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De Soyouz à Artemis ou le triomphe posthume de l’ex-URSS dans l’espace
vendredi 3 avril 2026 par Strategika5100
La NASA a dépensé plus de quatre milliards de dollars pour revenir à la quincaillerie soviétique.
Les États-Unis ont regardé la Lune, puis la Russie, avant de reporter leur regard sur la Lune, et ont déclaré : « vous savez quoi ? Ce style « plomberie des années 60 » ? C’est plutôt génial ! »
On parle bien sûr de la fusée Artemis – cette imposante bête de la NASA aux réservoirs orange et aux quatre moteurs qui, d’une certaine manière, partage davantage de points communs avec un Soyouz qu’avec la navette spatiale ou la fusée Saturn V.
Laissez-moi vous expliquer, car les similitudes sont tellement évidentes que Roscosmos a probablement en ce moment même un avocat spécialisé en brevets en train de se consoler avec une bouteille de vodka.
Les fusées Soyouz n’ont jamais rencontré un câble qu’elles auraient voulu cacher. Leurs propulseurs ressemblent au cauchemar d’un plombier : des conduits à nu, des rivets, et une philosophie qui semble dire :
« Si ça fuit, ça fait partie du charme. »
Regardez maintenant Artemis (SLS). Enlevez cette peinture flambant neuve, et que voyez-vous ? Un parc de réservoirs équipé de propulseurs. Pas les courbes élégantes de la navette. Pas l’origami futuriste en acier inoxydable de Starship.
Juste deux énormes propulseurs à propergol solide fixés à un étage central qui semble crier qu’il a été conçu dans un bunker de la Guerre froide.
Il est robuste. Il est simple. Il est beau, tout comme un marteau peut l’être.
La conception de la fusée R-7 de Soyouz (oui, celle-là même qui a lancé Spoutnik – ça vous donne une idée de son âge) repose sur un corps central flanqué de quatre propulseurs d’appoint qui s’allument au sol.
Pourquoi ?
Parce que qui a besoin d’une aérodynamique sophistiquée quand on peut compter sur plus de puissance ?
Artemis ?
Deux propulseurs à propergol solide issus de la navette spatiale + quatre moteurs RS-25 qui semblent littéralement avoir été trouvés dans un musée et ils fonctionnent encore.
Ces deux conceptions font fi de cinquante ans de perfectionnement dans le domaine aérospatial pour poser la même question :
« Est-ce que ça va décoller ? »
Si oui, on le lance.
Si non, on ajoute un autre propulseur.
La capsule Soyouz est dotée d’un carénage avant massif, presque comique. On dirait une ampoule qui a du mal à se calmer. La capsule Orion du programme Artemis ? Elle aussi est plutôt massive. Elle est également recouverte d’un matériau ablatif. Elle est aussi conçue pour plonger dans l’atmosphère à 40 000 km/h.
En revanche, le Dragon de SpaceX ressemble à une voiture de sport. Le Starliner de Boeing ressemble à un œuf spatial. Mais Orion et Soyouz dégagent tous deux cette impression de dire :
« J’ai déjà encaissé des coups et je survivrai aussi à la rentrée atmosphérique ».
Mais voici le plus étonnant : les conceptions robustes, ça marche. Soyouz a effectué plus de 1 900 vols. C’est la Kalashnikov AK-47 de l’astronautique : laid, bruyant, indestructible et presque immortel.
La mission Artemis-1 (2022) s’est déroulée sans encombre. Aucune défaillance du bouclier thermique. Aucune désintégration explosive. Juste du bon vieux matériel spatial en métal massif.
En somme, la NASA s’est inspirée d’un plan soviétique de 1966, y a ajouté une avionique moderne, y a intégré des éléments de la navette spatiale, et s’est dit :
« Cette fois, direction la Lune. »
Les États-Unis se sont retrouvé sans lanceur lourd vraiment fiable dans les années 2000 et 2010. C’est en se retournant aux vieilles technologies soviétiques que Space X a lancé son aventure spatiale. La NASA a fini par prendre le même chemin : la technologie des années 1950-1960 ont démontré leurs preuves. Le design des Soyouz a fini par s’imposer comme un standard premier. On le voit bien dans le design d’Artemis et de la capsule ou module Orion.
Ce sont des conceptions robustes qui peuvent atteindre la Lune. Non pas parce qu’elles sont jolies, mais parce que la gravité est une maîtresse fort exigeante, et qu’elle apprécie une bonne vieille soudure.
C’est en fait un triomphe posthume de l’ex-URSS dans l’espace même si cet empire défunt n’a jamais envoyé une mission habité vers le satellite naturel de notre planète.
Bon, on passe le fil au département de géopolitique, puisque les choses viennent de prendre une tournure très grave sur Terre.
Voir en ligne : https://strategika510.com/2026/04/0...

