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Ali Larijani, un philosophe dans la guerre
jeudi 19 mars 2026 par Strategika5100
Je ne vois dans la mort qu’un bonheur, et la vie parmi les injustes n’est qu’un enfer.
Ali Larijani, philosophe, diplomate, Général de brigade et Homme d’État iranien (1958-2026)
Ne cherchez pas la faveur de la multitude ; elle est rarement obtenue par des moyens honnêtes et légaux. Mais cherchez le témoignage de quelques-uns ; et ne comptez pas les voix, mais pesez-les.
Emmanuel Kant, éminent philosophe Allemand (1724-1804)
Das Recht muß nie der Politik, wohl aber die Politik jederzeit dem Recht angepaßt werden.“ [1]Kant
Ce qui frappe en premier, en rencontrant Ali Larijani, est sa modestie sans pareille. L’homme était affable et courtois. Il ne parlait jamais de lui, qualité remarquable des gens ayant une excellente capacité d’écoute.
Le second choc intervient en discutant avec lui, même pour une bref laps de temps : son érudition se faisait sentir naturellement et ressemblait à une plongée vertigineuse dans un abîme sans fond. Il y avait une profondeur indéfinissable dans ses idées, toutes portée par une sorte de mysticisme intellectuel transcendant toutes les contingences discursives ou ontologiques.
Logicien spécialiste de Kant et lecteur dans le texte de Schopenhauer, de Nietzsche et de Hegel, c’était un homme du syncrétisme et du compromis. Négociateur hors-pair ayant mené d’une main de maître les négociations sur l’Accord sur le nucléaire iranien et avait su dépasser toutes les embûches par une flexibilité extraordinaire.
C’était un esprit charismatique et curieux qui ne croyait pas aux thèses portant sur le complot judéo-maçonnique et y voyait une forme claire de paresse de la pensée marquant une absence de sophistication intellectuelle.
De même, Ali Larijani avait longtemps cru à l’utopie du désarmement nucléaire, une thématique multilatérale détournée par Washington pour la transformer en outil de coercition afin de maintenir son hégémonie et créer des prétextes à des casus belli entraînant des sanctions et l’agression militaire utilisant ou non les dispositions du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.
De ce fait, feu Ali Ardhechir Larijani, un natif de Najaf en Iraq, était parmi les opposants convainvus à l’acquisition de l’arme nucléaire qu’il considérait comme une abomination.
Paradoxalement, c’est l’absence de cette arme qui a encouragé l’agression contre son pays et son assassinat ciblé. [2]Immanuel Kant
Voir en ligne : https://strategika510.com/2026/03/1...
[1] « Ce n’est pas la politique qui doit s’adapter au droit, mais bien le droit qui doit s’adapter à la politique. »
[2] « On n’est pas riche par ce que l’on possède, mais bien par ce dont on sait se priver avec dignité. »

