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Incohérences et contradictions chez Donald Trump

dimanche 28 décembre 2025 par Philippe Arnaud, AMD Tours

Vous avez sans doute noté deux incohérences, deux contradictions de Donald Trump, qui n’ont guère été mises en relief par les médias.

1. La première est la raison invoquée pour bombarder le Nigeria. Donald Trump prétend que ces bombardements répondent à une persécution des chrétiens par les musulmans. Or, le Nigeria est un pays où il n’y a pas de religion d’État. Si les musulmans représentent près de 54 % de la population (117 millions), les chrétiens y sont près de 46 % (101 millions). Ces derniers n’y sont pas une communauté résiduelle et les persécutions n’y relèvent pas de l’État ou du gouvernement - en outre, au Nigeria sévit une insécurité endémique, qui touche tout le monde, et les musulmans sont aussi victimes de mauvais traitements de la part d’autres musulmans.

A l’inverse, en Arabie saoudite, la seule religion admise est l’Islam sunnite : toutes les autres sont interdites. Il n’y a, en Arabie saoudite, ni église ni temple protestant. Un musulman qui se convertit au christianisme ou qui porte un signe ostensible de sa foi (crucifix, vêtements sacerdotaux), risque, au minimum, la prison, quand ce n’est pas la flagellation, voire la décapitation - ou pire. Pourquoi Donald Trump n’envoie-t-il pas ses missiles sur Riyad ?

2. La deuxième est la raison invoquée pour bombarder des embarcations vénézuéliennes et soumettre le pays à un blocus sur son commerce pétrolier. Donald Trump accuse en effet (sans preuves) Nicolas Maduro, le président du Venezuela, d’être à la tête d’un trafic de drogue qui inonderait les États-Unis de ses produits mortifères. Or, tout récemment, dans la cadre des élections présidentielles honduriennes (qui ont vu la victoire d’un candidat de droite pro-Trump), Trump, pour peser sur les élections honduriennes, a fait gracier l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernandez, que la justice américaine avait pourtant condamné à 45 ans de prison pour... trafic de drogue !

Cela ne rappelle-t-il pas quelque chose ? Dans les années 1980, les États-Unis soutinrent le général Manuel Noriega, président du Panama, dictateur et trafiquant de drogue notoire. Ils fermèrent les yeux sur ses turpitudes tant qu’il appuya la politique nord-américaine. Le jour où il tenta de s’émanciper le président Bush père, fin décembre 1989, envahit le pays, captura Noriega et le laissa condamner à 40 ans de prison par un tribunal américain. Que vaut la sincérité d’une accusation américaine pour trafic de drogue ?

   

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