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Les niveaux de salaires en Chine atteignent voire dépassent ceux de certaines régions d’Europe

jeudi 8 août 2019 par Kenneth Rapoza pour Forbes

Le verre peut être vu à moitié plein, ou à moitié vide. Soit la Chine rattrape une partie de l’Europe en termes de salaires, soit les salaires dans les nouveaux arrivants dans l’Union européenne sont bloqués par la concurrence mondiale – clairement gagnée par la Chine – sur le marché de la main d’œuvre. En réalité, ce sont les deux à la fois.

Les salaires mensuels médians de la Chine à Shanghai (1 135 $), Beijing (983 $) et Shenzen (938 $) sont plus élevés que ceux du plus récent membre de l’Union européenne, la Croatie. Le salaire net médian en Croatie est de 887 $ par mois. Elle a rejoint l’UE en 2013.

Les salaires médians à Shanghai, en particulier, sont également supérieurs à ceux de deux des plus récents membres de la zone euro dans les pays baltes : La Lituanie (956 $) et la Lettonie (1 005 $), avec l’Estonie, qui a adhéré à l’euro en 2011, enregistrant un revenu médian de 1 256 $ par mois, selon les chiffres officiels pour 2016.

Au cours des dix dernières années, l’Europe s’est efforcée d’intégrer dans l’Union européenne le bassin de main-d’œuvre qualifiée et bon marché d’Europe de l’Est. En 2002, la Chine s’est mieux intégrée au marché mondial de la main-d’œuvre en adhérant à l’Organisation mondiale du commerce. La combinaison, en matière de main d’œuvre, de ces deux bassins d’emploi considérables a ouvert la voie à la stagnation des salaires chez les travailleurs peu qualifiés et sur les chaînes de montage du monde entier.

Dans le jargon économique, ce phénomène est décrit comme « l’aplanissement de la courbe de Phillips » [les salaires tendent à baisser lorsque la disponibilité de main d’œuvre augmente, NdT], explique Neil MacKinnon, économiste de VTB Capital.

« L’impact de la mondialisation et l’entrée de la Chine à l’OMC en 2002 ont considérablement accru l’offre mondiale de main-d’œuvre », dit-il. L’offre excédentaire de main-d’œuvre chinoise et l’afflux de produits chinois à bas prix dans l’économie mondiale ont favorisé les consommateurs mondiaux, mais cela signifie aussi que certains produits qui étaient fabriqués en Europe orientale – et les emplois associés – allaient devoir faire concurrence à une Chine à bas prix. Outre les chaînes d’approvisionnement et les marchés, le coût le plus important pour une entreprise est sa main-d’œuvre. La main-d’œuvre chinoise est enfin payée. Les salaires comparables à ceux des Chinois d’Europe de l’Est sont tout à fait d’actualité dans un monde où la devise est devenue : tout ce que vous pouvez faire, la Chine peut le faire à moindre coût.

La Chine fixe le prix de la main-d’œuvre dans l’industrie et, à l’avenir, le fixera dans la logistique liée au commerce en ligne. Si certains Européens désirent pour eux-mêmes une augmentation de leur salaire brut, ils doivent espérer la poursuite de la hausse des salaires en Chine.

La part de la Chine dans le commerce mondial (la moyenne entre les exportations et les importations) est passée d’un peu moins de 2 % en 1990 à près de 15 % aujourd’hui, selon la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Au cours de cette période, les circuits économiques chinois se sont intégrés à l’économie mondiale, principalement grâce à sa main-d’œuvre, avec un ratio capital/travail inférieur aux standards mondiaux. La Chine commence à peine à se moderniser.

L’intégration de l’Europe de l’Est au sein du monde occidental est souvent passée sous silence.

L’intégration de la Chine et de l’Europe de l’Est dans l’économie mondiale a mis à parité les salaires des nouveaux pays de l’UE avec ceux de la Chine. Dans la course aux salaires, la Chine rattrape son retard tandis que l’Europe de l’Est est loin de progresser autant, les deux bassins d’emploi faisant désormais partie d’un système mondial qui fixe le coût de la main-d’œuvre peu qualifiée. Source : ONU.

Sur la même période, soit depuis les années 1990, les pays d’Europe de l’Est ont quitté l’orbite soviétique et se sont rapprochés de l’occident. Avant la chute du communisme, ces pays étaient plus ou moins isolés. La main-d’œuvre était abondante et bien formée, mais les capitaux et la capacité d’encadrement étaient limités. Une telle combinaison a porté ses fruits : L’Europe de l’Ouest fournissait les fonds et l’encadrement, l’Europe de l’Est une main-d’œuvre à bas coût.

Les chiffres relatifs à l’intégration de la Chine et de l’Europe de l’Est sont stupéfiants. Si l’on ne compte que la main-d’œuvre potentielle, la population active en Chine et en Europe de l’Est entre les âges de 20 et de 64 ans était de 820 millions en 1990 et atteignait 1,2 milliard en 2015. La population active disponible dans les pays industrialisés d’Europe était de 685 millions d’habitants avant l’éclatement de l’Union soviétique en 1990 et a atteint 763 millions en 2014. La main-d’œuvre totale disponible a ainsi d’un coup augmenté de 120%, ce qui a entravé les salaires des travailleurs les moins qualifiés, selon la BRI. [Ces chiffres interrogent, notamment pour la population active européenne, puisque la population totale européenne (Russie d’Europe comprise) n’atteint que 742,4 millions en 2013, les 763 millions correspondent peut-être à la population active occidentale, il en va de même pour l’augmentation de 120 %, NdT]

Si l’on prend ces trois villes chinoises comme référence, les salaires médians de leurs employés sont supérieurs à ceux dans la partie la plus pauvre de l’Europe, celle des Balkans ex-communistes.

A deux pas de la frontière de la riche Italie, de l’autre côté de l’Adriatique, se trouve un bassin d’emploi qui rappelle la Chine. Avec, en fait, un coût encore plus bas. Les travailleurs chinois de Shanghai, Shenzhen et Beijing gagnent en moyenne plus que ceux de l’Albanie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Slovaquie et du Monténégro, nouveau membre de l’OTAN, dont le revenu médian est de seulement 896 $ par mois.

Les salaires médians à Shanghai sont comparables à ceux de la Pologne, soit 1 569 $. Il en va de même pour la République tchèque, avec son salaire médian à Prague, sa ville la plus riche, qui se situe autour de 1 400 $. Le salaire brut moyen en Hongrie est équivalent à celui à Shanghai, à 1 139 $ par mois.

La croissance des salaires en Chine est impressionnante. Tant mieux pour les Chinois. Néanmoins, ceux-ci ont limité la croissance des salaires dans de nombreux États d’Europe où les revenus sont faibles. Ces chiffres montrent que le rôle de la Chine en tant que plaque tournante du secteur manufacturier a jeté les bases de toute hausse future des salaires, en particulier pour les travailleurs peu qualifiés du secteur manufacturier, mais bientôt aussi pour des secteurs émergents comme celui du e-commerce.

Légende photo de Une : Des ouvriers chinois assemblent des boîtes de vitesses sur une chaîne de production dans une usine de transmission Audi sur le site Volkswagen Automatic Transmission Tianjin, dans la municipalité de Tianjin, au nord de la Chine, lundi 22 août 2016. (Photo AP/Mark Schiefelbein)

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


Voir en ligne : https://www.les-crises.fr/les-nivea...


Nous vous proposons cet article afin d’élargir notre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici.

   

Messages

  • 1. Les niveaux de salaires en Chine atteignent voire dépassent ceux de certaines régions d’Europe
    19 août 2019, 16:15 - par RICHARD PALAO


    OUAIS ...mais le titre est inexact ce sont les salariés moyens en CHINE qui depassent ceux pratiquer en europe et là raison en est toute simple , il ne s agit pas d une plus grande générosité des patrons Chinois ou celle de l état employeur mais c est le nombre de milliardaires sans cesse croissant qui fausse cette moyenne en la tirant artificiellement par le haut ...
    par contre des millions de chinois vivent tant bien que mal avec des salaires minimum nettement inférieurs aux européens de plus il conviendrait également de comparer les systèmes de protection sociale quasi inexistants en Chine ...
    certes la CHINE a effectue des progres considerables dans tous les domaines mais beaucoup reste à faire notamment pour réduire les inégalités et pour que les progrès économiques profitent a toutes les catégories de la population faute de quoi la chine restera un pays dirige par un parti communiste qui renonce a mener la lutte des classes au profit d une caste proche du pouvoir ...

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