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La Grèce paralysée par l’explosion de colère paysanne
Là-bas comme ici !
jeudi 18 décembre 2025 par Unité CGT
Depuis fin novembre, la Grèce est bloquée et paralysée par des mobilisations massives et déterminées des paysans et un mouvement de contestation d’une ampleur inédite, de par sa durée et son intensité.
Des dizaines de milliers de petits agriculteurs, avec plus de 20 000 tracteurs, bloquent ainsi les routes principales et les autoroutes (notamment entre Athènes et Thessalonique) mais aussi les aéroports, notamment en Crète et les ports, à l’image du port de Volos, immobilisé par les actions de blocage.
📌 Les mobilisations, de très grande ampleur, rayonnent depuis la Thessalie et la Crète, deux régions où les 500 000 agriculteurs grecs (sur 10 millions d’habitants) sont concentrés géographiquement. Cette colère immense des paysans et éleveurs est alimenté par le non-versement anticipé de l’aide de base de la Politique agricole commune (PAC) 2025 en raison d’une énorme fraude visant Opekepe, l’agence publique chargée de distribuer les fonds européens
L’Union européenne a, en réaction, infligé une amende de 455 millions d’euros à la Grèce et bloqué les fonds 2025 jusqu’à des contrôles renforcés, aggravant les retards sur les aides 2024 et les indemnisations pour les inondations de 2023. Les petits exploitants dénoncent aussi la hausse des coûts de production, la baisse des revenus et l’absence de volonté politique pour soutenir le secteur primaire, menacé d’effondrement.
⚫ Car il faut savoir que le gouvernement grec refuse, au nom "du libre marché", de satisfaire des demandes légitimes et "basiques" - les paysans revendiquent un carburant non taxé et des prix garantis pour les produits agricoles - mais accorde en même temps du carburant non taxé aux richissimes et puissants armateurs pour augmenter encore davantage leur rentabilité, tout en accordant des prix minimums garantis pour l’électricité aux monopoles des énergies renouvelables.
En outre, et en miroir de la situation actuelle France, le gouvernement grec refuse de vacciner les animaux et préfère les abattre et détruire les élevages afin de ne pas nuire aux intérêts des monopoles qui exportent notamment la feta grecque. L’Etat grec protège avant tout les grands groupes capitalistes qui dominent le secteur de l’exportation.
📌 Le Parti Communiste de Grèce (KKE) et le Front militant de tous les travailleurs (PAME) apportent un soutien actif, inconditionnel et concret à ces mobilisations, appellent à renforcer l’alliance ouvriers-paysans, articulent et organisent des manifestations conjointes contre la politique capitaliste de l’UE et du gouvernement. Ces organisations dénoncent la répression policière, exigent le déblocage immédiat des aides, s’opposent aux monopoles agro-alimentaires et agricoles.
Enfin, le KKE comme le PAME pointent du doigt, notamment en ce qui concerne les mêmes régions de la Thessalie et de la Crète cités plus haut, la transformation de ces territoires en "bases militaires de mort", et l’installation d’infrastructures liées aux efforts militaires contre la Russie, à la guerre en Ukraine, à l’armée américaine et à l’OTAN en lien avec les projections impérialistes dans cette région, en vue d’une confrontation encore plus aiguë avec la Russie.
⚫ La Thessalie, et plus largement la région de Larissa a en effet été transformée en un centre de planification de l’industrie militaire et de guerre. Larissa est ainsi le centre névralgique de l’OTAN en Grèce. "La 110e escadre de combat abrite des avions sans pilote américains, qui participent à des missions d’espionnage et d’attaque dans les Balkans, la mer Noire et le Moyen-Orient." a ainsi souligné le secrétaire général du KKE qui a rappelé l’effort budgétaire militariste colossal imposé par l’Etat grec pour "des équipements qui n’ont rien à voir avec la défense du pays ou la protection de ses droits souverains."
📌 « Contre le nouveau budget de l’État consacré à la guerre, aux impôts et à la pauvreté, les travailleurs manifestent mardi 16 décembre lors des rassemblements organisés par le PAME, les syndicats et les organisations dans tout le pays, en opposition à la politique du profit qui les considère comme de la « chair à canon » et une main-d’œuvre bon marché pour les monopoles. », a déclaré le PAME dans son appel à la mobilisation contre le budget de l’Etat.
« Dans le même temps, les rassemblements ont le caractère de manifestations massives de soutien au soulèvement légitime des paysans qui luttent pour leur survie, marquant l’intensité de la lutte commune des travailleurs avec les paysans des villages et des villes contre leur ennemi commun. », a encore souligné le syndicat de classe.
Les mobilisations paysannes en Grèce ne peuvent que faire échos aux luttes en cours dans notre propre pays. Depuis le début de la semaine, les actions de blocages se poursuivent. Jusqu’à une amplification encore plus grande du mouvement ?
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