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Je ne crois pas que ma contribution suscitera débat et je le regrette.
jeudi 4 décembre 2025 par Alain Chancogne
Plus que jamais Jaurès est actuel :
"Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire "
Selon mes informations et si j’excepte ce magnifique meeting de soutien à notre camarade Jean-paul Delescaut , je prends le risque de dire que ce 2 décembre est un échec de mobilisation.
On pourra se raconter tout ce qu’on veut, par rapport à la météo, à l’exaspération populaire concernant le triste spectacle parlementaire politicien au sujet des débats en cours concernant sécurité sociale et budget du pays, etc…
Ma critique irritera certains parce que je n’étais pas à la manif bordelaise pour des raisons de santé que certains connaissent....
(Moins de mille participants...)
Je crois vraiment que si nous n’arrivons pas à oser poser les questions de quel syndicalisme de classe en 2025 nous avons besoin alors nous passerons à côté de tout ce qui pourrait modifier le rapport de force.
Comme mon ami Jean-Pierre Page, plus j’essaie d’analyser avec le maximum de lucidité la situation concrète en cet automne 2025 et plus je crois que la question n’est pas/n’est plus- de savoir comment on peut encore de l’intérieur, au sein de la CGT, empêcher la totale liquidation de plusieurs décennies de courage et d’obstination marxiste.
Comme je n’écris pas pour plaire, je maintiens que pour ma part je ne vois qu’une solution.
Il y a dans des milliers d’entreprises, les hommes et les femmes syndiqués ou pas à la CGT ou ailleurs, qui ont besoin d’une organisation de rupture totale avec ce qu’est devenu aujourd’hui la version CES d’une stratégie qui a conduit depuis Viannet, à décréter que l’effondrement du courant révolutionnaire à la fin du millénaire précédent, ne permettait pas à la CGT dans le contexte international, de conserver des pratiques d’affrontement avec l’adversaire.
Qui auraient d’après ses camarades isolé la classe ouvrière française dans ce qui est la lutte finale aujourd’hui face à un capitalisme que sa crise systémique conduit pour différer l’agonie, à une violence sans précédent afin de détruire tous nos conquis sociaux et démocratiques !!
Cette situation ne peut pas selon moi trouver une issue d’émancipation humaine sans une véritable révolution concernant notre approche du lien entre travailleur et organisation représentative.
Il y a dans la société une sourde exigence de "démocratie ouvrière", un refus surtout parmi la jeunesse d’avoir à obéir à des mots... d’ordres venus d’en haut...
Avec des formes de coordination qui aujourd’hui sont absolument obsolètes !!
Je ne vois pas d’autre issue que la constitution qui demandera certainement patience révolutionnaire, de genre de Comités de base au niveau de l’entreprise, élaborant les revendications à partir de ce qu’il y a dans la tête des travailleurs et pas simplement approbation de photocopie des décisions de dernier congrès fédéraux, d’UD voire Congrès surtout quand on connaît les manœuvres de ces dernières décennies utilisées par certains pour liquider la contestation de lutte de classe.
Je n’insiste pas mais ce n’est pas le dernier congrès confédéral ou le récent congrès de l’UDCGT 13 qui risqueront démentir mon affirmation.
C’est avec cette stratégie véritablement révolutionnaire, d’autogestion permanente de l’expression des salariés sous toutes ses formes y compris bien sûr avec la recherche de forme d’action adaptée à chaque situation concrète, que pourra se mettre en place une invention de coordination transversale et verticale qui constituera objectivement une forme de congrès fondateur d’une organisation de masse. Qui cessera d’être une section française de la confédération européenne des syndicats...
Comme pour tout ce qui est de reconstruction du courant révolutionnaire, cela se fera avec sûrement la majorité de sincère et dévoué militant d’entreprise de responsable locaux fédéraux voir de l’actuel CCN.
Mais nous savons aussi que cela se fera sans certains, voire contre d’autres !
Je sais que mes propos sur ces questions dérangent parce qu’objectivement ce qui arrange un peu c’est de mettre la poussière sous le tapis.
Au prétexte de ne pas hurler avec les loups on s’enfonce dans le silence des agneaux.
On raconte ou plutôt on se raconte que ce qui freine la mobilisation de masse c’est l’absence d’unité entre organisations actuelles.
Je prétends que c’est l’unité de l’inaction avec les calendriers de journée trimestrielle de défoulement qui contribue objectivement à paralyser la nécessaire, indispensable, unité ouvrière enfin non pas de scander dans le vide "grève générale" mais de travailler à chaque instant dans les consciences d’un besoin de généralisation des grèves.
Cela commence bien sûr dans son atelier et son bureau.
Je dis que ce débat n’a pas eu lieu réellement dans les congrès que l’on nous présente comme ayant permis d’éloigner des postes de commande les Martinez & Co.
Si on estime ici que j’enfonce une porte ouverte ou que je rabâche je ne sais quelle incantation gauchisante, je ne suis pas de ceux que cela vexera ou que cela pourrait contribuer à faire taire, histoire de ne pas donner du grain à moudre à l’adversaire.
Nous venons de traverser une période où jamais nous n’avons été confrontés à la fois à un tel tsunami de recul social... Avec une telle faiblesse dans la réaction de notre classe.
Je n’ignore rien et pour cause de ce que peuvent être les obstacles à l’action.
Que ce soient les problèmes de pouvoir d’achat, de la précarité de l’emploi, de ce que peut représenter aujourd’hui un loyer ou un remboursement d’emprunt par rapport au salaire ou à la retraite…
Il est vrai que nous ne sommes plus comme en 68 avec le déboursement de 10 à 15 % de son salaire pour payer alors son loyer...
Et comme je viens de passer 7 ans avec un reste à vivre de 400 €, par suite de mon surendettement, on n’a pas besoin de me sortir des statistiques d’aujourd’hui.
Je me permets quand même de rappeler que lorsque les mineurs du Nord en 1941 se dressent contre les nazis avec leur cahier de revendications, ils ne font pas partie d’une classe ouvrière qui serait tombé du ciel en pleine occupation, avec privations et répression !!
Je resterai persuadé jusqu’à ma mort qui s’approche qu’il existe des voies inexplorées pour que nous puissions assister très vite à ressaisissement de classe.
J’ose même dire que ce qu’il va nous être le plus difficile à affronter ce n’est pas le désintérêt des travailleurs pour nos propositions de mobilisation.
Cela va être la réaction de certains qui pour parler clair, ont peur que si les travailleurs "renversent la table", ils fassent aussi tomber des chaises où sont assis quelques postérieurs de « dirigeants » en train de nous diriger vers l’abime.
A.C

