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France - Royaume-Uni, ou les pérroquets de la pensée unique libérale.

jeudi 26 décembre 2019 par Francis Arzalier

2019 a été une étape majeure de cette lutte de classe acharnée menée par les bourgeoisies du "Vieux Continent" pour effacer les conquêtes sociales imposées par les salariés après 1945, et détruire si possible les éléments résiduels de résistance ouvrière. Et cela, d’abord dans les deux grands pays de l’Ouest qui furent en leur temps grandes puissances industrielles et coloniales, France et Royaume-Uni de Grande Bretagne.

Certes les peuples de ces "grandes puissances" ont subi de plein fouet les mutations du Capitalisme dés les dernières décennies du XXème siècle : concentration du Capital au profit de Sociétés transnationales, destruction grâce aux délocalisations de pans entiers de "vieilles industries" ( mines, métallurgie, etc ) et, délibérément, des concentrations ouvrières qui en découlaient, privatisations et asphyxie des services publics ( rail, postés, etc ). Ce fut l’œuvre au Royaume Uni de gouvernements successifs, "de Droite" comme celui de Madame Tatcher, mais aussi de Travaillistes convertis aux dogmes du "Marché" comme Tony Blair. Et de ce côté ci de la Manche, de dirigeants de Droite comme Giscard ou Sarkozy, mais aussi de ceux de "la Gauche" "Socialiste" ( Mitterand, Jospin, Hollande ). s’ils ne furent pas avares de discours "humanistes" électoraux, ils participèrent plus qu’allègrement à la déferlante libérale, privatisations, etc. De part et d’autre du détroit, de vastes masses de peuple ouvrier, du Pays de Galles au Nord-Pas de Calais, ne s’en sont pas encore relevées.

Le dernier film de Ken Loach ( "Sorry, we missed you" ) raconte excellemment ce drame du prolétariat britannique : il pourrait être transposé facilement en Valenciennois ou Artois, si un réalisateur français osait s’y risquer. Malgré leurs différences liées aux histoires et cultures nationales différentes, nos deux peuples ont bien des similitudes, notamment ces dernières années, face à une offensive libérale aggravée.

Le débat politique au Royaume Uni à été depuis deux ans monopolisé par la question du Brexit, de la rupture toujours reportée d’avec l’Union Européenne, pourtant décidée sans ambiguïté par un référendum. La majorité des électeurs broyés par le Capitalisme transnational ont voulu à juste titre le Brexit, et notamment la classe ouvrière : les multiples refus des élites dirigeantes d’appliquer ce choix constituent un évident déni de démocratie.
Comme le fut en France il y a quelques années l’annulation hypocrite par les députés ( Droite et PS ) du NON majoritaire au référendum sur la Construction de l’UE..

Mais ce débat durant des années sur un Brexit toujours reporté à permis aux "élites" libérales de Grande Bretagne d’étouffer littéralement toute autre question, et les antagonismes de classe. C’est ainsi que les politiciens Conservateurs, fidèles tenants de la bourgeoisie, se sont divisés en partisans du" Libre Marché Européen" des marchandises et de la main d’œuvre, et ceux désireux de rompre avec une UE dirigée par la bourgeoisie allemande, et aspirant à se lier plus fort avec le grand frère de Washington. Et au sein d’un Parti Travailliste qui avait étonné le monde il y a quelques années en élisant à son secrétariat le militant anti-impérialiste Corbyn, tous les notables et notamment la plupart des députés refusaient le Brexit et lorgnaient vers une UE garante des règles du jeu libérales. C’est dans cette confusion extrême, grâce à cette division au sein de chaque parti, qu’ont eu lieu les élections législatives de novembre 2019 : les électeurs étaient appelés en fait à un deuxième référendum, pour ou contre le Brexit. Le dirigeant conservateur Boris Jonhson affirmant clairement sa volonté de sortir du carcan UE, les travaillistes persistant à s’y opposer majoritairement, le résultat ne pouvait manquer : un véritable raz de marée de députés Tories élus à la Chambre des Communes, dans un scrutin dont les clivages de classe avaient disparu. Le Royaume Uni se retrouve ainsi gouverné par une majorité conservatrice qui saura et pourra organiser un Brexit selon les voeux et les intérêts de la bourgeoisie pro-USA : un tel Brexit n’apportera rien de bon aux salariés britanniques, d’autant que leurs défenseurs naturels, politiques et syndicaux du Labour sortent laminés de ce vote.

Car il a été aussi une défaite personnelle d’un Corbyn ambigu face à ses opposants libéraux au sein du Parti Travailliste. Jérémy Corbyn sera contraint de leur céder la place, d’autant qu’il a été déstabilisé par une féroce campagne de presse l’accusant d’antisémitisme : il a suffi pour cela de quelques phrases défendant les Palestiniens contre la colonisation de l’Etat d’Israël ! La bourgeoisie britannique, qu’elle soit juive, chrétienne ou agnostique, ne recule devant aucune turpitude pour atteindre SES OBJECTIFS DE CLASSE !

En France, 2019 à aussi été une période intense d’affrontement social. Durant un an, les manifestations imprévues de Gilets Jaunes tous les week-ends ont révélé la colère des "fins de mois difficiles".Une rage inédite, mais rendue inefficace par l’incapacité, voire le refus de structurer le mouvement, de se donner des objectifs clairs et cohérents. Ce qui a encore accru la méfiance populaire envers les partis, les syndicats, les "politiques" en général, déjà largement discrédités par la corruption et la démagogie de nombreux Elus de toute obédience.
Cette situation a fait germer dans les cercles du Pouvoir d’Etat macronien l’espoir de pouvoir régler son compte une fois pour toutes au dernier rempart de résistance ouvrière, l’organisation syndicale de lutte de classe, incarnée par la CGT, Sud, Solidares, voire FO. Et de leur infliger la "défaite finale" à l’occasion de la réforme projetée du système de retraites. Une offensive dont le premier objectif, découlant des dogmes libéraux, est d’ouvrir ce juteux marché au Capital privé. Mais qui révèle au fil des jours sa stratégie machiavélique sous-jacente : laisser pourrir le mouvement de grève en période de fêtes, pour le discréditer dans l’opinion, terminer le conflit ensuite par un accord avec les syndicats "de concertation sociale" ( CFDT, UNSA, etc ) et par la débandade en rase campagne de la CGT. Ce qui n’est pas gagné, a ce jour : la "trêve de Noel" prônée par les dirigeants LIBERAUX de la CFDT et UNSA en concertation avec le Pouvoir d’Etat a fait long feu, la gréve se poursuit, et peut gagner...

Dans cet affrontement de classe, l’appareil d’Etat politico-médiatiqueface de la bourgeoisie française a aussi peu de scrupules moraux que celui du Royaume Uni. Dimanche 22, sur BFM, a eu lieu une interview de Mélenchon de la France insoumise, selon la procédure habituelle dans les médias dits d’information. Une meute hargneuse de "journalistes-militants du Capital", dirigée par la suave Apolline de Malherbe, flanquée de deux acolytes dont l’histoire ne retiendra pas les noms, tant ils sont interchangeables, s’efforça de le déstabiliser, de le pousser à la colère et à la faute, en le cinglant de citations déformées "prouvant" sa turpitude : " vous avez parlé de soulèvement populaire, vous n’êtes donc pas démocrate ? Vous accusez Macron de démagogie quand il annonce depuis Abidjan abandonner généreusement sa retraite de Président ?". Provocations de style habituel dans ce type de rencontre médiatique, transformées en théâtre politicien. Puis, après 10 minutes, vint l’ignominie qui devrait tomber d’emblée sous le coup de la loi, quand une Apolline abandonna sa noble mission d’Informateur des citoyens pour se vêtir en Procureur Inquisiteur, et assène au dirigeant de la France insoumise :
" vous avez participé à un meeting condamnant l’islamophobie, énonce à cette occasion des phrases ambiguës, VOUS ÊTES DONC ANTISÉMITE !"

L’intéressé, dont on peut approuver ou non les analyses, fut un militant antiraciste quand son interlocutrice était encore au berceau. Il a eu le sang froid qu’il fallait pour l’assurer sans s’énerver de son mépris, qui est aussi le notre, face à une telle agression.
Mais jusqu’à quand faudra t’il supporter que de telles dérives calomnieuses de journalistes politiciens devant des millions de spectateurs soient impunies, quand une banale dispute entre automobilistes se conclut parfois en prison et en fortes amendes ?
Décidément, il y a quelque chose de pourri dans cette France de Macron, ses affidés et ses sbires. Il n’est que temps de s’insurger quand le débat politique et social se réduit ainsi au mensonge, au mépris de classe, à la chasse aux sorcières, et, finalement, à la trique.

Des dizaines de manifestants de 2019 ont été blessés grièvement, et d’autres emprisonnés, sans parfois même qu’ils aient eu un geste de colère. Cette même violence répressive s’exerce quotidiennement par des mots.
La meilleure réponse à cette agressivité malsaine des partisans du Capital n’est il pas le mouvement social qui doit triompher cet hiver, grâce au soutien de tous ceux que rêve d’écraser la contre-révolution libérale, de Messieurs Macron, Philippe, Castaner, de leur Cour et leurs porte-paroles médiatiques ?

Car la manipulation des esprits est aussi une violence inacceptable, tout autant que les coups de matraque.

Francis Arzalier
25/12/2019

   

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