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La source ?

samedi 4 mai 2019 par Vincent Duloup (ANC)

Aujourd’hui il est beaucoup question d’information. Celle-ci se propage comme dans les réseaux, comme dans les canalisations d’eau. On la fait transiter, on la traite et une fois utilisé on la jette. On peut distinguer deux type de réseaux d’eau. Les réseaux d’eau potable et les réseaux d’eau usée, à moins qu’elle ne soit avant.

La source, l’origine de l’eau est très importante. De là les opérateurs vont devoir réaliser des traitements pour que l’usager final puisse la consommer. Aujourd’hui nous consommons de l’eau comme de l’information.

Essayons de voir de quelles sources on nous abreuve.

Je me souviens du 16 juin 2016, à l’apogée du mouvement contre la loi travail, dite « El Khomri » parce que le gouvernement de l’époque n’avait pas put l’appeler Loi Macron, il avait déjà signé son méfait en 2015. Le 16 juin 2016, le cortège de la manif nationale avait été bloqué opportunément au moins une heure, à l’angle de la rue de Sèvres et boulevard des Invalides. Le camion lance de la police était parqué aux abords de l’Hôpital Necker.

Et là, un homme, seul, avait sorti tranquillement une massette et cassé les vitres de la façade de l’hôpital. Le traitement médiatique et politique de ce fait avait mit tout le monde d’accord contre les manifestants. L’AP-HP avait d’ailleurs lancé un appel aux dons afin de régler la facture. Quand on vous dit qu’il faut payer des impôts, cela rappelle notre dame de l’évasion fiscale incendié sur l’hôtel de cette même justice, mais cela pourrait être un autre article.

À cette même période, M Valls invectivait la CGT a cesser les manifs, il maniait l’amalgame entre les cortèges syndicaux, particulièrement la CGT (allez savoir pourquoi, hein !) et les cortèges violents dont les moyens signe l’objectif de l’insurrection. M. Valls s’avançait sur un chemin bientôt repris par d’autres, j’y reviendrais.

Se rappeler cet événement du 16 juin 2016 est intéressant pour 4 raisons.

D’abord, sans rentrer dans le détail, la politique de M. Macron n’a pas bougé d’un iota par rapport à celle qu’il menait au gouvernement de M. Valls, c’est une politique contre les travailleurs et contre le travail. Pire à la suite de plusieurs mois de mouvement social, il souligne que sa politique ne va pas assez vite, qu’elle n’est pas assez efficace. Parlez en au 10 millions de pauvres dans ce pays.

Ensuite la violence dans les manifestations et ailleurs, de la part des polices et de la part d’une partie des manifestants est fournie, traitée et consommée de la même manière. Le casseur de l’hôpital Necker disparut au milieu des caméras de police, de télévisions et ceux des manifestants. On fournit quand même l’information, coûte que coûte. M. Macron invective les assemblées à ne pas dire « répressions policières », le sinistre de l’intérieur saurait qu’il n’y ait pas de violences policières dans notre pays. L’éditocratie reprend la propagande du pouvoir, cela sans discernement, comme une station d’eau potable aux filtres non vérifiés. Tout le monde est servi en information viciée.

Depuis 2013, donc en passant par 2016, les flics de France ne portent toujours pas dans 95 %[au doigt mouillé] des cas leur Référentiel des Identités et de l’Organisation. « Numéro de matricule » à porter obligatoirement par les forces de l’ordre. Notre police est large partie dans l’illégalité, quand ce ne sont pas des nervis de l’Élysée qui vont directement tapé du gauchiste. [ coucou benalla ]

Enfin la CGT est toujours attaquée. Le chemin ouvert par M. Valls est emprunté par d’autres. Quels problèmes ont-ils avec le syndicat de classe et de masse ? Ce chemin initié par d’autres, Pétain comme on le rappelait dernièrement, est aujourd’hui continué par M. Laqhila et la justice de notre pays.

En effet le secrétaire de l’Union Départementale de la CGT des Bouches-du-Rhône est convoqué mardi dans le cadre de la plainte déposé par M. Laqhila [pour destruction de biens volontaire apparemment]. M. Laqhila a d’ailleurs demandé la dissolution de la CGT 13. Cela fait écho aux centaines de militants criminalisé dans leurs combats ordinaires et quotidiens contre l’injustice du capital. Cela fait écho à Vichy, tient on ne parlait pas de sources d’eau, ou alors serais-ce une source d’inspiration ? Cela fait écho aux plaintes pour violences policières classées sans suites. De plus comment ne pas évoquer l’attaque, elle bien réelle, du cortège CGT à Paris par les forces du capital, pardon, des FDP, [Forces De Police].

Il y a une continuité évidente dans les sources de l’information dont nous abreuvent. Au moins depuis 2016, mouvement qui est dans les mémoires de chacune et chacun luttant aujourd’hui. La source de cette information, de ces idées est évidement bien antérieure. Revenons alors à ce 1er mai 2019 à Paris.

Dès que l’on rentre en formation au Cercle Manouchian, l’une des premières choses que l’on évoque c’est la sémantique. Le sens des mots. Parce celui-ci est extrêmement important, particulièrement dans le discours politique.

Le ministre de l’intérieur au lieu de venir en cours au cercle, s’est rué à l‘Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le 1er mai 2019 autour de 20h. Pour y déclarer d’un ton ferme et accusateur :

« on a attaqué un hôpital.
On a agressé son personnel soignant. »

Voyons ce qui est indiqué par le Larousse à "attaquer".

Attaquer : Exécuter une action offensive contre un groupe, un pays, etc.

Précision

Offensive : Action stratégique d’une force armée, destinée à imposer à l’ennemi sa volonté, à le chasser de ses positions et à le détruire.

Aucune image à ce jour ne montre d’armes, ni donc d’action armée.

Un rapide examen de vidéos et interview dans la matinée d’hier permettait de comprendre et l’on peut affirmer que :

  • Les manifestants étaient bloqués par deux cordons de CRS boulevard de l’hôpital au niveau de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (avait-ils une échappatoire ?)
  • Dans ce périmètre l’atmosphère était tellement chargée en lacrymo que les manifestants (hommes, femmes, personnes âgées, enfants ?) ne pouvait plus respirer.
  • Dans ce contexte ils se sont réfugiés dans l’unique espace possible : l’hôpital.

Il y a une différence entre attaquer et se réfugier.

Se réfugier : Se retirer en un lieu ou auprès de quelqu’un pour échapper à un danger.

En l’occurrence le danger c’était la police / milice de ce sinistre menteur.

A partir des éléments que j’ai eu à disposition à ce jour : vidéos de manifestants, témoignages des personnels de l’hôpital, on peut aisément en conclure du mensonge manifeste de M. Castaner.

M. Castaner, Madame Buzyn, sinistre de la santé, M. Philippe, Premier sinistre, M. Hirsch, directeur de l’AP-HP [a qui l’on doit le RSA sous M. Sarkosy] et la direction de l’hôpital ont repris en boucle un mensonge dans la soirée du 1er mai et la journée du 2 mai. Ce n’est pas une question de sémantique, c’est un fait de manipulation, ou au moins de tentative de manipulation de l’opinion publique. D’ailleurs qui sont les véritables casseurs de l’hôpital public ? Quand on fait partie d’un gouvernement qui ferment les services d’urgences et de maternité à tour de bras, je pense qu’il faut réviser profondément cette accusation.

Les opérateurs d’informations ont repris en boucle le refrain, sans conditionnel, sans vérifier l’information, délivrant la propagande brute du gouvernement qui travaille contre les travailleurs. D’ailleurs ces services d’informations délivrent-t-ils avec même force le discours des personnels de santé déplorant de mille mots et mille actions cette casse de l’hôpital public ? Deux classes, deux sources, deux services de propagande.

C’est dommage que M. Castaner n’ait pas suivi les cours de philo au Cercle Manouchian, il n’a pas non plus ouvert un dictionnaire et devrait ouvrir de temps en temps le Journal Officiel. Il est à deux doigts de « diffusion fausse information pouvant porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation », en rappelant que nous sommes en période électorale. Tout cela rentre dans le cadre de loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information [ dite loi anti fake-news].

Un premier pas évidement c’est de fermer le robinet des mensonges. Mais il faut bien s’attaquer aux canalisations, qui parfois se confondent entre informations mensongères et eaux propres. Et il nous faut finalement changer de source d’informations, de base d’idée.

La propagande du gouvernement est en place, particulièrement contre la CGT.
Les violences policières sont banales bien que toujours aussi choquantes.
Trouve-t-on nouveau la présence d’un camion lance à eau dans les manifs, synonymes de l’opération condor en Amérique latine ?
Les pseudo-journalistes des chaînes sans discernement délivrent brutalement l’information. La réalité sociale de notre pays est analogue à celle que nous combattions en 2016, elle antérieure évidemment. L’amalgame est la règle pour les manifestants, qualifiés à tour de rôles de terroriste, de fainéants, de cyniques,...

Le capitalisme est toujours érigé en système infaillible, mais il assomme le peuple.
Le 1er mai est toujours la fête du travail [Comme sous Pétain NDLR pour les capitalistes quand c’est la fête des travailleuses et des travailleurs du monde entier pour ceux qui luttent.

Tout cela commence à se voir, de manière trop grossière. Leur demi-rétro pédalage sur les « attaques » de l’hôpital et la multiplicité des violences de classes en sont l’aveu.

La compréhension par les gilets jaunes que ces logiques touchent le mouvement social organisé et leur mouvement renforce la convergence de nos luttes.

Ils trouveront les travailleurs unis, mardi devant le commissariat d’Aix en soutien au secrétaire général de l’UD CGT 13, jeudi 9 pour la manif sur la défense des services publics et pour les prochaines manifs gilets jaunes / gilets rouges à l’image de celle du 27 avril à Paris.

Nous devons alors continuer à construire un front populaire. En élaborant celui-ci non pas derrière quiconque mais à partir de chacune et chacun, où tout le monde compte pour un parce que c’est la société que nous souhaitons, dans la reconnaissance des revendications communes.

Notre peuple est un peuple résistant, ces mois de manifestations en sont une nouvelle preuve qui vient s’ajouter aux nombreuses luttes victorieuses antérieures et à venir. Nos revendications politiques sont légitimées par la situation que nous vivons.

Le changement du capitalisme viendra d’un changement politique. Ce changement chacun en à sa part, mais il faut le résoudre collectivement.

   

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