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Déboulonner les signes du passé ?

jeudi 4 mars 2021 par Francis Arzalier (ANC) et Pierre Lenormand (ANC)

"Le pouvoir des oubliés de l’histoire" est un petit livre rassemblant les entretiens (réalisés en 2007) du journaliste Ray Suarez avec Howard ZINN (auteur de "l’histoire populaire de États-unis"). La traduction française de ces "oubliés de l’histoire" vient d’être publiée par les Éditions Agone (Marseille) en 2020, et c’est tant mieux.
pages 18-19, on y trouve l’échange suivant :

R.S. (...) Dans votre histoire populaire, vous revisitez bon nombre de ces personnalités comme Christophe Colomb et les Roosevelt. (...) faut-il débaptiser la ville de Colombus dans l’Ohio ? Déboulonner la statue sur Columbus Circle ? Rayer le Columbus Day des jours fériés ?

H.Z. : De fait, des campagnes ont été menées dans nombre d’États pour supprimer le Columbus Day. Je me souviens de parades dans le Colorado qui appelaient à en changer le nom, et les indiens Dakotas l’ont renommé "Journée des natifs américains". Il est très difficile de déboulonner les statues de Colomb, où qu’elles se trouvent. L’important n’est pas tant ces artefacts. L’important est de dire la vérité. J’aimerais conduire des jeunes gens devant la statue de Colomb, non pour la faire tomber, mais pour leur proposer : "maintenant je vais vous dire la vérité sur Christophe Colomb".

L’entretien se poursuit en évoquant la place excessive "accordée dans l’histoire traditionnelle aux grands héros militaires, aux présidents (etc...) parce qu’au final cela donne une histoire par en haut, une histoire de l’élite politique et sociale..."

Cet échange montre que le problème de la "cancel culture" était déjà vif aux États-Unis en 2007. Elle a commencé à frapper en France depuis quelques temps. Et comme on pouvait s’y attendre, la "culture de la dénonciation" se rapproche de nous : elle a frappé à Aulnay sous Bois, et c’est Maxime Gorki qui en fait le frais, sa rue ayant été rebaptisée... Jacques Chirac (!).

Cette démarche anti-russe et anti-soviétique fait suite à de nombreuses décisions de changer le nom des rues attribuées à des militants communistes par des élus de Droite, quand le souvenir de militants comme Thorez ou Cachin était encore vivace en France.

Ne tombons pas dans la même illusion. On n’efface pas le passé en supprimant un nom de la mémoire collective.

Ce que dit Howard Zinn me rappelle un souvenir personnel. En 1977, les élus municipaux socialistes de notre ville de banlieue, désireux de démontrer leurs volontés progressistes, proposèrent de débaptiser la rue Thiers, provoquant un tollé des riverains.
Pour répondre plus sereinement, les conseillers municipaux communistes envisageaient de laisser à la rue son nom, mais d’y apposer une plaque résumant en quelques phrases la carrière du personnage, sous le titre "Adolphe Thiers, massacreur des ouvriers communards parisiens ".
Quelques semaines après, les riverains proposaient à la municipalité un autre nom de rue.
Et un an plus tard, nos farouches " républicains" socialistes excluaient les communistes de la Majorité municipale....

   

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