Le Manifeste

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Conférence de Munich : quand le soldat Rubio tente de sauver le suprémacisme blanc

mercredi 18 février 2026 par P.M Transmis par B.D.

La conférence de Munich sur la sécurité vient de s’achever, et je ne sais pas si les Africains ont prêté attention au discours du ministre américain des Affaires étrangères, Marco Rubio. Pour ceux qui ne l’ont pas suivi, on va résumer en une phrase : Rubio a plaidé pour une restauration de l’Occident — au nom de la « civilisation occidentale » — sous la direction des États-Unis.

Il a livré un plaidoyer pour une vision du monde que l’on peut, sans exagérer, rapprocher de ce qu’on appelle la « suprématie blanche », avec tout ce qu’elle charrie de lourd et de problématique.
Il semble regretter l’époque où l’homme blanc s’arrogeait le droit de conquérir la planète et d’assujettir les prétendues races « inférieures » à ses caprices. Il a appelé l’Europe à se ranger derrière l’Amérique de Donald Trump, engagée dans une nouvelle croisade contre ceux qui défient l’ordre international façonné et dominé par les États-Unis.

Et au terme de son allocution, les dirigeants et responsables européens lui ont réservé une ovation debout. Rien d’étonnant : tout en les bousculant, Marco Rubio leur a tout de même rappelé, en filigrane, ce passé « glorieux » où l’homme blanc pouvait commettre des génocides, coloniser, dominer et imposer ses volontés et ses soi-disant « valeurs » au reste du monde sans sourciller.

Deux grandes leçons se dégagent de cette intervention, qui reflète la vision américaine en matière de politique étrangère.

Premièrement, certains Occidentaux semblent incurables : on ne les guérira pas de leur obsession de diriger le monde. Quand on a construit sa prospérité sur la souffrance d’autrui, en enjambant des montagnes de cadavres et en s’abreuvant de torrents de sang humain, il devient difficile d’accepter un monde qui refuse désormais cette prétention à la domination.

Deuxièmement, les Africains en général, et les Congolais en particulier, devraient en tirer les conclusions qui s’imposent. Ceux qui sont aux manettes dans la plupart des pays occidentaux ne rêvent que d’une chose : les dominer. Ils sont désemparés parce qu’ils n’ont plus les moyens de leur domination.

Ce n’est pas le monde qui est en crise, comme le répètent certains commentaires occidentaux ; c’est l’hégémonie occidentale qui est malade de son déclin et qui cherche la bonne formule pour se prolonger.

On peut détester Donald Trump et le comparer, comme le font certains en Europe, à Adolf Hitler. Mais il faut garder à l’esprit que l’Amérique de Trump n’est pas fondamentalement différente de l’Union européenne d’Ursula von der Leyen ; et que le président américain, comme Hitler par ailleurs, sur l’essentiel, n’est pas très différent de ses homologues européens.

Ce que Trump a en commun avec Hitler, c’est d’appliquer à ses semblables occidentaux — donc à des Blancs comme lui — ce que l’Occident a toujours fait subir aux non-Blancs.

Oui, ce qui a fait de Hitler un monstre, ce n’est pas seulement la nature criminelle de ses actes, mais aussi l’identité — blanche — de ses victimes. L’histoire écrite par ceux qui ont exterminé les Amérindiens et décimé des nations entières en Amérique latine, en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, au nom d’une prétendue supériorité civilisationnelle, ne lui pardonne pas de s’être « trompé de race » dans son entreprise exterminatrice.

Trump, à son tour, est en train de « se tromper de race », et cela heurte profondément l’Europe, qui préférerait voir le camp occidental resserrer les rangs face à la montée des puissances dites « révisionnistes » — Chine et Russie en tête — autour desquelles se greffent plusieurs pays de la Majorité mondiale.

C’est cette dynamique que Rubio a, au fond, mise en lumière à Munich.

Aux Africains de mesurer lucidement ce qui se prépare…

   

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