871, à ceux communistes de1936, etc. : en fait, chaque fois que la masse majoritaire exploitée de la nation a bousculé l’histoire et imposé ses solutions de paix et progrès social aux « Élites » privilégiées.
Mais en ces occasions, cette majorité avait une claire conscience de ses intérêts et de sa force, avait échappé pour un temps à l’emprise idéologique des puissants et de leurs laquais, prêtres d’autrefois et communiquant rétribués d’aujourd’hui.
Ce n’est pas le cas en 2025 : la masse des Français est imprégnée jusque dans ses soubassements de l’égoïsme libéral, persuadé que l’intérêt individuel et l’initiative personnelle sont supérieures aux choix collectifs, et donc aux services publics.
C’est dans ce contexte fabriqué, et du rapport de forces sociales qui en découle depuis des décennies en faveur des « Élites bourgeoises », que les dirigeants successifs de la France, du droitier Giscard d’Estaing au PS Jospin, ont multiplié les privatisations, et démantelé les services publics hérités des périodes fastes de notre histoire.
C’est en vertu du même dogme issu de l’égoïsme libéral, que nos lupins de 2025 ont privatisé en quelques minutes les joyaux conservés au Louvre en tant que patrimoine national.
Contrairement aux naïves croyances anarchistes, le mépris des lois, qui, même dans une société de classe, sont, comme le dit autrefois j j Rousseau, un « contrat social » nécessaire, l’expression de la volonté des citoyens permettant la vie collective.
En ce sens, les délinquants, les gens du « milieu », n’ont rien de révolutionnaire : ils sont au contraire les éléments avancés de l’idéologie du capitalisme.
Jusques à quand ?

