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Israël repousse sa ligne jaune, nouvelle frontière ou nouveau front du génocide
mercredi 14 janvier 2026 par Jo Westphal
L’armée israélienne repousse progressivement la “ligne jaune” démarquant sa zone de contrôle, confirmant sa volonté d’annexer le territoire et de procéder au déplacement des Palestinein-nes de Gaza.
Lundi dernier, l’armée israélienne forçait des familles, réfugiées le long de l’artère principale de la rue Salah al-Din, à fuir encore, menacées par l’avancée progressive des troupes.
“Les attaques israéliennes en cours sur le terrain et l’extension de la ‘ligne jaune’ visent à envahir davantage le territoire à l’est, réduisant ainsi considérablement la superficie totale où les gens peuvent se réfugier”, expliquait le journaliste Hani Mahmoud sur Al Jazeera. Ce même jour, comme de nombreux autres, des bombardements retentissent en particulier dans les quartiers de Tuffah, Shujayea et Zeitoun, à l’est de la ville de Gaza.
“Tout le monde est à l’étroit ici. La population a doublé et même triplé dans de nombreux quartiers, étant donné qu’aucune de ces personnes ne peut retourner dans son quartier.”
Ces attaques repoussent les populations et étendent la zone contrôlée par Israël, en flagrante violation du soi-disant “cessez-le-feu” prévu par l’accord de “paix” conclu en octobre dernier.
La ligne jaune, nouvelle frontière…
L’accord de “paix” porté par Donald Trump et entré en vigueur en octobre dernier, définissait le retrait provisoire des troupes israéliennes derrière une “ligne jaune” qui couvrait un périmètre de près de 53% de l’enclave palestinienne.
La seconde phase du plan, dont la mise en oeuvre semble compromise, prévoyait le retrait total de Gaza par l’armée israélienne. Pourtant, les déclarations israéliennes ont toujours été en contradiction avec cet engagement, le chef militaire Eyal Zamir allant, en décembre dernier, jusqu’à qualifier la ligne jaune de “nouvelle frontière” entre Israël et la bande de Gaza.
Derrière la ligne jaune, les habitant-es rapportent observer des destructions continues, confirmées par les images satellites. Les habitations et infrastructures y sont méticuleusement rasées, ce qui constitue un crime au regard du droit international, qui interdit la destruction délibérée de biens civils.
Selon de nombreux reportages et analyses, Israël projetterait de construire dans sa zone de contrôle des camps de réfugié-es “alternatifs et sûrs” où les Gazaoui-es pourraient être déplacé-es sans possibilité de retour dans la partie palestinienne de l’enclave. Ce projet soulève de vives inquiétudes car il entraînerait une division de l’enclave palestinienne et le déplacement massif de sa population.
Outre la volonté israélienne affichée de pérennisation de la “ligne jaune”, de nombreux-ses observateur-ices alertent sur le fait qu’Israël déplace celle-ci continuellement, rognant peu à peu l’espace où sont contraint-es de s’entasser 2,2 millions de Palestinien-nes.
… ou nouveau front
Selon un reportage d’Al Jazeera basé sur l’étude d’images satellites et le témoignages de ses journalistes locaux, la ligne jaune israélienne est matérialisée par 192 blocs de béton peints en jaune, et 34 monticules de terre.
Ces marqueurs ont été déplacés progressivement par les soldat-es israélien-nes, sur des distances allant jusqu’à 675 mètres, et les images satellites documentent que les bâtiments situés derrière la ligne déplacée ont été détruits.
Selon un communiqué du Centre palestinien pour les droits humains (PCHR), le 10 janvier dernier, l’armée israélienne contrôle désormais 60% de la bande de Gaza. “Cette expansion touche désormais des zones telles que le camp de réfugiés de Jabalia et l’est de Khan Younis, les plaçant sous contrôle militaire direct”, précise le PCHR.
- “Tout cela survient à un moment où la population de la bande de Gaza continue de souffrir d’un manque de logements adéquats, suite à la destruction d’environ 90 % des bâtiments dans toute la bande au cours des 26 derniers mois, dans un contexte marqué par les répercussions persistantes de l’agression, le siège et les mauvaises conditions météorologiques qui ont gravement affecté les conditions humanitaires, économiques et sanitaires.”
Selon un article du Times of Israel citant des officiels israéliens, Israël prévoirait de reprendre son offensive à Gaza en mars prochain, afin de s’emparer de nouveaux territoires et de repousser la ligne jaune plus à l’ouest, vers la côte de l’enclave.
Israël invoque pour justifier ces actions un possible échec des négociations en vue de la seconde phase de l’accord de “paix”, sans répondre aux condamnations qui l’accusent d’avoir violé ce même accord plus de 1 200 fois.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les attaques israéliennes ont tué au moins 414 Palestinien-nes et blessé 1 145 autres.
Voir en ligne : https://agencemediapalestine.fr/blo...

