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Face aux droites françaises

dimanche 30 juin 2019 par Francis Arzalier (ANC)

La France s’est enfoncée depuis 2017 dans la manipulation politico-médiatique libérale, qui a abouti il y a deux ans à l’élection du Monarque Macron et de ses députés-larbins travestis en remparts contre Marine Le Pen, et a culminé cette année en faisant un succès à la même Le Pen, promue en unique opposant au désastre Macron.

Et cette escroquerie majeure à fonctionné grâce à ce "dégagisme" qui se veut "apolitique", cette idéologie du "tous pourris" qui réduit au néant toute organisation structurée, partis, syndicats, mouvements.

Cette "mort des partis", qui prit souvent allure de suicide, tant leurs leaders l’avaient aidée de leurs dérives électorales, en opportunismes et abandons sans vergogne des principes fondateurs, a d’abord traîné au billot les divers anticapitalistes, NPA, LO, et surtout le PCF, dont le score en 2019 de 2,8 pour cent flirte avec celui des soit-disant "Animalistes".

Et, parachevant le nettoyage libéral en table rase, la dernière élection a vu les Insoumis de Mélenchon laisser sur le terrain une bonne partie des audiences conquises en dix ans "d’agit-prop" médiatique. Et le champ syndical ouvrier n’est pas lui non plus épargné, qui réduit trop souvent ces dernières années les luttes sociales à des barouds d’honneur, de défaite en recul.

À la fin de la deuxième décennie d’un siècle 21 qui restera celui de la contre-révolution libérale, le camp des organisations anticapitalistes est dévasté, parsemé de lambeaux qui se cherchent une cohérence, une renaissance improbable. D’autant que les vieilles recettes qui ont enfanté le désastre, " Union des Gauches "contre nature, " Syndicalisme rassemblé" en guise de combats de classe, ont encore bien trop d’adeptes pour ouvrir l’avenir des possibles libérateurs.

Mais cette agonie des organisations françaises héritées de deux cent ans d’histoire ouvrière, n’est pas le seul résultat dont peut se targuer le Pouvoir macronien. Des Partis qui sont depuis un siècle au moins les défenseurs ardents du Capital ne se portent pas mieux, à commencer par le Parti Socialiste, qui termine sa parabole centenaire de ralliement aux privatisations, aux reculs sociaux et aux trahisons politiques, en mort annoncée, méritée, que rien n’arrêtera. Il y rejoindra le Parti Radical dans l’histoire...

Et ce champ de ruines est identique pour la Droite, qui fut Gaulliste il y a un demi-siècle et n’est plus que pro-américaine et pro-UE, vient de subir un désaveu cinglant en 2019 malgré son fringant capitaine Wauquiez, et son fidèle Bellamy. Ces maladroits n’ont pas su comprendre comment les décideurs du Capital, leurs idéologues médiatiques et leur appareil judiciaire, se sont débarrassés du triste normand pour faire place nette à leur poulain Macron.

Wauquiez s’est obstinés à reprendre une bonne part des idées fangeuses des Le Pen, en espérant prendre leurs électeurs. Cela put marcher autrefois, cela n’est plus d’évoquer quand les jeux manipulateurs sont si bien contrôlés des réseaux monarchiens. L’UMP s’est rétrécie à quelques pour cents, ses électeurs en partie aspirés par les maîtres du jeu, le Rassemblement National et En Marche, le Pouvoir d’État et son compère électoral.

Depuis, les lambeaux de la Droite française se cherchent, en quête d’une idée, sinon d’un idéal, et d’un chef qui l’incarnerait : les postulants ne manquent pas, en repas fins, conciliabules de salon, et prestations de librairies et de chaînes d’info continue.

Depuis que Wauquiez est sorti des radars médiatiques, et s’est rapatrie dans son fief auvergnat pour y veiller aux pèlerinages à l’ombre de sa cathédrale du Puy en Velay, toute une faune droitière s’agite autour des débris du Parti qui fut si longtemps aux rênes de l’État.

Il serait dangereux de n’y voir qu’un pugilat d’égos, de généraux déçus de n’avoir plus de troupes.

Certes, la nostalgie d’un passé qui fut de pouvoir et n’est plus que mémoire embrumée est la motivation essentielle d’un Sarkozy, qui publie comme par hasard son récit de carrière, enjolivé de ses déboires sexuels ( les lectrices en sont toujours friandes !), et expurgé de ses trahisons personnelles les plus crapuleuses (à l’égard de son mentor Pasqua à Neuilly par exemple).
Pas plus qu’il n’évoque les péripéties lamentables de sa Présidence, l’invasion de la Libye aux conséquences catastrophiques, et l’assassinat répugnant de "l’ami" Khadafi. Aprés tout, cet homme a bien le droit de tenter de valoriser un bilan dont lui seul semble avoir oublié le discrédit final ! Il lui restera toujours la possibilité de se rallier piteusement a "ses amis" Macron, si les intéressés veulent encore de lui.

D’autres ténors, a Droite, qui ne croient plus à la vulgate chiraquienne du passé, se rallient sans le dire à la mouvance macronienne, qui après tout pense comme eux sur l’essentiel, le Marché-Roi qui doit trancher de tout.

C’est le cas d’un Bertrand, le hiérarque bonhomme des Hauts de France, et de tout un peuple de notables locaux, qui nouent déjà les alliances. Évidemment, cette ruée de cancrelats vers les miettes de pouvoirs locaux va s’accentuer dans les mois qui viennent, jusqu’aux élections municipales de 2020, à la grande joie de Macron. Des milliers d’autres, maires de villes de grande banlieue et de province, lorgnent dans la même direction : quel trajet serait mieux à même d’assurer la pérennité de cette frénésie immobilière qui multiplie un peu partout les hauts immeubles de standing, à la place des pavillons ouvriers et leurs potagers d’autrefois ?

Densifier et bâtir en hauteur, sur des terrains dont le prix flambe, que de profits à en tirer, quand on est promoteur ou décideur libéral, tenant de Juppé, Philippe voir Balkany.

Tant et si bien qu’il ne reste plus que les seconds couteaux de l’UMP pour être encore candidat à diriger un groupe en déshérence : après Peltier, moins connu encore que lui, Guillaume Larrivée, un obscur député de l’Yonne.

Cette Droite en survie qui rallie le monarque n’est cependant pas le seul gros danger. Depuis ce mois de mai calamiteux, une foule de bons esprits se relaient pour annoncer la seule issue, l’Union des Droites et de l’Extrême Droite, sous la houlette des bergers du Nouvel Ordre européen, épuré des migrants et bronzés, garanti par un État fort, et les héritages chrétiens.

Ces Pasteurs inspirés des Salvini et Orban sont le fabricant de best-sellers Éric Zemmour, le sulfureux Patrick Buisson qui conseilla Sarkozy Président, le Maire de Béziers Robert Ménard qui débuta autrefois son parcours en dirigeant contre Cuba "Reporters sans Frontières", et emplit aujourd’hui sa mairie de crèches de Nativité, pour bien signifier aux Musulmans qu’ils ne sont pas chez eux.

Tous des idéologues médiatiques confirmés, aspirant au Pouvoirs d’État pour conjurer le " Grand remplacement" qui nous menacerait.

L’éclosion de ces nouveaux démiurges de la Droite peut menacer de détrôner Marine, usée, et souvent accusée de faiblesse. Elle risque de ses "amis" une retraite anticipée, où elle rejoindrait l’ancêtre. Qu’à cela ne tienne, la relève familiale est assurée, avec la fringante Marion Maréchal, qui sera certainement Le Pen aux prochaines présidentielles.

Ne sous estimons pas en tout cas le danger : le camp Macron continuera dans les années qui viennent à renforcer l’audience de l’Extrême Droite, en la faisant passer pour les seuls opposants. Et il suffirait un soutien massif du Capital pour leur faciliter l’arrivée aux Pouvoirs, comme ce fut le cas ailleurs.

En ce sens, ne négligeons pas que le Medef, lie aujourd’hui à Macron, qu’il a fabriqué, avait invité Marion Maréchal a assister à ses Assises estivales. Les différences entre tous ces gens là, de Macron à Philippe, en passant par Ménard et Le Pen, ne sont que nuances et concurrences pour les postes.

Les marxistes ont découvert depuis longtemps que la bourgeoisie sait avoir deux fers au feu.

Face à tous ces dangers qui n’en sont qu’un, nous n’avons qu’un impératif, urgent : reconstruire un camp anticapitaliste et anti-impérialiste, fait d’organisations structurées, démocratiques, combattives, en évitant enfin les dérives électoralistes et opportunistes qui ont enfanté le champ de débris actuel.

   

Messages

  • 1. Face aux droites françaises
    2 juillet 2019, 08:05 - par RICHARD PALAO


    Reconstruire le camp capitaliste ...oui , mais comment ...je pense que les gilets jaunes nous ont démontré ce qu’ il faut faire et ne pas faire : s’ appuyer sur la base , ses revendications et les formes d action qu’ elle a choisit tout en se dotant de structures organisationnelles élues et placées sous le contrôle de cette base afin que les luttes ne soient ni dévouées ni récupérées par quiconque ...

  • 2. Face aux droites françaises
    2 juillet 2019, 20:40 - par RICHARD PALAO


    Pardon pour la faute de frappe : lire devoyees et non pas dévouées

  • 3. Face aux droites françaises
    3 juillet 2019, 16:10 - par Benielli


    reconstruire un "camp" anti capitaliste ou construire un outil de lutte de classe ?

    Le rassemblement du "camp" anti capitaliste ne peut déboucher que sur un énième rafistolage du camp protestataire baigné par l’idéologie réformiste.
    Il ne peut que donner lieu aux redites habituelles , ou la dénonciation de toutes les régressions prend le pas sur le schéma concret d’une alternative au capital.
    Etre à l’offensive c’est aujourd’hui proposer , ouvrir un nouvel espace et y projeter une nouvelle organisation sociale ,politique ,culturelle,...
    La dénonciation de la prédation capitaliste est le credo de la sociale démocratie ,il ne débouche que sur de timides propositions d’ aménagements du système , n’ayant aucune chance d’aboutir car le capital à verrouillé la voix réformiste .L’aiguisement de l’affrontement de classe ,ou , faute d’outil marxiste , le capital triomphe, le désastre sociale démocrate des dernières décennies, ont creusé le lit d’une colère vide de conscience ,une aubaine pour la mouvance fascisante. Parallèlement la résignation ,le fatalisme , l’individualisme prôné comme un moyen d’émerger, ont conduit à la banalisation de l’absentéisme.
    On entend ,dans les milieux de la "gauche radicale" ,c’est à dire sur les bancs de la sociale démocratie , qu’il est possible en se regroupant ,de prendre le pouvoir.
    Cette escroquerie n’est destinée qu’à faire tourner la roue de l’électoralisme.
    La prise réelle du pouvoir n’est pas à l’ordre du jour , le pouvoir ce n’est pas d’avoir le droit de faire fonctionner les manettes d’un état contrôlé d’une main de fer par le capital. La prise de pouvoir ne passe que par la réappropriation des moyens de productions et du système bancaire. Cela implique un niveau de conscience très élevé , porteur d’un affrontement ou le monde du travail mettra en œuvre des formes d’action de très haut niveau (grèves quasi majoritaires sur le terrain et unanimes dans les esprits) nous en sommes à des années lumières.
    Faire monter les consciences ,premier travail d’un outil de lutte de classe à construire.
    Cela ne peut aboutir qu’en rassemblant les marxistes ,donc les communistes , dans un même creuset , et en marquant les lignes rouges avec la sociale démocratie

    même tout relatif qu’ils soit d’on aun a

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