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Guerre majeure en Asie occidentale : J+11
mardi 10 mars 2026 par Strategika5100
La campagne militaire soutenue menée par les États-Unis a considérablement affaibli les capacités militaires conventionnelles de l’Iran, celui-ci payant les frais de longues années de sanctions et d’engagement dans un processus de négociations diplomatiques sur une prétendue question nucléaire en échange d’un allègement des sanctions mais surtout de l’absence d’un programme nucléaire militaire.
Il y a deux hypothèses expliquant la non accession de l’Iran au statut de puissance nucléaire :
La première est idéologique et semi-religieuse et découle d’une Fatwa ou avis religieux émis par Feu Ali Khamenei, l’ancien Guide suprême de la Révolution iranienne, laquelle a déclaré la possession de la bombe atomique comme illicite et immoral d’un point de vue religieux ;
La seconde est relative à une incapacité technique aggravée par de multiples sabotages dont celui de Stuxnet et les dizaines d’assassinats ciblés de scientifiques iraniens de haut niveau par la CIA et le Mossad israélien.
Les engagements iraniens auprès de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) et son implémentation de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien ont démontré que l’Iran ne cherchait pas à acquérir l’arme nucléaire mais à utiliser le dossier comme levier de négociation pour alléger les trains de sanctions US et européennes.
La dégradation des forces armées conventionnelles de l’Iran, dont l’aviation est le talon d’Achille, n’a pas entraîné l’objectif recherché par Washington mais a amené une transition vers un leadership plus intransigeants et plus ferme, lequel poursuit ses représailles asymétriques à l’aide d missiles balistiques et de drones en ciblant les bases militaires US dans l’ensemble de la région et naturellement, Israël.
L’élection par le Comité des 88 experts de Mojtaba Khamenei, deuxième fils de feu Ali Khamenei comme Guide suprême de la Révolution iranienne est non seulement un doigt d’honneur en face l’administration Trump mais marque une continuité du régime avec, toutefois, des nouveautés : le nouveau Chef suprême des forces armées iraniennes et des redoutables Gardiens de la Révolution parle couramment l’Arabe et n’est pas tenu par la Fatwa anti-nucléaire émise par son père.
Les plans de guerre US impliquant des opérations spéciales risquées pour mettre la main sur l’uranium enrichi répondent à la crainte suscitée par l’adhésion du nouveau Guide suprême iranien au modèle de dissuasion nord-coréen et dans une moindre mesure, pakistanais.
L’Iran, sous la direction du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, consolide sa succession politique tout en faisant face à une campagne militaire américaine et israélienne incessante et globale qui continue de frapper des cibles gouvernementales, sécuritaires et infrastructurelles à Téhéran et dans les autres villes iraniennes, l’Iran ripostant par des tirs de missiles et de drones.
Toutes les bases militaires US et alliées dans la région ont été la cible d’attaques de représailles iraniennes.
Des plans de contingence US et israéliens prévoient une utilisation de Türkiye et de l’Azerbaïdjan comme proxy pour une éventuelle campagne militaire terrestre contre l’Iran.
Cependant Türkiye, membre important de l’OTAN et à l’avant-garde de toutes les aventures militaires des vingt dernières années au Moyen-Orient et au Levant a d’autres problèmes géostratégiques et notamment sa crise multidimensionnelle avec la Grèce et la question de Chypre.
Il y a aussi un autre élément important à souligner : en droit de l’Alliance militaire avec Israël (fourniture du munitions turques à Israël), il y a un sentiment diffus au sein de certains cercles turcs que la dimension religieuse et messianique du conflit en Israël est susceptible de transformer Türkiye et l’Égypte en futures cibles après l’Iran.
Des hommes politiques israéliens ultra-extrémistes ont d’ailleurs fait des affirmations dans ce sens.
Cependant, c’est le Sud-Liban qui inquiète au plus point Israël à l’heure actuelle.
Le sud du Liban reste l’épicentre d’un conflit asymétrique qui s’intensifie rapidement et qui se caractérise par des attaques quotidiennes sans précédent menées par le Hezbollah libanais à l’aide de roquettes et de drones contre des cibles militaires et industrielles dans le nord d’Israël, ainsi que par des frappes aériennes de représailles, des assassinats ciblés et des opérations de combat terrestre le long de la frontière menées par Israël.
Les unités du Hezbollah semblent avoir retrouvé leur combativité des années 1997-2000 en dépit de leur prise en étau entre une Syrie qui leur est hostile et Israël. Il est à noter que le gouvernement libanais pro-saoudien a tenté de décréter le Hezbollah comme une entité illégale et fait appel à la France pour armer les autres groupes confessionnels libanais afin d’alimenter une guerre civile en ciblant le Hezbollah et ses alliés du mouvement Amal.
Le détroit d’Hormuz reste effectivement fermé en raison du blocus iranien, provoquant un choc énergétique mondial sans précédent, tandis que la réponse internationale s’intensifie avec des déploiements militaires et des manœuvres politiques, notamment une nouvelle offre iranienne d’ouvrir le détroit sous certaines conditions.
Trump affirme tantôt vouloir capturer le détroit et tantôt appelle les tankers bloqués à le franchir en soulignant qu’il n’y avait rien à craindre puisque la marine iranienne n’existe plus.
Les pays du G7 envisagent de libérer jusqu’à 400 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques de pétrole afin d’atténuer la flambée des prix et de gagner du temps dans le contexte actuel de crise d’approvisionnement. Une stratégie fort hasardeuse et fragile car rien n’indique pour le moment que ce conflit va s’arrêter dans les limites des trois prochains mois.
Voir en ligne : https://strategika510.com/2026/03/0...

