Accueil > International > J+15 de la guerre majeure en Asie occidentale
J+15 de la guerre majeure en Asie occidentale
dimanche 15 mars 2026 par Strategika5100
La guerre déclenchée pour des motifs différents mais convergents par Israël et les États-Unis contre l’Iran a quinze jours. L’Iran vient juste de lancer sa 50ème vague de missiles et de drones sur Israël et les bases militaires US en Jordanie, en Irak et dans les pays du Golfe.
L’enjeu du détroit stratégique d’Hormuz demeure crucial. l’Iran envisage désormais d’autoriser un nombre limité de pétroliers et de tankers à transiter par le détroit d’Hormuz, à condition que les transactions pétrolières soient effectuées en yuan chinois.
Photo : Le porte-avions à propulsion nucléaire USS Nimitz (CVN-68), quittant son port d’attache de San Diego. 14 mars 2026.
Les forces armées iraniennes poursuivent leur campagne militaire soutenue contre le Qatar, s’attachant à affaiblir les capacités C4ISR [1] américaines à la base aérienne d’Al Udeid par des frappes répétées de missiles et de drones qui ont endommagé des infrastructures essentielles de communication par satellite, tandis que le Qatar, activement soutenu par les forces britanniques et ukrainiennes,-Le Qatar se paie ce qui se fait de mieux-, maintient des défenses aériennes actives et des mesures de sécurité intérieure drastiques dans le contexte d’une crise énergétique mondiale provoquée par la suspension de la production de GNL.
Pour le moment, l’Iran n’autorise le passage qu’à ses propres navires, ainsi que ceux de la Chine et de la Russie. Suite à d’intenses négociations diplomatiques entre New-Delhi et Téhéran, des navires sous pavillon indien ont été autorisés à traverser le détroit d’Hormuz et à rallier l’Inde occidentale.
Pendant son temps les États-Unis tentent de constituer une coalition navale multinationale pour rouvrir le passage – la France s’étant engagée à fournir dix navires de guerre –, cette fermeture provoquant un choc historique au niveau de l’approvisionnement mondial en pétrole. En d’autres termes, passé un moment de torpeur causée par le choc du réel face à la fantasmagorie très dangereuse d’un Pete Hegseth toujours dans le rôle d’un présentateur TV très populiste, Trump en appelle à l’aide.
Une flotte d’avions ravitailleurs KC-135R Stratotanker de l’US Air Force a décollé de Sofia, en Bulgarie, marquant ainsi la fin d’un déploiement qui avait débuté à la mi-février 2026. Ces avions de ravitaillement en vol constituent des multiplicateurs de force, permettant d’étendre l’autonomie et la durée de vol des avions de combat.
Leur présence en Europe de l’Est soutient les missions de projection de puissance de l’OTAN, ce qui revêt une importance particulière compte tenu des tensions persistantes sur le flanc oriental de l’Alliance.
Leur rotation indique des renforts en direction du Moyen-Orient.
L’Iran a publié de nouvelles images satellites des sites radar THAAD des Émirats arabes unis qui ont été détruits, en identifiant précisément les sites d’Al Ruwais et d’Al Sader.
Les Émirats Arabes Unis demeurent la cible principale de l’Iran après Israël. Le ministre iranien des Affaires étrangères a qualifié d’inacceptables les tirs de roquettes d’artillerie HIMARS lancés depuis le territoire des Émirats arabes unis contre les îles de Kharg et d’Abu Musa.
Les Gardiens de la révolution iranienne ont menacé de s’en prendre aux industries américaines de la région, ainsi qu’aux usines dans lesquelles des entreprises américaines détiennent des intérêts substantiels. Des informations font état de la fermeture des agences de la CITIBANK aux Émirats ou du moins une panne de réseau ayant contraint cette banque à restreindre ses activités dans ce pays.
En Iran, des foules importantes descendent dans les rues pour participer aux marches organisées à l’occasion de la Journée de Quds (Jérusalem), sous l’égide du gouvernement, afin de manifester leur soutien aux Palestiniens et de protester contre Israël et les États-Unis, alors même que des frappes aériennes ont lieu.
Presque tous les hauts responsables iraniens ont marché dans la rue au milieu des foules et le ministre de la Justice n’a même pas bougé lorsque une explosion s’est produite non loin d’où il haranguait la foule. Il continua en exhortant la foule à ne pas avoir peur et de montrer au monde que personne en Iran ne se cache.
Les médias iraniens se sont longuement moqués du spectacle bizarre de la rencontre entre Volodymyr Zelensky, ex-comédien et représentant mediatique de l’Ukraine puisque non élu, et Reza Pahlavi, citoyen US, fils du dernier Shah d’Iran (renversé paradoxalement par les Occidentaux).
Le ministre iranien des Affaires étrangères réaffirme la coopération militaire stratégique avec la Russie et la Chine confirmant pour la première fois l’existence de clauses secrètes dans l’Accord stratégique tripartite conclu entre l’Iran, la Russie et la Chine en janvier 2026.
La campagne militaire menée par les États-Unis contre l’Iran se poursuit avec des frappes de grande intensité, tandis que l’Iran maintient une posture de riposte résolue, lançant des vagues d’attaques contre des cibles régionales et affirmant la résilience de sa structure politique sous la houlette du nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui fait l’objet d’une intense propagande adverse, dans un contexte de dynamiques internationales complexes impliquant la Russie et la Chine.
L’analyse des images satellites a révélé des dégâts structurels généralisés à travers l’Iran, avec des zones de dégâts importants à Téhéran et à Shiraz, et plus de 40 bâtiments endommagés à Bandar Abbas, près d’une base navale stratégique. Cette situation risque de connaître un léger changement : depuis deux jours, l’Iran utilise à nouveaux des systèmes de défense aérienne dont on ne connaît pas la provenance soudaine.
Un système antiaérien aurait touché aujourd’hui un avion de combat de la coalition à l’ouest de Téhéran.
En Irak, 68 groupes paramilitaires dont certains sont lourdement armés sont en action et harcèlent les intérêts US et occidentaux, bombardent l’ambassade américaine, une forteresse, et ses dépendances logistiques à l’aéroport de Baghdad.
D’autres mènent des raids contre les Peshmerga kurdes entraînés par les Français dans le Nord-est ou dans le désert koweïtien dans le sud. Ces groupes sont très actifs et disposent de Manpads et de drones kamikazes.
Rien ne semble pouvoir les arrêter dans leur lancée.
La situation demeure très critique au Liban où une initiative diplomatique française est en cours. Celle-ci prévoit un arrêt des bombardements israéliens en échange d’une reconnaissance par le Liban d’Israël et le désarmement du Hezbollah libanais mais la proposition est étrange puisque le gouvernement libanais actuel, mis en place par l’Occident et ses alliés Arabes du Golfe, reconnaît déjà Israël sans que cela ne lui rapporte quoi que ce soit.
En ce qui concerne le Hezbollah libanas, il est clair que le gouvernement libanais actuel n’a aucunement les moyens de désarmer une puissante milice qui défend paradoxalement le Liban des agressions israéliennes. Il est à noter qu’Israël a pris pour habitude de pilonner ou bombarder des villages chrétiens non contrôlés par le Hezbollah libanais tuant lâchement des dizaines de civils dont le trés courageux Curé Pierre Al-Raii.
Des analystes estiment que l’initiative française est vouée à l’échec. Son volet militaire secret prévoyant de fournir des armes et des mercenaires pour prendre le Hezbollah libanais à revers en s’appuyant sur les islamistes syriens entraînés par les forces françaises pourrait déclencher à nouveau une guerre civile au Liban mais ne changera en rien la situation.
Le Hezbollah libanais ne reconnaîtra jamais Israël qu’il considère comme la fusion réussie de trois groupes terroristes et reconnus comme tels par l’empire britannique qu’étaient la Haganah, l’Irgoun et le gang « Stern » avec un appui international et un long travail de coulisses auprès des grandes puissances.
Enfin, l’Iran appelle ses voisins du Golfe à « expulser les agresseurs étrangers », affirmant que la présence militaire américaine vise uniquement à protéger Israël et rien d’autre.
Il semble que la stratégie iranienne repose en premier lieu sur cet objectif clé.
Les démarches saoudiennes à l’égard du Pakistan avec lequel le royaume est lié par un Pacte de défense se heurtent au fait que le Pakistan est actuellement en guerre ouverte avec l’Afghanistan, l’empêchant de se joindre dans la coalition anti-itanienne. Cette guerre avec l’Afghanistan est devenue un prétexte pour le Pakistan de ne pas trop s’engager dans un conflit « qui ne le regarde pas du tout » et de trouver un subterfuge pour ne pas se voir automatiquement entraîné dans un jeu d’alliances militaires par l’Arabie Saoudite.
Cette guerre fragilise économiquement non seulement le Pakistan mais également la Türkiye et l’Égypte, lesquels dépendent du tourisme et des prix de carburants. La crise du tourisme se fait déjà sentir en Türkiye tandis que l’Égypte subit de plein fouet une hausse de 40% des prix dans un contexte de vulnérabilité exacerbée par la focalisation des États Arabes du Golfe sur leur propres problèmes créés par la décision de Trump de foncer dans le tas sans trop réfléchir.
Résultat des courses, le monde est sens dessus dessous et le chaos se propage partout. Les États-Unis ont été forcés de dégarnir le dispositif défensif en Corée du Sud pour renforcer leurs capacités engagées contre l’Iran et cela n’est pas un bon signe.
Voir en ligne : https://strategika510.com/2026/03/1...
[1] C4ISR : Command, Control, Communications, Computers, Intelligence, Surveillance & Reconnaissance.

