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Les raisons de la purge militaire chinoise
mercredi 4 février 2026 par Strategika5100
Juste pour réfléchir et essayer de mieux interprété ! Où la Chine n’échappe pas à la nature humaine ... (JP)
Les changements ayant réduit la puissance Commission militaire chinoise à deux personnes ont été diversement interprétés et continuent d’être analysés sous l’angle d’une dynamique de pouvoir mettant en jeu le pouvoir effectif du président chinois Xi Jinping et l’équilibre interne du parti communiste chinois mais il semble que les motivations réelles de ce qui est qualifiée en Occident de « purge » avec des références implicites ou explicites aux purges de Staline ayant quasiment décapité l’Armée soviétique à la veille de la Seconde guerre mondiale soient encore sous-évaluées et mal cernées car elles relèvent d’une volonté de la Chine à éviter le scénario d’une corruption systémique au sein du haut commandement militaire susceptible de reproduire la mésaventure russe au début de la guerre en Ukraine en février-décembre 2022.
Pour tenter de cerner ces appréhensions, il convient de rappeler les facteurs ayant déclenché cette remise à niveau brutale et sans état d’âme du haut commandement militaire chinois : les premières purges ont débuté suite à des informations confirmées selon lesquelles le niveau de corruption au sein du commandement militaire chinois aurait atteint un seuil critique et donc gravement compromis des équipements et des infrastructures militaires.
Selon des informations fiables OSINT issus du renseignement US à considérer avec precaution, des silos de missiles ont été équipés de couvercles trop lourds pour s’ouvrir correctement lors de la phase du lancement et des missiles déployés dans l’ouest de la Chine auraient été remplis d’eau au lieu de propergol.
La purge a d’ailleurs commencé par cibler les commandants de la force stratégique chinoise avant de s’étendre en cercles concentriques au plus haut responsable militaire.
Cette perception pourrait avoir été induite et ce qui ce passe au sein d’un pouvoir apparent que des analystes dédiés à la politique chinoise croient connaître n’est qu’une image convenue « distribuée » car les dynamiques de pouvoir sont en définitive loin d’être cernées.
Ce qui est certain est que la guerre en Ukraine a relancé des débats doctrinaux, stratégiques, tactiques et techniques assez âpres en Chine et l’une des premières conclusions de ces débats toujours en cours est que le leadership russe avait lancé sa machine militaire dans une guerre « tardive » sans préparation d’aviation ou d’artillerie mais surtout en ignorant le degré de corruption de l’administration militaire russe.
Ce qui a nécessité des purges et des réformes sur le tas dans le feu de l’action et dans l’urgence dans un conflit existentiel où il n’y avait guère de marges de manœuvre face à un pays aussi corrompu mais utilisé comme un proxy par les États-Unis et l’OTAN dont les systèmes fonctionnent sur une sorte de giga-corruption générée par la fabrique de la guerre en tant que moteur de croissance économique.
Le lancement d’un groupe d’assaut héliporté au-dessus du réservoir de Kiev au début de la reprise du conflit en Ukraine en 2022 était un acte téméraire mais relevant de la folie selon les préceptes de la stratégie.
Cet assaut n’a été précédé ni pas une longue campagne aérienne et balistique pour réduire les défenses et les superforteresses adverses, ni de barrages d’artillerie pour préparer le terrain à l’avancée des forces. Le blocage d’un long convois militaire russe sur la route de Kiev suite à des ordres, des contre-ordres et l’absence de directive a été fatal et a révélé la lourdeur et les dysfonctionnements d’une administration militaire lourde, lente, non réactive et autiste face aux réclamations et besoin des officiers sur le terrain.
Après des jours d’attente, le convoi fut l’objet d’attaques de flanc par des petites formations dotées d’armes antichar avant de se replier avec de lourdes pertes. C’est à partir de ce moment que le président russe Vladimir Poutine entama un bras de fer avec les « grands barons » inamovibles de la logistique militaire en utilisant des forces auxiliaires comme la PMC Wagner, dont le chef très médiatisé, Euvgeny Prigogine, avait fini par se révolter avant qu’il ne perde la vie après que son avion ait été abattu par un missile.
Ces ajustages ad-hoc et selon le contexte ou en réactions aux revers subis ont été coûteux mais ont plus transformé les forces armées russes dans le sens d’une amélioration des performances (ciblage, réactivité, règles d’engagement, art opérationnel, économie des moyens, etc.) que tous les efforts de modernisation fournis depuis 2001.
Le leadership chinois veut éviter un tel scénario et y remédier avant l’éventualité d’un conflit d’autant plus que les forces armées chinoises n’ont pas eu autant d’expérience en matière de déploiement et de participation à des conflits que celle des autres puissances.
Cela démontre des capacités de projection managériale à long terme et à angle ouvert.
Gouverner c’est prévoir et dans ce domaine, les dirigeants chinois se montrent nettement qualifiés, même s’il demeure impossible d’éradiquer un phénomène comme la corruption, devenu endémique dans la totalité des pays du monde.
Voir en ligne : https://strategika510.com/2026/02/0...

