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Recommençons...
vendredi 2 janvier 2026 par Charles Hoareau
Il y a un an ici même nous posions la question « en 2025 peut-on encore se souhaiter bonne année ? » tant l’année à venir paraissait lourde de menaces en France et dans le monde.
Un an plus tard force est de constater que la question n’était pas vaine.
Le monde semble plier sous le poids d’un impérialisme d’autant plus agressif que la bête capitaliste est blessée par les coups des peuples qui relèvent la tête. Palestine, Ukraine, Venezuela, Asie, Soudan, Congo...
Les guerres ravagent la planète et la frénésie guerrière semble sans limite dans un monde où Trump, exécutant zélé du capitalisme étasunien, se rêve roi du monde.
Ce faisant il fait penser au « roi des fous, » [1] et ses partisans au proverbe béninois “Le fou qui parle avec vigueur attire plus de monde que le sage qui murmure.”
Ces guerres qui balafrent la planète et les êtres vivants sont aussi rendues possibles par un mélange de complicité et de lâcheté des autres « fous » qui gouvernent des portions de ce monde qui nous est commun.
Ceci en commençant par les dirigeants de l’union européenne qui face aux plus grands massacres émettent au mieux parfois de faibles protestations, quand ils ne se taisent pas ou pire approuvent ou initient leurs propres foyers incendiaires.
La France aussi n’est pas épargnée par la folie des gouvernants, cette équipe de « fous » qui, depuis 2017 a battu le record des mises en examen ou condamnations [2], entre deux affaires politico-judiciaires, attaque les retraites, le droit du travail, à la santé, au logement...et pour finir le droit d’expression de celles et ceux qui s’opposent à leur folie collective.
Dans ces conditions, cette année aussi, peut-on encore se souhaiter bonne année ?
Bonne santé bien sûr pour chacune et chacun d’entre nous mais peut-on le faire collectivement ? Est-ce possible à l’heure où face à cette barbarie des possédants, le peuple, au moins ici en France, semble tétanisé, indifférent ou parfois, même pire participant volontaire à la barbarie des fou-régnants prônant racisme, nationalisme, colonisation et islamophobie ?
Nos vœux peuvent sembler d’autant plus irrationnels que notre propre camp, celui de celles et ceux qui auraient pourtant intérêt à combattre ensemble « les rois des fous », est affaibli et divisé dans des guerres intestines qui ne semblent pas avoir d’issue...
Alors que faut-il faire ? Se résigner ? Admettre que le droit au bonheur est inaccessible à l’humanité ? Danser et s’enivrer sur le pont du Titanic en regardant le bateau sombrer ? Dire que décidément les « autres » (surtout pas nous) sont trop cons et renoncer à chercher en eux l’étincelle de l’espérance ?
La fin de 2025 a été marquée par la victoire des PAMAR, à quelques jours des 2 ans de leur lutte. Ces femmes et ces hommes « de rien » auraient-ils pu franchir cette étape s’ils avaient renoncé ?
Eux et elles pourtant promises au mépris, à la peur, à l’exploitation et au racisme...
2025 a été aussi l’année de la libération de Georges Ibrahim Abdallah...En 41 ans il a eu largement le temps de renoncer, de se plier, de désespérer : au lieu de cela il a tenu bon, il est devenu un symbole pour son peuple et, au-delà du Liban, un emblème vivant de la résistance internationale....
Ce 25 décembre avait lieu en Argentine, la 2484ème marche des « folles de mai » qui, depuis le samedi 30 avril 1977, tournent sur cette place de Buenos Aires qu’elles ont rendue célèbre par leur marche hebdomadaire pour la justice, depuis plus de 47 ans...
À Marseille comme dans d’autres villes du monde c’est pour la Palestine que des hommes et des femmes chaque semaine marchent depuis plus de deux ans sans jamais renoncer rappelant la détermination sans faille des américaines du Sud.
Dans les temps sombres que nous traversons c’est à ces longs combats tenaces et aux femmes d’Argentine que nous pensons, elles qui dans leur forme de lutte ont précédé les manifestants d’aujourd’hui.
À elles et à leur hymne à la résistance, qu’on imagine écrit quelque part à Buenos Aires à la force des muscles fatigués et des esprits chavirant devant la dureté du combat.
- « Même si tu sens la fatigue…
- Même si le triomphe t’abandonne…
- Même si une erreur te fait mal…
- Même si une trahison te blesse…
- Même si une illusion s’éteint…
- Même si la douleur brûle tes yeux…
- Même si on ignore tes efforts…
- Même si l’ingratitude en est le prix…
- Même si l’incompréhension coupe ton rire…
- Même si tout a l’air de rien…
- RECOMMENCE ! »
Extrapolant sur le texte de Magdane on peut se dire que si “les cons du monde entier”, dont nous faisons partie quoique nous faisions semblant de croire le contraire, si tous les "cons" donc se donnaient la main alors nous donnerions tout son sens au dicton sénégalais :
“Une seule main ne peut ramasser la farine.”
Comme l’a tant de fois écrit Georges depuis les barreaux de sa cellule « Ensemble Camarades, et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons ! »
Ce n’est qu’ensemble, que nous pourrons obliger « les rois fous à poser leurs jouets » et faire ainsi place à la paix.
Pour une année de paix, de justice et d’humanité.
En 2026 recommençons...
Le 01 01 2026
Voeux de l’ANC vendredi 30 janvier 18h
[1] Texte écrit il y a plus de quarante ans par Roland Magdane
[2] Plus d’une vingtaine au total https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/affaires-politico-judiciaires-une-vingtaines-de-membres-du-gouvernement-mis-en-cause-depuis-2017-3244428 sans que le chef des fous ne remette en cause leur mandat

