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La révolte des agriculteurs et agricultrices : Comprendre la crise au prisme des rapports de classe
dimanche 15 mars 2026 par Anthony G., URC 31
L’article suivant analyse le mouvement social qui a secoué le monde agricole faisant suite à l’épidémie de Dermatose Nodulaire Contagieuse. Il tient compte de points de vue scientifiques et agricoles sur la gestion sanitaire de la crise et la politique agricole française et européenne, et retrace l’historique des principaux syndicats d’agriculteurs pour faire l’état des dynamiques de classe.
Cet article apporte un nouvel éclairage qui s’ajoute aux précédentes publications de l’Union pour la Reconstruction communiste (URC) (qui ne prétend évidemment pas avoir la compétence scientifique sur le sujet), publications avec lesquelles il peut être par endroits en décalage et donc à débattre. (Cf à la fin de cet article.)
Chronologie d’une crise
Au début de l’été 2025, la Savoie a vu apparaître les premiers cas d’une maladie jusque-là absente de l’Hexagone, la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC). Cette maladie n’est ni transmissible aux êtres humains, ni très létale pour les vaches atteintes, mais porte en revanche très bien son nom : elle est extrêmement contagieuse. Les animaux dépérissent : amaigrissement, lésions cutanées, infertilité...
Autant de "pertes de production" aux yeux des éleveur/ses, qui, cumulées aux frais qu’engendre le contrôle de la maladie, peuvent rapidement mener une petite exploitation à sa perte.
Dans ce contexte, l’État français a mis en place un protocole sanitaire à l’échelle locale conformément aux législations européennes. Outre la vaccination, son arme phare est le "dépeuplement", entendez "la mise à mort sur place du troupeau à la première détection". Les animaux ne sont pas envoyés à l’abattoir pour éviter de les déplacer, ils sont euthanasiés avec des produits prévus à cet effet, mais qui empêchent la consommation de la viande. Cette pratique n’a rien de neuf en ça qu’elle est déjà appliquée pour diverses maladies (pestes porcines, fièvre aphteuse...) et a permis, dans le cas de la Catalogne et de la Sardaigne, de juguler les foyers.
Néanmoins, en France, la situation dégénère. Par des mouvements d’animaux mal contrôlés et un déploiement partiel de la vaccination, de nouveaux foyers apparaissent dans le Rhône, le Doubs, en Ariège, et commencent à s’étendre dans le Sud-ouest. Les services sanitaires sont momentanément débordés et la colère des éleveur/ses commence à monter. Face au mouvement de contestation rassemblant agriculteur/rices et citoyen/nes venu/es occuper l’une des fermes atteintes à Bordes-sur-Arize (09), l’État réagit d’une façon devenue malheureusement assez habituelle : blindés et gaz lacrymogènes.
Les images font le tour des médias nationaux qui ne savent pas bien sur quel pied danser, partagés entre deux de leurs instincts primaires : la défense exaltée des milices de l’État face aux mouvements sociaux d’une part, l’affection condescendante des journalistes de cours parisiennes pour la figure du "petit paysan franchouillard", d’autre part. "Les policiers font leur travail et les gens en face sont blancs. Vous voyez ? C’est important de le dire parce que ce n’est pas facile pour les policiers" osera même dire le premier lieutenant de Bolloré sur CNews.
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Déclarations de l’URC :
https://www.le-manifeste.org/spip.php?article9144
Position du Syndicat des gardiens et gardiennes de troupeaux :
https://ancommunistes.fr/spip.php?article9360
Point de vue d’une membre de l’URC résidant en zone rurale en Auvergne :
Voir en ligne : https://la-pensee-libre.over-blog.c...

