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Un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran donne-t-il aux États-Unis et à Israël la capacité de se reconstruire et de se réorganiser ?

mercredi 8 avril 2026 par Middle East Spectator

1. Premièrement, il faut comprendre que les stocks d’intercepteurs, tant en Israël que dans les États du Golfe, sont à un niveau critique. Même si les États-Unis souhaitaient reconstituer ces stocks, ceux-ci existent en quantités si limitées qu’ils devraient redéployer une partie de leurs réserves situées dans d’autres théâtres (Asie / Europe / Amérique du Nord).
Israël serait prioritaire ; les États du Golfe seraient probablement contraints de se débrouiller seuls. Même dans ce cas, les stocks américains existants, en particulier les intercepteurs THAAD, sont si limités que la production devrait être massivement augmentée — ce qui est à la fois pratiquement impossible et extrêmement coûteux à court et moyen terme.

2. Si, comme affirmé, les États-Unis voulaient reconstituer les stocks d’intercepteurs israéliens, ils pourraient déjà le faire pendant la guerre : la logistique n’est pas le problème ; le cessez-le-feu ne change rien. Les bases aériennes militaires en Israël sont déjà opérationnelles et les avions-cargos américains effectuent des rotations continues, sans interruption, même lors des barrages intensifs tirés depuis l’Iran.
Ainsi, l’argument selon lequel un cessez-le-feu aiderait Israël à se réarmer est faux. Ils pourraient se réarmer dès maintenant s’ils le souhaitaient, mais ils ne disposent pas du matériel.

3. En réalité, durant un cessez-le-feu temporaire, si la situation est correctement gérée, l’Iran bénéficierait d’un avantage militaire en matière de reconstitution. Une pause de deux semaines dans les combats permettrait à l’Iran de dégager les accès à ses bases de missiles balistiques, remettant en service plusieurs d’entre elles, y compris celles situées dans l’ouest du pays, tout en permettant simultanément la relocalisation clandestine et la dispersion de drones et de missiles vers des zones plus éloignées et plus difficiles à surveiller, en vue d’une escalade ultérieure.
Par exemple, des drones stockés dans des entrepôts pourraient être davantage dispersés vers des « couloirs de lancement » décentralisés entre montagnes et vallées, quasiment indétectables, permettant des opérations soutenues sur plusieurs mois. En somme, cela signifie que l’Iran pourrait décider de reprendre la guerre après deux semaines et lancer des vagues beaucoup plus importantes et coordonnées de missiles et de drones contre l’ennemi.

4. Durant la pause des combats, au moment où des négociations auraient lieu, la position de l’Iran dans ces pourparlers serait considérablement renforcée par rapport aux cycles précédents. La menace d’une intervention militaire est une carte qui a déjà été jouée, et les États-Unis disposent désormais de beaucoup moins de levier qu’avant la guerre, l’intervention militaire ayant été tentée sans atteindre ses objectifs.
L’Iran, en revanche, a démontré sa capacité à perturber gravement l’approvisionnement mondial en pétrole en bloquant le détroit d’Ormuz, un levier bien plus puissant.

5. Une pause de deux semaines permettrait aux commandants et décideurs iraniens de se réorganiser et de recalibrer leurs plans. De plus, si les conditions de sécurité le permettent et si des mesures de sûreté maximales sont respectées, cela pourrait permettre la première apparition télévisée du nouveau Guide suprême, projetant une image de confiance à l’intérieur du pays tout en légitimant la continuité du leadership de la République islamique. [Cela permettrait également d’organiser les funérailles de Sayed Ali Khamenei, ce qui serait une nouvelle démonstration de force massive de la cohésion du peuple iranien.]

6. Au cours de ces deux semaines, la pression interne sur le président Trump pour éviter toute nouvelle escalade contre l’Iran continuerait de croître, et la pression en faveur d’un règlement diplomatique augmenterait de manière significative par rapport à toute période antérieure.

7. En tenant compte de l’ensemble des points ci-dessus, le cessez-le-feu ne pourrait jouer en faveur de l’Iran que si ses dirigeants abordent les négociations avec une conscience totale des intentions trompeuses de l’adversaire et de la probabilité d’une trahison.
Ils doivent faire preuve d’une défiance absolue envers les Américains, ce qui est justifié étant donné que les deux précédentes négociations de l’Iran ont été suivies d’attaques.
Aucune réunion de hauts commandants ne devrait avoir lieu ; les dirigeants devraient éviter de se déplacer et de devenir des cibles d’assassinats ; et, de manière générale, ils ne feront preuve d’aucune naïveté.

Traduction : lecridespeuples.substack.com


Voir en ligne : https://t.me/Middle_East_Spectator/30609

   

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