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L’Iran en mode guerre totale contre le culte de la mort
vendredi 20 mars 2026 par Pepe Escobar
Téhéran passe en mode “paralysie” sur 4 “points névralgiques vitaux” faisant d’Israël un enfer sans eau ni vivres. Une paralysie structurelle. Méticuleusement programmée. Inexorable. Déjà à l’oeuvre.
L’attaque du gisement de gaz de South Pars, en Iran, le plus grand du monde, constitue l’escalade ultime.
Dans son style caractéristique mêlant vociférations et couardise, il a tenté de rejeter la responsabilité de l’attaque sur le “culte de la mort” en Asie occidentale, tout en prétendant qu’Israël aurait attaqué South Pars “de rage” et que les États-Unis “n’étaient pas au courant de cette attaque spécifique” : Le Qatar ne serait “en aucune manière impliqué”. Et l’Iran aurait frappé le GNL du Qatar en représailles “sur la base de renseignements erronés”.
Et c’est tout ce qu’il y a à dire ? La fête continue ?
Loin de là. Le culte de la mort a ouvertement manipulé les médias sionistes aux États-Unis pour présenter cette opération comme une action conjointe, entraînant ainsi l’Empire du chaos et du pillage toujours plus avant dans un bourbier de vanité démesurée, le précipitant dans une guerre énergétique totale aux conséquences dévastatrices, et retournant les monarchies pétrolières du Golfe contre l’Iran à 100 % (elles menaient déjà campagne contre l’Iran, en particulier l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar).
Neo-Caligula peut se vanter tant qu’il veut. Pourtant, il est évident qu’une opération d’une telle portée et d’une telle intensité, destinée à “faire pression” sur Téhéran, nécessite une implication profonde du CENTCOM et l’approbation présidentielle.
Le scénario le plus probable indique donc une fois de plus que Washington a perdu le contrôle de sa politique étrangère, à supposer qu’il en ait jamais eu une.
Tous les acteurs impliqués, dont l’incapacité à appréhender la situation a été prouvée à maintes reprises, ne peuvent s’empêcher de croire que Téhéran finira par céder après une attaque contre sa précieuse sécurité énergétique.
La réponse iranienne, comme on pouvait s’y attendre, a été tout le contraire : une escalade radicale. La liste des cibles de la contre-attaque a été publiée en un clin d’œil et sera suivie à la lettre.
À commencer par la raffinerie de Ras Laffan, au Qatar.
Les trains de GNL
Il serait tentant de croire que le néo-Caligula tente de prendre ses distances avec le “culte de la mort et de la destruction totale”, hors de contrôle, en offrant une porte de sortie à Téhéran, tout en admettant que détruire South Pars est catastrophique. Il s’est toutefois engagé à “faire exploser South Pars de manière massive” (ne pas espérer une quelconque cohérence de la part d’un gangster mégalomane, narcissique et instable) !
L’élément crucial de la tragédie de South Pars sont les trains de GNL.
Un “train” se compose d’éléments conçus pour traiter, purifier et convertir le gaz naturel en GNL. Ils sont appelés “trains” en raison de la disposition séquentielle des équipements (trains de compresseurs) utilisés dans le processus industriel de traitement et de liquéfaction du gaz naturel.
Le projet Qatar 2 dans l’immense raffinerie de Ras Laffan, a été coordonné par Chiyoda et Technip, une coentreprise nippo-britannique. Il en va de même pour les trains 4 et 5, les plus grands complexes de GNL au monde.
Ces installations sont exploitées par Qatar Gas, ExxonMobil, Shell et ConocoPhillips. À toutes fins pratiques, il s’agit d’installations liées aux États-Unis et à l’Occident, et donc de cibles légitimes pour l’Iran.
Il n’existe que 14 trains au monde – et il n’est pas exagéré de dire que la “civilisation” occidentale dépend de chacun d’entre eux. 10 à 15 ans sont nécessaires pour remplacer un train. Ces 14 trains se trouvent tous à portée des missiles balistiques et hypersoniques de l’Iran.
Au moins l’un d’entre eux a été incendié dans la contre-attaque iranienne. Voilà à quel point tout cela est extrêmement grave.
Première guerre totale high-tech en Asie occidentale
L’escalade à South Pars était inévitable, car les nouvelles règles établies par l’Iran sur le détroit d’Ormuz ont fait perdre la tête au cartel Epstein.
La paranoïa des assureurs occidentaux a davantage contribué au blocus du détroit que le potentiel défensif de la combinaison drones/missiles balistiques iraniens. Puis le CGRI a annoncé que le détroit allait être ouvert à la Chine, aux autres nations ayant engagé des négociations, comme le Bangladesh, ainsi qu’aux pays du Golfe qui expulseront les ambassadeurs américains.
Enfin, un nouvel ensemble de règles a été imposé. Voici comment cela fonctionne :
Si la cargaison a été négociée en petroyuan, le libre passage est accordé.
Un péage s’applique.
Alors seulement, le passage est autorisé, en naviguant dans les eaux territoriales iraniennes, près de l’île de Qeshm, et non au milieu du détroit.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Araghchi n’aurait pas pu être plus clair :
- “Une fois la guerre terminée, nous mettrons en place de nouveaux mécanismes pour le détroit d’Ormuz. Nous ne laisserons pas nos ennemis utiliser cette voie navigable”.
Quoi qu’il arrive ensuite, le détroit d’Ormuz sera doté d’un poste de péage permanent contrôlé par l’Iran.
Le professeur Fouad Azadi, que j’ai eu le plaisir de rencontrer en Iran il y a des années, a déjà annoncé que les navires traversant le détroit devront désormais s’acquitter d’un péage de 10 %. Cela pourrait générer jusqu’à 73 milliards de dollars par an – plus qu’il n’en faut pour compenser les préjudices de guerre et les sanctions américaines.
L’Iran est déjà profondément engagé dans ce qui, à toutes fins pratiques, s’apparente à la première guerre totale de haute technologie en Asie occidentale.
Sur le plan stratégique, selon la définition des analystes iraniens, cette approche implique une fascinante profusion de nouveaux concepts.
Commençons par “la Grande Constriction”, mise en œuvre dans le cadre de la stratégie d’“attrition chirurgicale” hyper-ciblée. Au lieu de s’en prendre aux Forces de défense israéliennes (FDI), l’objectif est désormais de provoquer l’effondrement de la structure même de la société civile israélienne.
Vient ensuite le “16-Mach Shield Breaker”, dont les stars technologiques sont les missiles Khorramshahr-4 et Fattah-2, qui atteignent une vitesse terminale de Mach 16, soit 5,5 km par seconde.
En d’autres termes, alors qu’un système de défense aérienne ennemi calcule un vecteur d’interception, l’ogive du missile — une bombe d’une tonne — a déjà frappé, créant un paradoxe de défense à somme nulle : Israël dépense des millions de dollars pour tenter une interception avec une probabilité d’échec de 100 %, tandis que l’Iran dépense une infime partie de cette somme pour obtenir un tir de précision.
Vient ensuite la doctrine des quatre points vitaux.
Les 9 millions d’Israéliens ne survivent que grâce à deux ports en eau profonde. Téhéran a donc décidé de passer en mode “paralysie structurelle” en se concentrant systématiquement sur quatre “points névralgiques vitaux” : les infrastructures hyper-concentrées d’Israël qui, si elles sont endommagées, transformeront cette société du culte de la mort en un enfer obscur, sans eau ni vivres.
Ces quatre organes vitaux sont les suivants :
- l’asphyxie hydrologique, qui frapperait 85 % de l’eau potable d’Israël dans cinq usines de dessalement
- le protocole de black-out, qui frapperait la centrale électrique d’Orot Rabin, au cœur du réseau national
- un blocus alimentaire visant les ports de Haïfa et d’Ashdod, essentiels pour les importations de 85 % du blé dont le pays a besoin
- la décapitation énergétique, qui ciblerait les raffineries de Haïfa, seule source de pétrole raffiné en Israël, et cible d’autant plus cruciale après l’attaque contre South Pars.
Une paralysie structurelle. Méticuleusement programmée. Inexorable. Déjà à l’œuvre.
Traduit par Spirit of Free Speech
Voir en ligne : https://strategic-culture.su/news/2...

