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Gauche des polémiques ou gauche de la politique ?

vendredi 30 septembre 2022 par Charles Hoareau

Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il en est pour vouloir abaisser le débat politique au niveau du caniveau. Et si ce n’est pas une spécialité française, cela ne nous console guère.
Depuis des années en France, celles et ceux qui espèrent en un changement de société et voudraient que soient posées dans le débat public les questions de l’appropriation sociale, de l’éradication de la misère, du rôle de la France dans le monde et de la fin de son impérialisme, de la souveraineté du peuple face au diktat de l’UE – pour n’en citer que quelques unes – voient ces questions effacées au profit de jugements sur les individus, leur vie privée et familiale, des considérations faussement sociétales prendre la place du débat sur les questions de classes, tout cela afin de mieux occulter la réponse à ces questions simples : le capitalisme est-il aménageable et sinon par quoi le remplacer et comment ?
On a vu des candidatures à la magistrature suprême empêchées pour des questions de manque d’éthique personnelle et d’autres confirmées malgré celles-ci. On a vu une députée siéger au parlement, le bracelet électronique à la cheville et un autre élu miraculeusement blanchi de condamnations qui ailleurs dans le monde lui auraient valu la prison ferme et la destitution.
La France dont le président ne manque jamais une occasion de faire la leçon au monde entier est presque devenue une caricature de ce qu’il ne faut pas faire.
De tous temps cette question du dévoiement du débat ou de la création de faux débats pour éviter la question de fond du changement de société était l’arme du camp d’en face. On croyait même que cela lui était réservé

Mais voilà que maintenant, en particulier depuis la dernière séquence électorale et la campagne qui l’a précédée, ce mal ronge celles et ceux qui, en principe, s’engagent au côté du peuple qui souffre pour changer de société. Dans ce contexte de délitement des mœurs politiques celles qui se disent de « gauche » parce qu’étant de notre camp, au lieu d’élever le débat, s’abaissent à sa bassesse.

On dirait qu’à tour de rôle il en est pour se délecter de tel ou tel propos, non pas pour le combattre sur le fond, mais pour en disqualifier l’auteur ou l’autrice.

Après les discussions surréalistes sur le steak, le bon vin et tant d’autres sujets, voilà celles sur les allocs et les révélations publiques sur la vie privée d’un couple qui n’en demandait sans doute pas tant.
Et tout ça sur fond de dispute pour savoir qui, dans cette rentrée sociale de tous les dangers, est le mieux ou même le seul fondé à mobiliser contre la politique gouvernementale.
Comme si le combat était un domaine réservé…
L’envie de faire du bruit médiatique prime sur le devoir politique d’expliquer et de convaincre afin de construire une force politique capable de permettre au peuple de prendre les pouvoirs politique, économique, médiatique et de sécurité.

Sur les allocs bien sûr, et le comité chômeurs CGT le dit depuis des années, il devrait couler de source que celles et ceux qui se disent révolutionnaires sont pour la suppression du RMI devenu RSA au profit de la mise en œuvre d’un droit au travail et à défaut d’un salaire de remplacement financé par la cotisation sociale et non par l’impôt.
Mais où a-t-on vu que les « allocations nourrissent le chômage ? ». Ce qui en plus objectivement ne veut rien dire…sauf pour ceux qui pensent que si on supprime le système d’indemnisation, le chômage disparaitra…
Et par ailleurs a-t-on besoin de chercher la petite phrase provocatrice, en particulier vis-à-vis de ses alliés du moment, pour mener le débat sur cette question ? En plus au moment où le gouvernement annonce une nouvelle attaque contre l’assurance chômage ?
N’a-t-on pas autre chose à faire dans la période que de se disputer entre gens qui devraient se retrouver ensemble dans toutes les mobilisations qui s’annoncent ?
Ou alors veut-on démontrer que l’union créée au lendemain des présidentielles n’est qu’une alliance électorale, voire électoraliste, sans fond commun rassembleur ?
Je présume que celles et ceux qui s’affrontent sur les réseaux sociaux et autres plateaux médiatiques ont épuisé leur temps de porte à porte et de portail d’entreprise à entrée de chantier pour convaincre, en particulier les 75% de citoyennes et citoyens de France qui n’ont pas voté aux dernières législatives et les 90% de non syndiqués, de se mobiliser dans la rue afin que celle-ci fasse mentir des urnes qui ont donné 89 députés au Rhaine…
Je suppose que les uns et les autres n’ont rien de mieux à faire que de chercher à « faire le buzz » quitte à marcher sur les plates-bandes de l’extrême droite laissant à une armée de plus en plus clairsemée de militantes et militants le soin de déminer le terrain et d’expliquer que bien sûr notre camp est à la fois pour l’emploi et les allocs, contre toutes les discriminations et ne confond pas vie privée et appel au lynchage…
Je suppose qu’ils n’ont rien de mieux à faire que d’essayer de convaincre les millions de découragés que décidément leur partenaire-adversaire-concurrent ne les vaut pas…

Pendant ce temps l’extrême droite tisse sa toile bien au-delà de ses rangs au point que la Macronie la trouve respectable et que même dans notre camp l’émotion n’est guère forte quand des migrants meurent en mer, un passager d’une voiture récalcitrante se fait tuer comme dans un mauvais western ou que Georges Abdallah croupit en prison à nouveau rejoint par Salah Hamouri…
Désolé mais en ce qui me concerne je n’ai guère le temps de critiquer telle déclaration non pas maladroite mais bien « a droite » pour qui veut chasser sur les terres de l’abaissement de la conscience de classe sans avoir à faire l’effort de la faire s’élever.
J’ai des tracts à distribuer, des gens à rencontrer et des manifs et toutes les actions de protestation, d’où qu’elles viennent, à soutenir et faire grandir.

Qu’au moins si nous ne sommes pas, au niveau des dates, dans la concordance, nous soyons dans la convergence et non dans la concurrence.

   

Messages

  • 1. Gauche des polémiques ou gauche de la politique ?
    22 septembre, 12:38 - par Guy Millet


    Bravo pour ce texte que je partage totalement. Marre de ces querelles d’ego

  • 2. Gauche des polémiques ou gauche de la politique ?
    22 septembre, 20:45 - par Méc-créant


    Nous continuons de payer des décennies de désert absolu...politique, philosophique, syndicaliste, scientifique, social,...ce qui ne fait traduire en fait qu’une forme de soumission idéologique...et financière. En effet, il me semble indispensable que les militants s’interrogent pour savoir si un parti ou un syndicat largement financé par les institutions...nationales et européennes est encore en situation de défendre en toute clarté les intérêts des classes populaires.Même s’il est un peu trop facile de dire qu’en système capitaliste "qui paie décide", il n’en demeure pas moins que cela ressemble bien à ce qu’on a gentiment baptisé "institutionnalisation". Des signes clairs de déliquescence idéologique nous sont donnés par l’admission de la CGT à la CES, l’appel de Thibault en faveur de la constitution européenne (qu’il est loin Krasucky !) et l’horizon enchanté d’un PC fixant la ligne bleue...de l’Europe sociale. Peu importe les pertes de souveraineté populaire et nationale, peu importe l’octroi d’une "zone transfrontalière" à l’Allemagne, peu importe la création d’une Alsace Moselle "européanisée". Sans doute en mémoire des Poilus et des Résistants...
    Quand il n’existe plus de lueur, si faible soit-elle mais pouvant circuler dans les classes populaires, quand il n’existe plus de parti ou organisation en qui faire confiance...ces décennies de vide absolu produisent des abstentionnistes et des non syndiqués. Alors que des vieux de la vieille comme moi ont pu côtoyer des militants, simples ouvriers, s’essayant à bien détricoter..."les lois de la dialectique" ! Ouvriers autrement intellectuels que ces philosophes de comptoir-télé ou que ces nouveaux dirigeants syndicaux et politiques.
    C’est dans ces décennies désespérantes que j’avais rédigé quelques textes que j’ai fini par mettre pour la plupart sur le blog.
    Méc-créant.
    (Blog : "Immondialisation : peuples en solde !" )

  • 3. Gauche des polémiques ou gauche de la politique ?
    23 septembre, 19:22 - par Poggiale Avidor Berthe


    Une réponse à Laurent Brun qui correspond au contenu de votre article.

    Réponse à Laurent Brun

    Monsieur Laurent Brun vous vous classez aux côtés « de la gauche du travail » ( quez a quo ) inventée par Monsieur Fabien Roussel, réformiste social démocrate laquais du grand capital financier.
    Il est clair que vous ne faites pas partie des militants CGT qui associent, hier comme aujourd’hui, leur engagement syndical de classe à leur engagement politique et qui poussent à lutter pour l’édification d’une société affranchie de l’exploitation capitaliste et de l’oppression impérialiste. 

    Oui les travailleurs doivent devenir les propriétaires des moyens de productions et d’échanges et devenir les dirigeants de la nation à tous les niveaux (Entreprises, communes, État, c’est à dire instauration d’une société à économie socialiste allant vers une économie communiste). 

    La « gauche des allocations DE SURVIE POUR LES CHOMEURS et les PAUVRES depuis 1945 »

    Et tout d’abord rappels historiques :

    Les allocations familiales faisaient partie du programme social du Conseil National de la Résistance et elles avaient pour but, comme tout le programme social du CNR d’aider les familles nombreuses vivotant avec des salaires de misère, à élever leurs enfants avec plus d’aisance ( à cette époque il n’existait pas, pour les PAUVRES de contraception légale, les riches eux depuis fort longtemps avaient appris à maîtriser les naissances )
    C’est le chômage qui les a transformées en salaires pour les familles en grande difficulté et en subsides de survie pour les « PAUVRES »
    Les résistants communistes à l’occupant hitlérien nazi et au pouvoir pétainiste, en mettant en œuvre à la Libération cette mesure sociale ( et d’autres ) avaient la perspective de l’édification, en France, d’une économie socialiste allant vers une économie communiste, à savoir, entre autres mesures sociales, l’éradication du chômage et le droit, pour tous, à un travail, sous entendu accès à l’éducation de haut niveau pour tous, accès aux loisirs grâce à la réduction du temps de travail, accès à un système de santé gratuit pour tous, etc, etc ( l’URSS bolchévik avait tout réussi )
    Les renégats incrustés comme des arapèdes au sein de l’actuel soi-disant P C F qui n’est même plus son ombre, les Roussel, les Mélanchon and co, les verts et autres engeances réformistes, se gargarisent de proposer aux Français en recherche d’emploi, aux chômeurs longue durée, à la jeunesse en désespoir d’emplois valorisants, que ces sociaux démocrates à la solde du grand capital qualifient de « fainéants », des solutions de rechange qui sont un emplâtre sur une jambe de bois.
    Depuis en fait 1945 les divers gouvernements français, se masquant derrière une phraséologie « socialiste » mais avant tout laquais serviles de l’impérialisme des Etats Unis, n’ont cessé de d’éviscérer l’industrie française en délocalisant pour produire à moindre coût au sein de pays ateliers crevant de misère, en démolissant ses services publics, en éradiquant sa politique sociale issue du programme du Conseil National de la Résistance, en informatisant au maximum ce qui se traduit par des licenciements secs, en un mot en mettant le maximum de prolétaires en chômage.
    Le grand capital mondial ( dont le grand capital français fait partie ) depuis la grande révolution bolchévik prolétarienne d’Octobre 1917, a constaté, avec horreur que la classe ouvrière est en mesure de vaincre et d’éradiquer le capitalisme assassin de masse et de mettre en œuvre des politiques économiques, industrielles et sociales dont l’objectif est la valorisation constante du niveau de vie des populations.
    Elle a donc recouru, outre à la persécution féroce des révolutionnaires, à la montée en puissance des KOLABOS du réformisme de la social démocratie afin de dévoyer toutes les tentatives de révolution prolétarienne dont le but serait « le modèle socialiste de collectivisation des moyens de production, d’économie planifiée, et de droit au travail » pour arriver à une économie communiste.
    Elle a recouru à tous les moyens à sa disposition pour détruite totalement le mouvement ouvrier révolutionnaire. Hélas, après la mort du grand homme d’État que fut Staline, et la destruction de l’URSS elle est arrivée à son but, et se glorifie en disant « La vérité, dit-elle, la vérité absolue comme l’a démontré l’échec du communisme, notre vérité, c’est le capitalisme. La guerre entre le capitalisme et le communisme (celui des précurseurs Marx et Engels, de leurs continuateurs Lénine et Staline), cette guerre, disent-ils, nous l’avons gagnée définitivement »
    La mise sous le boisseau de la lutte de classe témoigne bien du profil bas adopté par le soi disant P C F renégat et la C G T aux ordres du grand capital financier.
    CEPENDANT ( ce qui suit je ne l’ai pas écrit mais je le pense profondément ) Les durs échecs éprouvés par les communistes marxistes-léninistes dans le monde, l’arrogance de la bourgeoisie mondiale qui croit avoir échappé à son grand cauchemar, et qui prétend nous enterrer, rien de tout cela ne peut abolir le "rêve" que nous poursuivons, même si l’écart entre ce "rêve" et la réalité telle que nous pouvons l’analyser s’est agrandi. L’insuccès ne démontre pas l’erreur, comme le prétendent bourgeois et révisionnistes confondus. Des principes justes ‑ ceux du marxisme-léninisme ‑ peuvent ne pas aboutir à une réalisation concrète. Ce n’est pas l’échec qui doit permettre de les remettre en cause. Ils répondent à une nécessité toujours vivante, impérieuse.

  • 4. Gauche des polémiques ou gauche de la politique ?
    3 octobre, 14:16 - par Thierry FOUGERES


    Bravo Charles pour ce texte d’analyses et ... d’humeurs.
    Mais il en a marre : on crève de tous les cotés, de misères, de faim, d’injustice, de chaud de froid, de manque de tout quand d’autres ont tout, et l’espoir qui file à toute vistesse : qui, pour parler, pour analyser, pour agir pour combattre des seuls ennemis dont il faut parler, ces capitalistes qui ont les mains libres pour sacager la planetre et tous ceux qui y survivent, ceux qui mégottent sur tout et n’importe quoi pour éviter à tout prix de parler de l’essentiel, ceux qui entrainent les derniers resistants vers le désaroi, la tristesse : ce sont eux aussi des criminels qui pour exister bradent l’histoire et la culture révolutionnaire, pour faire le buzz, pour faire croire qu’ils existent vraiment et représentent quelque chose : misérable.
    Vive l’ANC, les communistes qui se battent, les jeunes en révolte, les anciens en appui et merde aux croques morts !

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